14 octobre 2009
Transition.
Atlas Sound - Walkabout
27 mars 2009
Instants privilégiés.
Passage du Col du Festre (massif du Dévoluy, Hautes Alpes), l'enneigement est encore bien présent.
Le vélo est une invitation permanente au voyage grâce à cette faculté qu'il nous offre de parcourir des distances considérables, tout en faisant littéralement sauter nos repères dans le temps et dans l'espace. Mon attirance pour les longues distances repose probablement sur ce constat: quoi de plus excitant que de tracer un itinéraire élégant sur une carte et de le réaliser à la force du mollet. Pour le citadin que je suis, les week-end constituent autant d'occasions pour s'offrir une grande bouffée d'oxygène en s'évadant sur les routes et oublier la réalité du quotidien.
Le Vercors est resplendissant, une belle journée s'annonce.
Dimanche 22 mars, dans la course à la préparation pour la RAS, il est temps de brusquer les choses. La météo est ventée et fraiche, peu importe, je ressens un désir profond de me tester sur du long, voir comment mon organisme va encaisser une contrainte importante. L'objectif de la séance est désigné par le terme barbare d'adaptation métabolique, il faudra traduire: interdiction de se faire péter les varices. Je vais me concentrer sur le ressenti, la gestion de l'instant présent, tout en testant une nouvelle stratégie alimentaire qui doit me permettre de maintenir une intensité modérée et régulière sur toute durée de la journée. La durée est fixée à 10h, il ne me reste plus qu'à tracer un itinéraire qui doit me permettre d'en prendre plein les yeux.

Entre Cordéac et Pellafol, vue sublime vers l'Oisans.
Une fois n'est pas coutume, nous avons programmé un départ matinal alors qu'en temps normal nous flemmardons pour partir paresseusement sur les coups de 10h30/11h.
8h40, chargés comme des mulets, nous mettons le cap plein sud. Notre dimanche en couple s'arrêtera à la sortie de Vif, après c'est chacun sa route, Laure ayant opté pour le circuit culte du Tour du Vercors via Menée, Die, Col du Rousset, les gorges de la Bourne, Villard de Lans. Nous avons chacun notre objectif en tête, la Slovénie d'un côté, la Provence de l'autre.

Le Pic de Bure dans le massif du Dévoluy.
Partir seul pour 10 heures en autonomie nécessite quelques précautions. Au niveau du ravitaillement, j'ai prévu du lourd sur les bons conseils de Stéphane Palazetti. Si je rajoute à cela les dosettes de poudre énergétique, un coupe vent et des gants d'hiver pour les conditions annoncées fraîches, un horrible chasuble jaune fluo, un éclairage succin sur le vélo en cas de retour tardif, un téléphone portable au cas où, un kit réparation pour boyaux, une mini pompe, un boyau de rechange, l'appareil photo, et cerise sur le gâteau: un Ipod pour être accompagné de mes musiques préférées si j'en ressens l'envie. Le moins que l'on puisse dire c'est que je ne fais pas dans le light. Je cultive malheureusement mon apparence coureur en évitant l'usage de la sacoche, la première difficulté du jour consiste à tout faire rentrer dans les poches.
Après un petit déjeuner très copieux, ayant une fâcheuse tendance à me faire péter le ventre lorsque je pars pour un grand tour de peur de manquer de carburant, le départ est légèrement poussif, une sensation renforcée par le chargement conséquent embarqué.
Le collet Sinard ouvre le bal avec ses pourcentages agréables. Une montée paisible qui débute sur la N75, agrémentée par un petit détour par St Martin de la Cluse, histoire de constater que la physionomie de ce secteur a beaucoup changé depuis la mise en route du tronçon d'autoroute A51 reliant Grenoble à Monestier de Clermont. La proximité de l'agglomération grenobloise et le développement des moyens de communication ont favorisé un accroissement démographique étonnant pour une zone au caractère rural autant marqué.
La courte descente sur Monestier de Clermont dominée par le spectaculaire viaduc du même nom (860m de longueur, 70 m de hauteur au maximum) permet une brève récupération avant d'attaquer le col du Faux, une formalité lorsqu'il est abordé par ce versant.
Ce point marque l'entrée de mon itinéraire dans le Trièves. Après avoir délaissé la N75, une descente agréable sur le pont de Brion permet de franchir l'Ebron, avant d'aborder l'ascension vers le col de Cornillon. Même si elle ne présente pas une grosse difficulté, 7km à 6 % de moyenne, il faudra se méfier de cette montée qui peut surprendre. Un regard attentif ne ratera pas les belles trouées vers le Lac du Monteynard sur la gauche alors que les sommets enneigés du Dévoluy et de l'Oisans en arrière plan commence à donner le ton. Le col de Cornillon est suivi par un plateau campagnard caractéristique du Trièves, parsemé de vastes domaines agricoles. La ferme du Thau marque le début d'une descente rapide sur Mens égaillée par quelques formations géologiques du plus bel effet. Mens est un village accueillant coincé dans un cirque montagneux, entre Dévoluy et Vercors. Son climat agréable, sa place centrale qui respire le farniente, sa fontaine, tout incite à la halte. Mens, classée commune touristique, s'est imposée au fil des siècles comme un lieu d'échanges et de séjour depuis la fondation du premier marché sous Néron en 60 après J.C. Les foires de Mens remontent au XIIIème siècle avec la Foire de la Croix de Mai et la Foire aux Agnelles en octobre, celle dite du 15 Août semble plus récente. Les dernières nées sont la Foire aux Potiers (Pentecôte) et la Foire Bio (Septembre), cette dernière se déroulant dans le quartier historique de Mens, associant ainsi patrimoine et écologie.
Il faudra revenir à Mens pour goûter aux spécialités locales avec pour tête d'affiche:
- Les boufettes connues depuis les années 1870 et créées par Hiacinthe Auguste Baup pâtissier confiseur à Mens. La légende raconte que c'est une mendiante qui aurait donné la recette. C'est Louis Bernard pâtissier à Mens qui déposa la marque en 1926.
- Les Ravioles du Trièves, spécialité à base de pommes de terre écrasées, lard et oignons, le tout enrobé de pate et en forme de gros raviolis. Elles se dégustent avec du gruyère râpé et de préférence l'hiver.
Le menu du jour est moins gastronomique, à base de barres énergétiques, portions de gâteau de riz et minis sandwichs, tout en m'hydratant régulièrement. Un régime qui doit me permettre de poursuivre mon itinéraire tout au long de la journée sans soucis.
La sortie de Mens s'effectue par l'Est et le col de St Sébastien (926m), une agréable grimpée de 4,5 km où alternent paysages agricoles et forestiers. Une courte descente précède une succession de vallonnements ponctués par les traversées de Cordéac et Pellafol.
Positionné sur un agréable plateau ensoleillé à 900m d'altitude, coincé entre la silhouette majestueuse de l'Obiou au Sud et les Gorges du Drac au Nord, Cordéac est un village authentique qui a su préserver une activité pastorale et traditionnelle. Une petite usine de tissage datant du 20e siècle, reposant sur l'exploitation de la laine de mouton d'élevage, a été transformée en atelier de création et de fabrication d'accessoires en feutre et en laine.
Pellafol marque une rupture dans mon itinéraire, sous le regard de l'Obiou je quitte le Trièves pour pénétrer dans le massif du Dévoluy par les Gorges de la Souloise. Le Dévoluy est un massif calcaire d'apparence aride et pourtant l'eau y est omniprésente. C’est au col de Rabou que la Souloise prend sa source, alors mince filet d’eau puis canyon creusé dans la roche calcaire du Dévoluy. Elle prend de la vigueur grâce à la résurgence des Gillardes, la deuxième de France, qui arrive par tout un réseau souterrain depuis le Grand Ferrand, avant d'alimenter le Lac du Sautet et son barrage hydroélectrique. Le canal de Pellafol, tentative pour canaliser l'eau du Dévoluy jusqu'aux terres cultivées de Pellafol à la sortie du massif, a été vite abandonné à cause des phénomènes d'érosion.

Le massif de l'Obiou et sa silhouette impressionante.

Direction Pellafol, le Dévoluy droit devant.
Le long de la Souloise, la grimpée s'effectue en plusieurs paliers interrompus par la traversée de St Disdier en Dévoluy, village accueillant blotti dans la fraicheur de la vallée principale du Dévoluy, sous la domination des "géants de pierre" qui l'entourent. L'ascension se poursuit agréablement en direction du col du Festre (1440m) à travers un large vallon où la neige a fait une apparition spectaculaire. La végétation encore endormie en ce premier jour de printemps a disparu au profit d'une couverture blanche lumineuse du plus bel effet. C'est un véritable privilège de pouvoir évoluer dans ce superbe cadre montagnard dans un calme absolu. Les yeux grand ouverts, je déguste le col du Festre les sens en alerte comme on déguste un bon repas.

L'entrée dans le massif du Dévoluy se fait sous le regard...

...de "Géants de Pierre".

Les Gorges de la Souloise taillée dans le calcaire.

La neige fait son apparition après St Disdier en Dévoluy.

L'occasion de découvrir d'autres pratiques sportives.

Instants privilégiés...

Grands espaces et calme infini...
Je quitte le Dévoluy par le Sud en direction de Veynes avec un bon vent favorable qui me rappelle que le retour sur Grenoble sera compliqué. Perdu dans mes pensées, je sens quelque chose qui vibre dans mon dos, zut c'est le portable, il est dans quelle poche? C'est un message de Laure pour me prévenir que la descente du Col de Menée sera délicate pour cause de plaques de neige récalcitrantes. J'ai le temps d'y penser, je gère l'instant présent.
Comme prévu le vent défavorable m'accueille à la sortie de Veynes que je quitte par le petit col des Eygaux, une petite côte anodine de 2 km qui permet de rajouter un col à sa collection.
Au rythme du vent contraire, je traverse sans m'attarder Aspres sur Buech qui semble endormie. Le cap est mis à l'Ouest en direction du Diois par le col du Cabre. Le vent est devenu l'élément préoccupant, imposant une vitesse de progression lente pour négocier les longues lignes droites qui conduisent au pied de l'ascension proprement dite. Comme c'est souvent le cas dans les massifs préalpins du Sud, le paysage se distingue maintenant par son aridité sauvage, tel un décor de Western. Le contraste est saisissant avec le début de l'itinéraire qui était boisé et vert dans le Trièves, enneigé dans le Dévoluy.

Changement de paysage radical, nous ne sommes pas très loin des Alpes
de Haute Provence.
"C'est bon tu es dans les temps!" J'ai toujours un peu de mal avec les petites phrases qui se veulent humoristiques, lancées par les gens confortablement installés aux terrasses des cafés le dimanche après midi. Peu importe les lacets du Col du Cabre sont escaladés à l'abri du vent, réchauffé par un soleil omniprésent depuis ce matin. Pour renforcer l'ambiance Western, je pédale au rythme des mariachis de Calexico.
Les lacets du Col du Cabre sont abrités du vent du Nord.
La descente vers le Diois coïncide également avec l'entrée dans le département de la Drome, elle s'effectue par de larges lacets sans difficulté qui permettent une agréable récupération. Seul un puissant vent contraire interrompu par le franchissement impressionnant du verrou rocheux des Claps, vient perturber ma progression dans la vallée conduisant à Luc en Diois.
Sur les longues distances, tout est une question de patience, alors je patiente jusqu'au changement de direction vers Chatillon en Diois en espérant que le vent soit moins virulent.
Le temps et le kilomètres défilent et voilà le col de Menée qui pointe le bout de son nez. Ce col est une véritable perfection esthétique avec un tracé élégant dessinant de larges lacets à travers la montagne sur une vingtaine de kilomètres. La pente n'est jamais excessive ce qui rend l'ascension tout à fait accessible et permet de jouir du panorama qui se développe au fur et à mesure des kilomètres. Le cycliste qui aborde le col de Menée par son versant Sud se trouve plongé dans une ambiance faite de solitude et de grandeur, tant il est difficile de ne pas être frappé par la puissance des forces géologiques qui ont façonné le paysage. Le col se franchit par un tunnel à 1400 m d'altitude qui met en relation le Diois avec l'Isère. C'est par un froid marqué, 3°, que je franchis le tunnel pour déboucher sur le versant Nord, la vue permet d'embrasser d'un seul regard le Massif du Vercors Sud, les Sommets de l'Oisans, en passant par le Trièves, que je retrouve avec plaisir, sous la domination imposante du Mont Aiguille.

Le Rocher du Combeau domine les lacets du Col de Menée.

Festival de couleurs dans le final du col de Menée.

N'importe où porte le regard...

... l'émerveillement est constant.
Difficile de s'attarder car le vent du Nord rend l'atmosphère glaciale, je bascule dans la descente en ayant bien en tête les recommandations de Laure. Tout est négocié sans encombre avec toujours ce vent du Nord qui prend un malin plaisir à rendre la progression pénible. Compte tenu de la luminosité décroissante, j'opte pour l'option N75 pour rejoindre Monestier de Clermont via le Col du Faux. C'est la route du retour de week-end pour les Grenoblois, ils me doublent, ou me frôlent parfois, avec un regard soit amusé, soit énervé. Je suis un obstacle gênant sur un axe dédié aux véhicules motorisés, attention à ne pas ralentir les individus pressés de rentrer chez eux.

Le froid surprend sur le versant Nord du col de Menée.

Le panorama est superbe dans cette lumière de fin de journée.
Plus aucun espoir sur le plan du vent, il sera défavorable jusqu'à l'arrivée, alors je m'applique pour garder un pédalage efficace et régulier. Par sécurité j'ai allumé les lumières, plus pour être visible que pour y voir. Vif, Varces, je réintègre l'agglomération grenobloise après un périple de 266 km et 4 150 m de dénivelée, des sensations et des émotions plein la tête, extrêmement satisfait du déroulement de cette journée privilégiée. Les 8 kms de l'interminable ligne droite du cours de libération qui relie Claix à Grenoble sont avalés dans l'obscurité. J'aime tout particulièrement cet instant éphémère où j'en termine avec mon parcours, je sais que je peux maintenant me laisser aller dans le confort douillé de notre appartement. Laure est sous la douche, elle a réussi avec succès son Tour du Vercors, premier 200 km de la saison, non sans avoir connu des déboires avec un câble de dérailleur arrière fatigué qui l'a contraint à passer le col du Rousset et traverser le Vercors sur le 12 dents! Madame fait de la musculation sur 100 km, la Provence est prévenue.
24 novembre 2008
Souvenirs d'été...
C'est maintenant une évidence, l'hiver est arrivé! Il faut se résoudre à braver les caprices de la météo si l'on désire conserver une condition physique acceptable. Avec une bonne dose de motivation et des objectifs dans la tête, tout est possible. Alors pour se donner un peu de coeur à l'ouvrage, rien de tel que de se remémorer quelques bons souvenirs d'été. Voici quelques lignes et quelques images en guise de souvenirs d'un beau dimanche 3 août 2008.

Au coeur des Alpes de Haute Provence, en montant au col de Fontbelle.
Pour un cycliste acharné, un week-end bien rempli est en général synonyme de lundi difficile au boulot. Rien de tel que cette sensation semi comateuse, les jambes explosées, quand le simple fait de se déplacer de son bureau vers la cafetière devient une épreuve redoutable. On prie pour ne pas avoir de réunion ce jour là! En pleine saison estivale, lorsqu'il fait bon rouler jusqu'à plus de jus, les lundi matin au boulot sont souvent douloureux!
Restant fidèles à nos choix de vie légèrement décalée, nos sorties couples peuvent prendre parfois l'allure de raid au long cours, s'éloignant sensiblement de la petite sortie dominicale avant le repas de midi. Je garderai longtemps en mémoire cette formidable escapade en pleine chaleur estivale à travers les Hautes Alpes et les Alpes de Haute Provence.
Tout a commencé par un itinéraire sommairement tracé sur la carte la veille d'un beau week-end que nous avions prévu de passer à Ancelle, au dessus de Gap: "Il y a un chouette tour à faire en allant vers Digne en passant par Selonnet, le col du Fanget, la clue de Barles, puis en revenant par le col de Fontbelle, Sisteron et La Motte du Caire. Puis ça pourrait être sympas en partant d'Ancelle…"
Partir d'Ancelle, cela veut dire commencer par une belle descente sur Gap, mais surtout terminer la journée par le col de Manse, une grimpée de 10 kms et 600 m de dénivelée qui peut s'avérer redoutable quand il n'y a plus d'essence dans le moteur. Si je réalise quand même que la boucle fera plus de 200 kms, je n'ai aucune idée de la dénivelée. Laure semble tout de suite complice, et de toute façon la météo annoncée ne peut que pousser à commettre ce genre de délit.
Dimanche 3 Août, La Motte du Caire, en cette belle fin d'après midi surchauffée nous n'avons pas pu résister à l'appel d'une terrasse ombragée. Moi qui d'habitude limite au maximum les temps d'arrêt sur les longues sorties, j'ai craqué. Il faut dire que depuis Sisteron nous sommes littéralement scotchés au bitume, assommés par une chaleur sournoise. La boisson dans les bidons s'apparente à un breuvage tiédasse infâme, les pieds sont en état de cuisson avancée, le cuissard est maculé de traces de transpiration signe de la déshydratation qui guète. A l'affût de la moindre portion ombragée sur la route, nous rêvons d'un bon coca frais. Notre état oscille entre bien cuit et cramoisi, alors sur la route du col de Sarraut, La Motte du Caire et ses terrasses de café se présentent à nous comme on trouve un oasis en plein désert. Arriver dans un bar en fin d’après midi, complètement dépouillé par la fringale, avec une démarche élégante procurée par les chaussures cyclistes qui font clac clac pour supplier un pauvre sandwich: quel cycliste n’a pas connu ce superbe moment de solitude ?

superbe panorama entre Authon et St Geniez
Nous voila attablé Laure et moi sous l’ombre appréciable d’un platane, le coca a été bu cul sec, la patronne nous a trouvé un bout de baguette et une tranche de jambon pour confectionner un sandwich que nous dévorons sous l’œil amusé des locaux et des quelques touristes qui flânent dans les rues de La Motte du Caire. J’aime particulièrement ces instants où je me sens en décalage complet avec la vie normale. Nous pédalons depuis ce matin 9h avec une seule chose en tête : profiter au maximum de cette magnifique journée. Le compteur approche la barre des 200 kms et il doit nous rester encore un peu plus de 50 kms pour remonter à Ancelle avec deux cols. Il est environ 17 heures, j’ai perdu la notion exacte du temps qui s’est écoulé, et il faudra rentrer à Grenoble ce soir une fois la randonnée terminée. Une seule chose est sûre: nous ne serons pas à l’heure à la maison pour regarder stade 2 à la télé! Nous dégustons ces instants, laissant le temps s’écouler agréablement dans la torpeur d’une journée estivale.
« Ça te dit une glace ? » Me demande Laure.
« Oh oui ! » Et la voilà qui revient avec deux superbes magnums chocolat avec nappage chocolat. Et si c’était ça le bonheur, profiter de l’instant présent sans envisager la suite. Nous savons pertinemment que la remise en route dans le col de Sarraut risque d’être compliquée sur le plan digestif, et ne parlons pas de la remontée sur Ancelle !

départ à la fraiche dans le Champsaur
Cette journée a débuté dans la fraîcheur matinale du Champsaur. Le plateau d’Ancelle et ces champs d’or sont toujours un émerveillement pour le cycliste qui ouvre les yeux. Le spectacle est somptueux dans un ciel d’une limpidité incomparable: le massif du vieux Chaillol au nord, le Dévoluy droit devant à l’ouest et le gapençais au sud. Après un réveil musculaire dans le Col de Manse, une méchante petite bosse d’à peine un kilomètre quand on vient d’Ancelle qui possède le don de faire systématiquement mal aux jambes, nous nous laissons glisser dans la descente sur la Bâtie Neuve. Cette route est chargée d’histoire. Si elle voit les concurrents de l’Alpigap s’expliquer chaque année, elle fut également lors de la 9e étape du Tour de France 2003 la rampe de lancement pour Alexandre Vinokourov, avant de basculer victorieusement dans la descente sur Gap. Celle-ci fût marquée par le célèbre épisode de la chute de Beloki suivi de l’exercice de cyclo-cross de Lance Armstrong.

Paysage de bocage montagnard entre Selonnet et Seyne.
Nous roulons sur un train de sénateur le long de la route des fruits et des vins : la vallée de l’Avance, le val de Durance, Valserres, Remollon, Espinasse. Autant de lieux agréables à parcourir où l’esprit vagabonde au grès des variations de pente. Une petite pensée au carrefour indiquant la direction du Mont Colombis, cet épouvantail est un monstre que tout cycliste devrait posséder à son tableau de chasse. La traversée de la Durance s’effectue après Espinasse, nous délaissons la route du col Lebraut puis la D900b menant à Barcelonnette trop fréquentée, pour aborder la longue montée des Gorges de la Blanche sur Selonnet. Cet itinéraire déroule une longue pente à faible pourcentage à travers un étroit défilé étonnant qui évoque tout sauf la couleur blanche. C’est à travers ces gorges que la Blanche, appelée aussi à cet endroit "Le Rabouis" qui veut dire l'enragé, va rejoindre la Durance.

Les gorges de la Blanche sont tout sauf blanche!
A Seyne les Alpes, nous quittons la route principale de Digne pour emprunter le col du Fanget (1459 m), confidentiel et sportif. Seulement 4 kms et 300 m de dénivelée, mais quelques surprises à 10% procurent un peu de piment à l’ascension. La suite de l’itinéraire est un véritable régal. La longue descente de la vallée du Bês nous offre une véritable leçon de géologie à travers la Clue de Verdaches et la Clue de Barles. Le travail de l’eau au cours des millénaires a ouvert les entrailles de la terre, proposant ainsi un itinéraire à couper le souffle aux voyageurs qui traversent les lieux sans se douter des forces géologiques phénoménales mises en œuvre pour aboutir à un tel paysage.
le passage spectaculaire de la clue de Barles
Seuls les bises montantes et la température en pleine inflation viennent perturber notre progression jusqu’à Digne. J’ai également la certitude d'avoir les jambes explosées aujourd’hui, le cardio plafonne à des intensités ridicules alors que les quadriceps me renvoient des sensations douloureuses, comme si je voulais gravir le Galibier sur la plaque. Au titre des explications possibles :
- Un brin de fatigue suite à l’enchaînement RPE/Glocknerman/RATA/REV ? Non, impossible !
- Carbonisé par les coups de soleils après les quatre heures de bronzing au lac la veille. Oui, ça me va mieux comme explication !
Laure ne se plaint pas, continuons à rouler comme si tout allait bien.
A la sortie de Digne, nous abordons la modeste ascension du Pas de Bonnet (886 m). La température est devenue carrément suffocante. Dans la traversée de Champtercier, nous prenons d’assaut la fontaine du village qui offre un abri ombragé. Tout y passe, la tête, les pieds, les chaussettes, de toute façon d’ici 5mn nous serons à nouveau lyophilisés sous le soleil.

Thoard, un village qui semble sorti de nulle part
Village hors du temps, Thoard annonce le début de l’ascension du col de Fontbelle (1304 m). Véritable déclaration d’amour au vélo, ce col est un condensé de bonheur pour cycliste. Une petite route déserte dans un paysage grandiose où la géologie a encore fait des prouesses pour offrir spectacle visuel de toute première classe. Emprunter cet itinéraire, c’est comme ouvrir un livre et se laisser envoûter par l’histoire qu’il nous conte. Le col de Fontbelle a été parfaitement mis en valeur lors de la « Super Rando Giono » réalisée par Sophie Matter cet automne. Il devrait sortir de l’anonymat en 2009 en accueillant la toute nouvelle cyclosportive « la Sisterone ». Les collectionneurs de cols auront la surprise de franchir le col d’Hysope avant d’atteindre le sommet de Fontbelle proprement dit, lieu bucolique dévoué à la tranquillité.
Si le versant sud apparaît chaleureux et boisé, la longue descente du versant nord est austère, taillée dans le roc, propulsant celui qui s’y aventure dans un monde minéral forgé par le temps. Authon, St Géniez, ces villages semblent surgir d’une autre époque. Encore uns fois Sophie Matter a su trouver les mots juste pour nous imprégner de la magie de ces lieux : « Cette route, baptisée «Route du Temps», traverse une réserve géologique où l'on peut observer diverses curiosités, signalées par des panneaux pédagogiques. Ce sont tantôt des schistes qui rident les falaises, tantôt d’énormes rochers échoués sur l’herbe comme des baleines, tantôt des monts ravagés par l’érosion, on dirait des amoncellements de lave pétrifiée, des corons géants qui se fissurent, où s’accrochent par miracle quelques pins tortueux. »

Versant sud du col de Fontbelle

les crêtes de Géruen, vues du sommet col de Fontbelle

Un festival de formes géologiques dans la descente de Fontbelle sur Sisteron.
Patiemment nous avons négocié l’obstacle, ne négligeant aucune fontaine pour nous asperger copieusement. En arrivant sur Sisteron la Route du Temps pourrait être rebaptisée la route du feu. La désagréable impression de mettre la tête dans un four nous assaille en perdant de l’altitude. Un coup d’œil sur la citadelle de Sisteron et nous repartons vers le Nord par la D951, Nibles, la Motte du Caire… L’asphalte colle aux boyaux, la bouche est pâteuse, le ravitaillement dans les poches s’est transformé en infâme gloubiboulga ramolli par la chaleur, la transpiration et les aspersions successives. Voilà comment on se retrouve attablé à un bar PMU un dimanche après midi à La Motte du Caire, village tristement connu pour la sordide affaire du meurtre de la petite Céline Jourdan en 1988 !

un accent provençal très marqué dans les vallées
En temps normal, le col de Sarraut (980m) est une simple formalité. Aujourd’hui, après notre pause bistrot, j’ai l’impression de tirer un tracteur. Il faut que j’use de psychologie pour ne pas faire comprendre à Laure que je suis planté, cela pourrait la faire douter pour la remontée sur Ancelle, et de toute façon nous n’avons pas le choix il faudra être au boulot demain matin ! La descente sur Gigors et Bréziers nous apporte un brin de fraîcheur appréciable, d’autant plus que le soleil commence à décliner à l’horizon. Le retour sur Gap s’effectue par les axes principaux du Val de Durance puis des gorges de la Luye. L’art de rentrer chez soit quand on est cuit repose sur la science du train, nous avons choisi l’itinéraire le plus plat possible et heureusement Laure est là pour me rappeler à l’ordre lorsque je m’emballe trop. Nous voilà enfin à Gap, il ne reste plus que 16 kms, une bricole sauf qu’il faut remonter le col de Manse par Romette. Vu notre état de fraîcheur les 10 kms d’ascension et les 600 m de dénivelées ressemblent un peu à la portion de gâteau de trop après un repas déjà copieux. Lors de nos sorties couples, en montée c’est chacun pour soi ! Aujourd’hui ça sera chacun sa galère. Dès les premières pentes je réalise que je vais devoir me contenter de vitesses très modestes, je me console avec les paysages du gapençais dans cette lumière superbe de fin de journée. Plongé dans mes pensées qui vagabondent, je me rends compte que je suis en train de rattraper un couple de cyclistes qui s’applique à mouliner dans la pente. En me rapprochant je réalise que celui que je suppose être le mari tracte une carriole bien chargée. L’instinct cycliste a dû le pousser à se retourner, il m’aperçoit et dit à sa compagne : « Attention on va se faire enrhumer ! » Une fois à leur niveau, un peu gêné car je suis loin de monter comme un avion, je leur adresse quelques encouragements. Puis par manque de lucidité, ou trop cuit pour entamer une discussion, je poursuis mon ascension. Ce qui devait arriver arriva, l’homme tractant la carriole accélère pour prendre ma roue durant quelques hectomètres. Surpris, je ne sais pas trop comment réagir, alors je m’efforce de donner l’impression que je suis facile alors que je suis à bloc (que c’est bête un cycliste !). Ce qui est sûr c’est que j’ai pris un sacré coup au moral et une belle leçon d’humilité dans cette affaire.

Au sommet du col de Manse, la vue est superbe sur le bassin gapençais
Le sommet du col de Manse m’accueille dans une explosion de couleurs, les charmes du Champsaur sont sublimés par la luminosité de cette belle fin de journée estivale. Demi-tour pour aller chercher Laure, nous terminons cette journée ensemble. Les 6 derniers kilomètres sur le plateau menant à Ancelle s’effectuent dans la fraîcheur, portés par un sentiment de bien être et de bonheur procuré par cette journée bien remplie. Certes les jambes sont douloureuses, mais la tête est dans les étoiles. Nous avons partagé ensemble près de 250 kms et 4 000 m de dénivelée, c’est grave docteur ?

le Champsaur sous le regard du massif du Vieux Chaillol
Il est presque 20 heures lorsque nous réintégrons l’appartement. Le plus dur reste à faire : ranger les affaires et rentrer à Grenoble. Nous aurons encore une fois une bonne excuse pour être crevés lundi matin au boulot !
11 octobre 2008
En pleine crise, une valeur sure: le Parc naturel du Verdon.

L'entrée Ouest des Gorges du Verdon, que le spectacle commence!
A l'extrémité Est des Alpes de Haute Provence, l'ancienne cité de Castellane s'est développée au fil des siècles en amont des Gorges du Verdon, dans une vallée paisible à 724 m d'altitude. Dominée par la masse imposante des 184m de Notre Dame du Roc, Castellane est un lieu privilégié pour les amateurs de nature authentique et de tranquillité sportive. Avec un peu plus de 1500 habitants, cette bourgade a la particularité d'être la plus petite sous préfecture de France. La nature a richement doté ce bassin de la vallée du Verdon: des limons fertiles où cultiver le blé, de l'eau en abondance (celle de la rivière et des sources salées), un climat tempéré dont les nuances alpines sont réchauffées par un soleil généreux. Tout a incité l'homme à s'y installer.

La masse imposante de Notre Dame du Roc domine et protège Castellane.
Au fil du temps, Castellane a plusieurs fois changé de site et de nom. Sans certitudes, un premier emplacement nommé Ducelia serait localisé sur les hauteurs de la plaine actuelle. A la sortie du village en direction des gorges, la source de la Salaou indique le site du Castellane Gallo-romain, quand la ville s'appelait Salinae (les salines) parce qu'installée près de sources alées. A l'époque des Sarrasins (9e et 10e siècle), la population se réfugie au Roc, autour d'un château et derrière une enceinte. La ville est alors connue sous le nom de Petra Castellana. Ce site est maintenant occupé par la chapelle de ND du Roc. Au 11e siècle, une fois la paix revenue, la population redescend dans la vallée, créant un nouveau quartier marchand à l'emplacement de la ville actuelle. Ce quartier sera fortifié au 14e siècle avec le retour des troubles liés à la guerre de Cent Ans. La ville actuelle est sortie de ses murs d'origine en s'agrandissant, empiétant sur le "grave" - ancienne berge du Verdon.

En montant au Roc, Castellane se dévoile.

le pont du Roc enjambe le Verdon à la sortie Est du village.
Pour un cycliste en quête d'horizons renouvelés, le Parc naturel régional du Verdon constitue un terrain de jeux tout à fait remarquable. Après les Dolomites l'an dernier, nous avons planté notre camp de base une semaine début septembre à Castellane. Quelques jours de congés tant attendus pour profiter du calme de l'arrière saison, à l'écart des lieux sur-fréquentés.
Livre ouvert sur la faune, la flore et l'histoire de l'homme, le Parc naturel régional du Verdon est né en 1997. Fruit d'un travail collectif réunissant 47 communes, 2 départements (Var et Alpes de Hautes Provence) et la région PACA. La charte du Parc s'articule autour de trois thèmes majeurs:
- L'eau.
Conscient de l'enjeu de l'eau, la Parc naturel régional du Verdon en a fait une de ses priorités. Cinq lacs artificiels (Castillon, Chaudane, Sainte-CroixSainte-Croix, Quinson, Esparron du Verdon) ont été créés entre 1947 et 1974 pour des besoins énergétiques et d'approvisionnement en eau de toute la région PACA.

le Lac de Castillon

Le village de Blaron: un point de vue différent sur le lac de Castillon.
Autre point de vue sur le lac de Castillon, St Julien du Verdon, au fond la clue
de Vergons, et le col de Toutes Aures.

Castillon, une vallée engloutie.
- Les activités agricoles et touristiques.
Près d'un quart de la superficie du Parc est cultivé. Cette activité se caractérise par sa diversité: oliviers, cultures maraîchères, vignes, lavande fine, chênes truffiers, amandiers. Le Parc soutien ses agriculteurs dans un souci d'aménagement de l'espace, de préservation de l'environnement et de valorisation de territoires.

Un espace montagnard aménagé ou à ménager! panorama au col des Lecques.
Avec le développement des congés payés, la recherche d'évasion, de soleil, et une pratique sportive de l'espace, le site du Verdon bénéfice d'une renommée impressionnante. Les Gorges du Verdon attirent chaque années plus de 700 000 visiteurs, l'été ce territoire à dominante sauvage se transforme en zone balnéaire. Les enjeux principaux consistent à résorber les importants déséquilibres entre les sites sur-fréquentés et les espaces sous fréquentés, et entre la saison estivale et le reste de l'année.

Grand classique du tourisme à sensation: le pont de l'Artuby.
- Le paysage et le patrimoine naturel.
Dans ce territoire, la diversité des patrimoines répond à la grandeur des paysages. Ce sont huit différentes zones qui sont à découvrir sur le territoire de Verdon:
Le Plateau de Valensole, Les Lacs, l'Artuby, les Gorges du Verdon, les massifs préalpins, le Haut Pays Varois, les Gorges du bas Verdon.
Alors pour découvrir cette diversité foisonnante, quoi de mieux que d'enfourcher son vélo et de partir au grès de ses envies sur des itinéraires où l'imagination remplacera le GPS. Inutile de préciser que 6 jours sont largement insuffisant pour faire le tour du Parc naturel régional du Verdon. Voici quelques traces numériques de ces instants privilégiés, un inventaire en vrac de lieux qui méritent bien quelques gouttes de transpiration pour être savourés.
Le tour du Grand Canyon du Verdon par Ste Thyrse, Comps sur Artuby, Les Balcons de la Mescla, la Corniche Sublime, Aiguines, le Lac de Ste Croix, le Col d'Ayen, la Palud sur Verdon, le Point Sublime.
Un cycliste qui trace un itinéraire cherche souvent à faire le tour de quelque chose, un massif, un lac, une région, un pays... Il paraît donc tout à fait logique qu'un cycliste basé à Castellane cherche à faire le tour des Gorges du Verdon. En fonction des variantes retenues, il faudra compter environ 120 km et 2000 m de dénivelée pour effectuer la boucle. Ces chiffres peuvent être largement revus à la hausse si on s'autorise quelques détours.
Depuis maintenant cinq ans, cette boucle constitue un des temps forts du Raid Provence Extrême. Tous les concurrents à l'arrivée du RPE ont toujours une petite lueur d'émerveillement dans les yeux lorsqu'ils évoquent leur traversée des Gorges du Verdon. Difficile de trouver les adjectifs adéquats pour décrire ce que la nature nous offre en ces lieux.

Pour quitter Castellane par le sud: la route de Ste Thyrse.

Toujours sur la route de Ste Thyrse, quelques kms au coeur du calcaire.

A la sortie de Comps sur Artuby en direction des Gorges du Verdon,
magnifique panorama sur les Alpes de Haute Provence.

Depuis les balcons de la Mescla la vue est imprenable sur les crêtes de la Maline
sur l'autre rive du Verdon. En contre bas du sommet on aperçoit la route
empruntées lors du RPE.

En progressant sur la Corniche Sublime on découvre le Mescla sous un autre angle.

Ces deux routes semblent si proches, pourtant environ 60km séparent ces deux points.

Cette route est empruntée de nuit au RPE, heureusement!

Aiguines, PC stratégique au RPE, et vue imprenable sur le Lac de Ste Croix.

On en a pas encore terminé avec la Corniche Sublime, que la route de la
rive droite se dévoile déjà.

Début de la rive droite, le relief est un peu moins tourmenté.

Encore 34km, ZUT je viens de manger ma dernière crêpe Waouh!!

Le Point Sublime!

En faisant un détour par le village de Rougon, on découvre
le Point Sublime sous un autre angle.
Pour terminer voici une petite sélection de lieux remarquables, à ne pas rater si vous souhaitez sillonner le Parc naturel du Verdon en vélo.

le col St Barnabe (1365m), pour quitter Castellane par le nord-ouest.
Un beau col de moyenne montagne désertique comme je les aime.

Vauplane, une petite station familiale qui prolonge le col St Barnabe à 1600m.
Une belle grimpée de 900m de dénivelée depuis Castellane.

Le clue de St Auban à l'Est de Castellane. Un itinéraire qui ouvre sur
tout un secteur des Alpes Maritimes qu'il me reste à explorer.

Le lac de Chaudane, vu depuis la Croix de la Mission à proximité de Demandolx.

Le lac de Chaudane, vu... d'un peu plus près!

Le barrage de Castillon.

Trigance, un village authentique, et une authentique côte, superbement revêtue maintenant.

Trigance et son château, qui ne se visite que pour les clients du restaurant.

Le col des Lecques, pour quitter Castellane par le Nord Ouest.
Un col où les cailloux disent bonjour à Bruno Mestre :-)

Un peu plus au Nord, le col de la Colle St Michel (1431m), une porte ouverte vers
les grands cols à plus de 2000m.

Étonnantes formations géologiques vers le col du Défend (1267m).

Le mandarom, un zest de messie cosmo planétaire pour terminer.
Pour une immersion totale dans l'univers intemporel d'une Provence sauvage et méconnue, plongez-vous dans le récit formidable de Sophie Matter: La Super Randonnée Jean Giono.
http://randospirit.blogspot.com/
01 avril 2008
Un samedi ordinaire.

Samedi 29 mars 2008, Barrage de la Saulce (Hautes Alpes), 18h30, les couleurs d'une
fin de journée bien remplie.
7h50, je pause le cul sur la selle pour une journée ordinaire, une journée d'entraînement pour un gars ordinaire qui se déguise en rédacteur territorial la semaine et en cycliste le week-end, un gars ordinaire qui aime fuir la réalité le temps d'une journée, pédaler longtemps, bouleverser les repères espaces/temps bien établis. Pédaler sur une longue distance possède cette vertu magique de projeter son sujet dans une dimension difficilement compréhensible où seuls comptent les messages envoyés par le corps, le sens du vent, la température, la pente… Principal contact avec le temps qui passe: les besoins caloriques et hydriques à anticiper pour continuer à avancer. La position du soleil dans le ciel, la luminosité et les ombres donnent une vague idée de l'avancement de la journée, ces quelques repères se substituent au découpage traditionnel en heure, minute, seconde. Le voyage vers une autre dimension débute par une immersion dans un petit monde intime et personnel. Ces escapades jusqu'au bout du jour resteront toujours des instants privilégiés.

Des instants privilégiés: Pommerol, seul au fin fond de la Drôme.
Il n'y a rien de plus rébarbatif que la digue de l'Isère. Ce petit ruban d'asphalte de 25km rectilignes faisant office de piste cyclable, avec de temps en temps une racine ou un trou pour secouer la mécanique, synonyme de sortie plates et monotones en hiver ou alors d'intervalles le soir en sortant du boulot. Aujourd'hui la digue sert d'échauffement, histoire de digérer le stock de céréales ingurgitées. J'ai mis le cap au nord alors que je dois me rendre au sud dans les Hautes Alpes, cherchez l'erreur. En général quand je pars pour long, je ne me préoccupe de personne, jusqu'à Tullins je récupère à un passager clandestin dans la roue.
- "Tu n'as pas froid comme ça?" me demande t'il.
J'ai choisi l'option cuissard court, mais je n'ose pas lui dire que cet après midi je serais encore sur le vélo. Le gars est couvert comme une momie, cagoule et toute la panoplie pour la traversée de l'Alaska. Nos routes se séparent sans autres mots échangés, direction maintenant au sud: Poliénas, L'Albenc, Vinay, St Marcelin, Pont en Royans. La basse vallée de l'Isère et ses noyers qui étaient sous la neige il y quelques jours, reprend des couleurs printanières. Le fond de l'air est frais, idéal pour un bon fonctionnement de l'organisme et une bonne digestion, un petit flux de nord rend la progression aisée. Pour une fois le vent est mon allié. St Jean en Royans vite traversé, je regarde furtivement ces terrasses de café qui donnent envie de lézarder au soleil. Odeurs fugaces de pains frais et viennoiseries, la plâtrée matinale de céréales est désormais digérée, cette sensation olfactive me rappelle la nécessité de s'alimenter. Je tape dans le diététique, un mars fera l'affaire, et une sous-marque en ces temps de crise du pouvoir d'achat. A partir de maintenant, la régularité dans mon apport calorique conditionnera la bonne marche de cette journée d'endurance.

Le plateau menant au col de Bacchus.
J'en ai fini avec la plaine, le col de Bacchus par Léoncel marque le début des déclivités qui vont s'enchaîner jusqu'à l'arrivée. Environ 20km de grimpée à faible pourcentage, ce col est un axe facile pour traverser le Vercors méridional. Le petit vent favorable me conforte dans un style bourrin qui revient au naturel: gros braquet en danseuse. Je lutte contre ce vilain défaut : "Pose tes fesses et mouline un peu plus!" La montée se déroule en grande partie dans une petite gorge débouchant sur le large plateau de Léoncel où les plaques de neige encore nombreuses donnent à cet ensemble un aspect rude. Paysage typique du Vercors, vaste et imposant le respect, l'ai frais est vivifiant. La descente rapide sur Plan de Baix et Beaufort sur Gervanne marque un changement radical dans le paysage, la neige disparaît des bas côtés et la végétation se fait plus rare Le calcaire et ses formes géologiques caractéristiques prend le dessus sur la végétation forestière. J'aime particulièrement ces massifs préalpins de la Drôme, désertiques et gavés de soleil.

Au sommet du col de la Croix: entre Vercors et Diois.
Changement de cap en direction de l'est par le vallon sauvage menant à L'Escoulin, et le discret Col de la Croix (745m), une formalité où seuls les 3 derniers kms proposent des pourcentages retenant l'attention. Le flux de nord est maintenant perturbé par les brises thermiques de vallée, un coup de face, un coup dans le dos, signe que le soleil commence à chauffer les versants bien exposés. Ma progression est satisfaisante et la fatigue n'est pas encore perceptible. L'un des problèmes dans cette région est de bien anticiper les besoins en liquide. Etant donné que l'on trouve plus de producteurs de Clairette de Die que de fontaines, dès que l'occasion se présente il ne faut pas hésiter à refaire le plein … d'eau, je précise. Laure a pris le soin de me préparer des petites dosettes de boisson énergétique hier soir, ce qui m'évitera de terminer à l'eau pure, souvent synonyme de grosse déchirée.
Ste Croix, Pontaix, Vercheny, pas une âme qui vive dans ces villages, cette réalité me remet en mémoire mes cours de géographie où l’on parlait de " France du vide " et désertification. Et pourtant ce " vide " je l’apprécie, ces vallées à l’écart de l’agitation quotidienne, coincées entre Vercors, Diois et Baronnies possèdent un charme indescriptible qui se déguste en silence.

St Benoît en Diois, le pays de la Roanne.

Les plissements calcaires du pays de la Roanne.

Un pays façonné par le cours de la Roanne.
Je laisse derrière moi la D93, comparable à une autoroute reliant Crest à Die, pour aborder la vallée de la Roanne par St Benoît en Diois et St Nazaire le Désert. Je souhaite à tout cycliste d’emprunter un jour cette D135 qui vous fait pénétrer dans un secteur géographique possédant une forte identité. Ce petit pays appelé anciennement " le Désert ", est bien délimité entre la rivière Drôme au nord et l’Eygues au sud, à l'est c'est une ligne de crête continue, dont les sommets sont peu marqués, qui s'étire sur 28 km du Solaure à Chalancon. La Servelle y possède le point culminant de la région (1613m). A l’ouest, la longue barrière de Couspeau culmine à 1544m au Grand-Delmas et se maintient ensuite entre 1200 et 1400m. Le bassin de la Roanne possède la forme d’un vaste entonnoir d’environ 240 km². Tous ses accès se font par des cols, à l’exception de l’entrée nord au pont d’Espene. La vallée de la Roanne est un pays rude, qui ménage très peu d'espaces plats pour l'agriculture, où les communications sont malaisées en hiver. Ce pays a particulièrement souffert de la désertification mais aujourd’hui un phénomène vient bouleverser le paysage : l’engouement des citadins pour l’espace rural. Ceux qui aiment la nature brute, chaotique, sans fard, sont comblés. C'est un pays où la terre montre ses os, des bad-lands de Gumiane aux roches extraordinairement plissées de Savel, de Pradelle, de Volvent, des défilés de la Brette et de la Courance aux gours de la Roanne…"le pays le plus froissé et le moins connu du département" écrivait Félix Grégoire en 1900.

La route s'élève au dessus de St Nazaire le Désert et domine la vallée.

Ligne de crête, des traces de l'épisode hivernal récent.

Aucune trace de vie à l'horizon.
D’un point de vue cycliste, la vallée de la Roanne est un long faux plat de 25km jusqu’à St Nazaire le Désert ponctué de quelques ressauts, puis la pente se redresse durant une dizaine de kms franchissant une succession de paliers jusqu’à Volvent, village perché hors du temps, avant une dernière portion de 4 km en pente douce débouchant sur le col des Roustans (1030m). Seul au monde dans ce décor sublime, une rencontre furtive et inattendue, je croise au détour d'un virage deux cyclistes descendant en sens inverse, salut amical, je connais cette silhouette: Mister "Crazy Gone"…Hello Dom!

Volvent, dernier vllage avant le col des Roustans.

Des endroits comme celui-ci existent encore!

Aucune difficulté pour franchir le col des Roustans.
La descente, d’abord paisible, puis spectaculaire, taillée dans la roche à la hauteur de Chalencon, débouche sur la vallée de l’Oule. Courte transition de 7 km entre la Motte Chalancon et La Charce, avant de négocier le prochain talus : le col de Pommerol (1072m). 7km et 460m de dénivelée, si ce col n’est pas terrifiant, avec 200km dans les jambes il commence à être douloureux. La route est pour le moins pittoresque, traversant les gorges de Pommerol semblables à un canyon en miniature, quelques lacets au revêtement aléatoire se redressent au milieu d’une végétation parfois montagnarde, parfois méditerranéenne en fonction de l’exposition. La vigilance est de rigueur pour basculer sur Rosans, rapide, sinueuse et gravillonneuse, cette route pourrait piéger un descendeur trop sûr de lui.

Chalancon, accroché à la montagne.

Les gorges de Pommerol, un canion en miniature.
La route est rustique.
Inlassablement, je poursuis ma route, l’esprit vagabondant au grès des montées et descentes. C’est fou ce que l’on peut méditer lors de ces grandes virées, pédaler pour refaire le monde dans sa tête, en silence. Je continue mon exploration de vallées inconnues, la D949 reliant Rosans à Trescléoux via le Col de la Flachière (870m) est un pur bonheur. Moins spectaculaire que la Roanne elle possède néanmoins un charme à part. Une circulation automobile proche du néant, un calme absolu, les couleurs chaudes d’une fin d’après-midi, le tableau est idyllique.
Le contact avec la civilisation s’effectue à proximité de Lagrand et la traversée de Laragne. Le hasard fait bien les choses, je reconnais devant moi deux silhouettes familières : Anne et Mark. On aurait voulu se croiser, on n’ y serait pas arrivé. Discutions furtives autour de projets immobiliers, j’ai du mal à reconnecter les neurones pour dire quelque chose d’intelligent. La probabilité que deux itinéraires se croisent est faible, la situation est amusante et me sort de cet état à mi-chemin entre le réel et l’imaginaire dans lequel je plonge lorsque je roule seul. Bye Anne et Mark, il me reste encore un peu de route avant la nuit.

Les vergers de la Durance entre Laragne et Monêtier-Allemont.
Mon itinéraire remonte maintenant vers le nord par la route de Gap, la D942, redoutable par vent du Nord, ne me fera pas souffrir aujourd’hui, les jambes réagissent bien et le vent s’est calmé. La luminosité commence à prendre des teintes rougeoyantes, signe que la journée touche à sa fin. Monêtier-Allemont, rive gauche de la Durance, barrage de la Saulce avec en toile de fond les sommets du Champsaur étincelants, instants féeriques où la sensation de l’effort est gommée par les endorphines. Je regarde l’heure, il est 18h30, je passe un petit coup de fil à Laure pour la prévenir que tout va bien, il me reste environ 40mn pour arriver à Pelleautier, terme du voyage. Pelleautier est un petit village perché au dessus de Gap avec vue imprenable sur le bassin de la Durance, il reste une méchante de bosse de 400m de dénivelée pour y parvenir. J’ai grillé mes dernières cartouches de ravitaillement et jette ce qui me reste de force pour monter à Sigoyer. La route de St Laurent est rude, elle aura le dernier mot, je termine KO technique les 2 derniers kms de l’ascension, panne de son, panne d’image. Laure est venue m’éclairer pour les derniers kms sur cette superbe route en balcon conduisant à Pelleautier. Quelques kilomètres en pente douce accompagné des dernières lueurs du jour, timing impeccable, génial…

Le Champsaur brille de mille feux en cette fin de journée.
Je retrouve le gîte, parfaît, les beaux parents qui terminent leurs vacances, une douche, décompression trop courte, revenir à la réalité, pas évident après 300 km en apesanteur.
- " Tu ne t’es pas ennuyé pendant toute cette journée ? "
- " You take the apero ? "
...
Comment expliquer ?
16 mars 2008
Allongement des distances...

La Combe Laval, route du vertige, porte d'entrée du plateau Sud du Vercors.
La problématique est la suivante: il me reste un peu moins de 3 mois pour être performant sur le Glocknerman. Les 1 000 km et 15 000 m de dénivelée au programme me traversent souvent l'esprit, les purs et durs de l'ultra doivent rigoler, mais pour ma part je me lance dans une sphère inconnue. Je n'ai pas encore dépassé les 24h sur un vélo, le Glocknerman est avalé en 37h par les plus rapides (Strasser, Wyss, Zeller, que du lourd!), et moins de 40h pour les "normaux", comme les frangins Turnovsky avec qui j'avais fait un bout de route sur la rata 2005. Il va falloir envisager une moyenne comprise entre 27 et 25 km/h, arrêts compris, les données sont claires. Je me suis déjà envoyé quelques belles charges d'entraînement depuis le début de l'année, je compte également sur le RPE pour constituer une belle rampe de lancement. En attendant j'espère pouvoir caser encore quelques belles sorties, et ce samedi 15 mars annoncé avec des températures printanières représente une occasion rêvée d'aligner des heures de selles. Après un examen attentif de la carte, l'itinéraire retenu sera le suivant: départ par la basse vallée de l'Isère via St Marcellin jusqu'à St Jean en Royan, Traversée du Sud Vercors par la combe Laval, le col de la Machine, Vassieux, le col du Rousset, petit tour dans le Diois, et retour par les col de Menée et le Trièves. L'objectif est d'approcher les 10 heures de selle, sans finir trop cuit, si c'est possible.
Contrairement à mes habitudes le départ est matinal, 8h15 sur le vélo, c'est plutôt rare, mais vue la longueur du parcours c'est plus prudent. J'ai également prévu éclairage avant et arrière pour pouvoir pallier à l'imprévu, les poches sont pleines à craquer de ravitaillement et j'ai de quoi dévaliser une éventuelle boulangerie en route. Je dois pouvoir survivre!

Départ matinal, 8h15, faut pas éxagérer non plus!

Vue panoramique sur le Royans, en montant au col de la Machine.

Spectaculaire Combe Laval.

Combien d'année de travail pour tailler cette route?

Une rencontre surprenante sur les hauteurs du Vercors, la température est
d'environ 15°!

Perdu au milieu du plateau à 1000m d'altitude, Vassieux en Vercors, haut lieu
de la Résistance.

Le col du Rousset versant Diois, une pure merveille de la DDE!
252 km, 3200m de dénivelée, et 9h plus tard, la boucle est bouclée, des images et des sensations plein la tête. Le vent a encore été l'invité de la journée, vent du sud qui m'a fait souffrir sur les plateaux du Vercors et dans le Diois, mais qui m'a propulsé dans le Trièves comme un missile. Des températures printanières qui donnent l'impression aux cyclistes de revivre, qui ne dureront malheureusement pas car on nous annonce Pâques aux Tisons. Le plan de marche a été respecté, la vitesse de progression est encourageante. Mais dans 3 mois il faudra multiplier la distance par 4! Bientôt les premières cyclosportives, qui devraient, je l'espère, remédier à mon côté gros diesel. Petite sortie de décontraction prévue dimanche, grosse sieste et farniente, c'est pas mal aussi comme programme!

L'interminable versant sud du col de Menéé.

La récompense: cette vue sur le Mont Aiguille dont je ne me lasserai jamais.

05 mars 2008
Le vent dans la gueule!

Départ au bord de la plage (La Londe les Maures - Var)
Parmi mes petits plaisirs de cycliste, relier deux points sur une carte restera toujours un instant privilégié. Partir d'un endroit pour arriver dans un autre est toujours plus excitant que de faire une boucle, allez savoir pourquoi. Après une semaine intensive de vélo sur les côtes du Var et dans le massif des Maures, je voulais terminer par une belle sortie. Relier La Londe les Maures à Grenoble dans la journée était encore un peu ambitieux à cette époque de l'année, un examen attentif révélait un point de chute idéal: Laragne dans les Hautes-Alpes. Météo-France annonçait un mistral à 80km/h sur la côte, en atténuation à l'intérieur, et des températures supérieures à 20° pour ce dimanche 2 mars. L'occasion de se taper 200km vent défavorable est rare, cela constituera un très bon test, histoire de se blinder un peu la tête.

Comme prévu le départ est horrible, scotché face au vent durant une quarantaine de km. Bruno Jasserand qui termine également ses vacances est venu m'accompagner durant deux petites heures pour effectuer la belle montée de Rocbaron, ainsi que Jean Marc Dogliotti, récent acquéreur d'un magnifique RZWO qui a gentiement répondu à mon invitation. La suite est effectuée en solo, environ 180km, sur un itinéraire que je déciderai au fur et à mesure en fonction de la puissance du vent. Arrivée à bon port après 220km et un peu plus de 8h de route sur un itinéraire au caractère provençal très agréable. Une journée la tête dans le vent, libre comme l'air, cela sentait bon le printemps. De son côté Laure a retrouvé les Haycraft à Laragne pour une belle ballade sur les routes des Hautes Alpes.

Sous le soleil de la Provence Verte.

Énorme volume avalé durant 10 jours, environ 1500km. Il fallait établir les bases d'une saison qui s'annonce comme un défi.

La formidable petite route de Fontienne au dessus de Forcalquier,
au fond la Montagne de Lure, chargée de souvenirs.
Les Alpes du Sud encore enneigées pour terminer cette belle traversée.
Profil établit sur le site openrunner, qui m'annonce une dénivelée positive supérieure de 600m par rapport au ciclosport HAC 4+.
03 février 2008
Vent du Sud.

Une départementale tranquille, un ciel bleu et un vélo pas comme les autres.
Un programme efficace pour un dimanche pas très reposant!
A 4 mois de l'objectif principal de cette saison 2008, le Glockner Man, je réalise l'ampleur du défi qui m'attend: 1 000km et 15 000m de dénivelée à enchaîner non stop chez les autrichiens. C'est une sacrée tranche de rigolade qui s'annonce. C'est pas tout ça, mais il est grand temps de s'endurcir sur le vélo, manger du vent, de la dénivelée, faire réagir l'organisme aux sollicitations éprouvantes, enfin bref s'aguerrir aux conditions difficiles. Après un samedi matin au boulot pour cause de proximité des élections municipales et un samedi après-midi avec une incursion sur le Balcon de Belledonne, je profite de ce dimanche pour aller arpenter des routes que j'affectionne particulièrement. L'invité surprise du jour: une tempête de vent du Sud qui va rendre la sortie éprouvante. Rien de tel pour le moral que de négocier des portions en descente scotché à 25km/h alors qu'en temps normal on file à plus de 50km/h. Malgré tout, cette sortie au caractère montagnard m'a offert beaucoup de plaisir, quelques bonnes sensations, et une belle déchirée sur le final.

le col de la Morte, Oris en Ratier, la Mure, les corniches du Drac,
les 4 Seigneurs pour finir.
Retour en images sur une journée de vélo pleine de couleurs et de courants d'air!

L'ambiance est glaciale pour monter à l'Alpe du Grand Serre, appelée aussi
le col de la Morte. La neige est tombée en abondance samedi matin.

Dans les parties hautes du col, la vue se dégage sur la vallée de la Romanche, la
plaine de Vizille, et la barrière du Vercors au fond.

Le début du plateau matheysin vu sous un angle inhabituel.

Les arbres sont encore bien givrés.

Le sommet du col de la Morte, le vent du Sud se lève soudainement.

La station de l'Alpe du Grand Serre, les skieurs me regardent comme une bête étrange!

La descente sur Lavaldens, record de lenteur grâce à ce maudit vent!
Pour corser un peu la sortie, je décide de rentrer par les corniches du Drac, un itinéraire vraiment fabuleux pour les cyclos grenoblois, succession de montées et descentes sur une départementale déserte et dans un paysage dont je n'arrive pas à me lasser. Si il reste un peu d'essence dans le moteur je terminerai par les 4 seigneurs.

La D116, la départementale magique des Corniches du Drac.
L'atmosphère s'est onsidérablement réchauffée sous l'effet du vent du Sud.
Il souffle maintenant dans le dos, permettant quelques fantaisies en terme de vitesse!

Le Drac alimente le Lac du Monteynard, il offre en toutes saisons des couleurs
remarquables.

J'ai fini par prendre l'option 4 Seigneurs. En versant Sud, la lumière d'une fin
de journée y est toujours magnifique. Pour moi, la panne de son et d'image est proche!

Perspective plongeante sur Grenoble dans les descente des 4 Seigneurs.
Les prémices de la perturbation de lundi sont déjà visibles dans le ciel.
Que c'est bon de rouler le dimanche quand on sait qu'il va pleuvoir le lundi!
28 janvier 2008
Est-ce bien raisonnable ?
Samedi 26 janvier 2008: Grenoble - Laragne Montéglin (Hautes Alpes) par le Trièves, le col de Menée, le Diois, le col de Prémol, les Baronnies, le col du Reychasset, Orpierre.
Plaisir simple de tailler la route, relier deux points sur une carte, tracer un itinéraire, apprécier un paysage qui change, passer du brouillard isérois au soleil de la drôme, écouter la nature, écouter les réactions de son corps, profiter tout simplement.

A l'heure du GPS, je reste un énorme consommateur de cartes.

Après une traversée du Trièves Brumeuse, la vision magique du Mont Aiguille qui se détache dans un ciel limpide, l'une des Sept
Merveilles du Dauphiné.

Austérité du versant Nord du col de Menée.

Le Trièves reste englué sous les nuages.

Le col de Prémol, un petit col drômois comme on les aime.
Dans le col du Reychasset, lumière d'une fin de journée d'hiver.
Dimanche 27 janvier 2008: à cheval entre les Hautes Alpes et les Alpes de Haute Provence, col de Sarrault et col des Sagnes.
Après 7h de route samedi, voici une journée plus soft partagée avec Laure, dans des conditions météo exceptionnelles. Douceur d'une autre saison, 16° en vallée, le corps a bien encaissé la sortie de la veille.

Au départ de l'Arzelier sur les hauteurs de Laragne, chez Anne et Mark, les possibilités
de parcours sont immenses, et le ciel toujours bleu!

Paysages au dessus de Claret, à l'abri du vent du Nord qui souffle dans le Val de la Durance.

Soleil voilé et grande douceur à proximité de Melve.

Turrier, village typique des Alpes de Haute Provence avec au fond les sommets
enneigés du Champsaur.

Le col des Sagnes, l'altitude est modeste mais l'enneigement est surpenant.

Le col des Sagnes: vue ver le Nord et le massif du Vieux Chaillol (3163m), une randonnée
classique et accessible du Gapençais.

Traversée d'une Clue dans la descente des Sagnes.

Le passage des "Tourniquets" dans le col des Sagnes.
La barre des 300 km a été franchie ce week-end, est-ce bien raisonnable? Mais quand on aime on ne compte pas. Instants solitaires, instants partagés, le vélo nous offre une palette de sensations sans cesse renouvelées au rythme des saisons.
21 janvier 2008
Les bons côtés du réchauffement de la planète.
Le week-end du 19 et 20 janvier 2008 restera dans les annales. Avec des températures avoisinant les 15° en plaine et plus de 10° à 1000m d'altitude, la tentation d'en profiter était énorme. Petit aperçu...
Samedi 19 janvier 2008

Un de mes tours favoris, la Matheysine et le Trièves.

Après la Mure, descente rapide sur le pont de Ponsonnas célèbre pour le
saut à l'élastique. Les contreforts de l'Oisans en toile de fond.
Les premiers sommets enneigés de l'Oisans dominent le plateau matheysin.

Les terres arides du col de Thaud, un petit pétard de 3km en sortant de Mens.

Le charme du Trièves: campagnard et montagnard.

Depuis le col de Cornillon, la vue porte sur le Trièves, le Monteynard et les murailles
du Vercors au fond.
Dimanche 20 janvier 2008

Encore un classique: le tour de la Chartreuse en passant par la Placette, le col de Couz,
Chambery, le col du Granier, Allevard et le Grésivaudan.

Un paysage bien connu des cyclos grenoblois, le col de la Placette, prélude classique
à de belles virées en Chartreuse.

St Joseph de Rivières à la limite du brouillard.

St Laurent du Pont dans la brume.

En montant au col du Couz, avant le tunnel des Echelles.

Dans le col du Granier, avant le tunnel du Pas de la Fosse.

Dans le Granier, vue sur Chambery, le Mont du Chat à gauche, on distingue
le lac du Bourget.

La face Nord du Granier dans l'ombre.

La vue porte vers le massif de Belledonne.
Les objectifs de la saison 2008 sont maintenant bien définis. Ce week-end de rêve sur le plan météo a permis de poser des bases foncières le plus sereinement possible. Vivement la suite.






























































































