17 août 2009
Tortour 2009
Programme chargé pour les 21-22-23 août 2009. Le Tortour est une nouvelle épreuve Ultra qui voit le jour cette année. Elle est ouverte aux concurrents solos et aux teams 3 coureurs et 6 coureurs. La règle du jeux est simple: effectuer le Tour de Suisse in "one shot"! Le réglement reprend les grandes lignes de ce qui est appliqué sur la RAAM, c'est à dire non drafting et assistance obligatoire, pointages aux Times Stations, respect des règles de sécurité, du code de la route et du Road Book. Le parcours a de quoi impressionner avec 1 077,8 km et 15 572 mètres de dénivelées à parcourir en moins de 56 heures pour être classé. Le départ sera donné de Neuhausen am Rheinfall (Chutes du Rhin), canton de Shaffhousen à proximité de la frontière allemande, au Nord de Zurich. A partir de Vendredi 21 août, 6h du matin pour les solos, 7h pour les équipes, les concurrents s'élanceront pour un beau défi.
Le site de l'épreuve (http://www.tortour.ch/) devrait relayer les temps de passage des concurrents aux 20 Times Stations ainsi qu'un suivi GPS de l'épreuve.
Voici le détail des Times Stations:
Départ : Neuhausen
TS 1 Steckborn:
longueur de l'étape : 35,8 km
dénivelée de l'étape : 187 m
distance totale depuis le départ :35,8 km
dénivelée totale depuis le départ: 187 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): Vendredi 21 août 7h29 - 7h42
TS 2 Rorschach:
longueur de l'étape : 51,4 km
dénivelée de l'étape : 223 m
distance totale depuis le départ :87,2 km
dénivelée totale depuis le départ: 410 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): Vendredi 21 août 9h38 - 10h09
TS 3 Buchs:
longueur de l'étape : 53,5 km
dénivelée de l'étape : 249 m
distance totale depuis le départ :140,7 km
dénivelée totale depuis le départ: 659 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): Vendredi 21 août 11h51 - 12h42
TS 4 Fideris:
longueur de l'étape : 48,3 km
dénivelée de l'étape : 444 m
distance totale depuis le départ :189 km
dénivelée totale depuis le départ: 1103 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): Vendredi 21 août 13h52 - 15h00
TS 5 Zernez:
longueur de l'étape : 57,5 km
dénivelée de l'étape : 2055 m
distance totale depuis le départ : 246,5 km
dénivelée totale depuis le départ: 3158 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): Vendredi 16h16 - 17h44
TS 6 Julierpass:
longueur de l'étape : 45,3 km
dénivelée de l'étape : 1108 m
distance totale depuis le départ : 291,8 km
dénivelée totale depuis le départ: 4266 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): Vendredi 18h09 - 19h53
TS 7 Sils:
longueur de l'étape : 48,7 km
dénivelée de l'étape : 863 m
distance totale depuis le départ : 340,5 km
dénivelée totale depuis le départ: 5129 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): Vendredi 20h11 - 22h12
TS 8 Disentis:
longueur de l'étape : 65,3 km
dénivelée de l'étape : 1566 m
distance totale depuis le départ : 405,8 km
dénivelée totale depuis le départ: 6695 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): Vendredi 22h54 - samedi 1h19

Comme lors de l'Alpen Brevet, nous emprunterons l'Oberalp Pass entre
Disentis et Andermatt. Deux différences notables:
- nous passerons vraissemblablement de nuit.
- nous aurons déjà 400km dans les papattes!
TS 9 Andermatt:
longueur de l'étape : 32,8 km
dénivelée de l'étape : 1067 m
distance totale depuis le départ : 438,6 km
dénivelée totale depuis le départ: 7762 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): samedi 0h16 - samedi 2h53
TS 10 Nufenenpass:
longueur de l'étape : 51,1 km
dénivelée de l'étape : 2203 m
distance totale depuis le départ : 489,7 km
dénivelée totale depuis le départ: 9965 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): samedi 2h24 - 5h19
TS 11 Visp:
longueur de l'étape : 58,4 km
dénivelée de l'étape : 417 m
distance totale depuis le départ : 548,1 km
dénivelée totale depuis le départ: 10 382 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): samedi 4h50 - 8h06
TS 12 St Maurice:
longueur de l'étape : 87 km
dénivelée de l'étape : 443 m
distance totale depuis le départ : 635,1 km
dénivelée totale depuis le départ: 10 825 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): samedi 8h27 - 12h14
TS 13 Morges:
longueur de l'étape : 66,8 km
dénivelée de l'étape : 439 m
distance totale depuis le départ : 701,9 km
dénivelée totale depuis le départ: 11 264 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): samedi 11h14 - 15h25
TS 14 L'Abbaye:
longueur de l'étape : 50,2 km
dénivelée de l'étape : 1244 m
distance totale depuis le départ : 752,1 km
dénivelée totale depuis le départ: 12 508 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): samedi 13h20 - 17h48
TS 15 Estravayer Le Lac:
longueur de l'étape : 55,3 km
dénivelée de l'étape : 414 m
distance totale depuis le départ : 807,4 km
dénivelée totale depuis le départ: 12 922 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): samedi 15h38 - 20h26
TS 16 Lamboing:
longueur de l'étape : 54,3 km
dénivelée de l'étape : 714 m
distance totale depuis le départ : 861,7 km
dénivelée totale depuis le départ: 13 636 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): samedi 17h54 - 23h02
TS 17 Delémont:
longueur de l'étape : 54,9 km
dénivelée de l'étape : 515 m
distance totale depuis le départ : 916,6 km
dénivelée totale depuis le départ: 14 151 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): samedi 20h11 - dimanche 1h38
TS 18 Frenkendorf:
longueur de l'étape : 51,2 km
dénivelée de l'étape : 577 m
distance totale depuis le départ : 967,8 km
dénivelée totale depuis le départ: 14 728 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): samedi 22h19 - dimanche 4h05
TS 19 Zurzach:
longueur de l'étape : 54,3 km
dénivelée de l'étape : 378 m
distance totale depuis le départ : 1022,1 km
dénivelée totale depuis le départ: 15 106 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): dimanche 0h35 - dimanche 6h40
TS 20 (arrivée): Neuhausen:
longueur de l'étape : 55,7 km
dénivelée de l'étape : 466 m
distance totale depuis le départ : 1077,8 km
dénivelée totale depuis le départ: 15 572 m
Horaires de passage (24 km/h - 21 km/h): dimanche 2h54 - dimanche 9h19
les engagés : http://www.tortour.ch/index.php?ix=15
le concept : http://www.tortour.ch/index.php?ix=2
le réglement : http://www.tortour.ch/we_download/Tortour_Reglement_2009_francais_final.pdf
le parcours: http://www.tortour.ch/index.php?ix=4
le road book à télécharger: http://www.tortour.ch/index.php?ix=17
14 avril 2009
Road Burner 2009: taillé pour la distance.
Quand un cerveau débordant d'idées, un savoir faire exceptionnel, et une démarche innovante se conjuguent pour concevoir une machine, voilà ce que cela donne: un Road Burner customisé, taillé pour tracer la route des heures durant, avaler les kilomètres, accumuler la dénivelée positive. Encore une fois, François Kérautret s'est démené pour mettre au point un vélo d'exception. Les choix retenus sont étonnants, pertinents et en totale adéquation avec l'ultra-distance, une discipline spécifique et exigeante.
Petit tour d'horizon de ce Road Burner cuvée 2009. Le cadre reprend la philosophie du Road Burner 2008 avec une colonne de direction et une hauteur au sol de la boite de pédalier légèrement rehaussée. La fourche a pris un peu de volume au niveau des fourreaux pour plus de rigidité. Signe distinctif des Road Burner, l'étrier de frein arrière est inversé, l'efficacité du freinage avec ce système ayant été validé lors de la saison 2008.
En matière d'équipement, un changement d'orientation est visible avec une transmission compacte basée sur un pédalier Ultégra SL (36/50), une roue libre 12/28 pour les forts pourcentages après plus de 24h de selle. Le Dura Ace 2009 a été sélectionné pour les dérailleurs, manettes STI et étriers de frein. L'efficacité de l'équipementier japonais n'ayant encore jamais déçu. Pour la selle je reste fidèle au choix de l'an dernier avec la Fizi'k exclusivité FKC avec rails surbaissés, mousse bi densité, coque carbone, revêtement aéré et sans couture. Mon anatomie m'en remercie encore.
Les tests ont été effectués avec les roues d'entrainement en alu, mais il va de soit que le Road Burner sera chaussé sur les épreuves ultra des formidables roues carbones FKC équipées de boyaux continental competition.
L'aménagement principal pour cette année 2009 concerne le poste de pilotage (cintre FSA) complété par un prototype de prolongateur qui a demandé de nombreuses heures d'étude et de conception. Le positionnement est basé sur un appui avant-bras assez relevé pour limiter les contraintes cervicales. Les mains trouvent une prise naturelle sur deux appendices verticaux dans le prolongement des bras.
Les essais sur le terrain sont bluffants. Je n'avais encore jamais pédalé en configuration triathlète, je suis surpris d'adopter la position aéro et de la maintenir sans réelle difficulté. L'appui des avants bras et des mains permettent de trouver un calage optimal du bassin sur la selle, il en découle une transmission de la puissance tout en conservant une fluidité surprenante du cycle de pédalage. Le cycliste dispose de trois positions optimales avec au choix: mains en bas du guidon, mains aux cocottes, avant bras sur les prolongateurs. Cette possibilité autorise ainsi un espace d'expression gestuelle en action tout à fait appréciable. Varier les angles du buste et des cervicales tout en faisant travailler les segments bras/avants bras/poignets/mains dans différentes positions diminue les contraintes liées à un positionnement trop statique. Cet atout est considérable lorsque l'on envisage de passer plus de 40h non stop sur sa machine. Force est de constater que François réfléchit beaucoup et vise juste, bravo l'artiste!
Sur le plan de l'entrainement, la semaine précédente a été marquée par une participation à la cyclosportive "La Bisou". Le bilan est positif sur le plan de la forme en restant au contact des hommes en forme, seule une chute à 3km de l'arrivée due à un moment d'inattention est venue ternir le tableau. Cette épreuve a été abordée comme une séance de qualité sans aucun objectif si ce n'est de tester l'organisme. La Bisou a été rallongée par une traversée de la Bresse en direction de Bourgoin via Pérouge pour conclure la journée avec un sympathique 215 km.
Ce week-end de Pâques était l'occasion d'effectuer un test significatif en vue de la Race Across Slovénie et de me familiariser avec le Road Burner 2009. Samedi, le cap a été mis au Nord en direction de la Savoie pour un circuit splendide: Vallée du Grésivaudan, Allevard, Col de la Cochette, Albertville, Col des Saisies, Flumet, Col des Aravis, Thônes, Annecy, Col de Leschaux, Lescheraines, Col de Plaimpalais, St Alban Leysse, Les Marches, Le Touvet, Crolles. 302 km et 4 250m de dénivelée en solo en 11h02. La prise en main du Road Burner est plus que concluante, la position est confortable sur les portions roulantes et peut être maintenue dans les ascensions avec des pourcentages raisonnables. Le bilan est extrêmement positif. Pendant ce temps, Laure réussissait avec brio un superbe 250 km en solo également sur son Road Burner au look ravageur. Par liaison SMS nous nous tenions au courant de notre progression avec des messages du type "col de Leschaux poil au dos", "Plaimpalais poil au nez"! Vive la technologie!

Un Road Burner version féminine.

Une récupération active de 3 heures dimanche suivie d'une sieste crapuleuse devant Paris Roubaix pour admirer la puissance de Tom Boonen, et il est temps de se préparer à remettre le couvert le lendemain.
Pas de chocolat pour Pâques, lundi sera consacré à engranger des kilomètres. Le cap est mis vers l'Oisans et mes terrains d'entrainement habituels, accompagné d'Igor qui prépare activement le RPE et la RATA: la Romanche, le col d'Ornon, le Valbonnais, la N85, Corps, Le Motty, Ambel, Pellafol, Cordéac, St Sébastien, Mens, le Col Accarias, le Pont de Ponsonnas, La Mure, La Motte d'Aveillans, St Georges de Commiers, Vif. 200km avalé à bonne allure en parfaite complicité, les jambes sont douloureuses au départ mais le cycliste endurant possède cette faculté étonnante de se refaire la cerise au fil des kilomètres. Je quitte Igor à Vif pour repartir pour une boucle dans le Trièves: Monestier de Clermont, Col du Faux, Pont de Brion, Col de Cornillon, Mens, Clelles, N75, Col du Faux, Vif, Varces… et maison. Laure a accompli de son côté une belle virée de 160 kmavant de venir me faire un petit coucou au volant du C8 et surtout peaufiner la stratégie alimentaire. Fabuleuse journée qui se solde par 314km et 4500m de dénivelée en 11h08. Le Road Burner confirme tout le bien que j'avais pensé de lui sur la journée du samedi. Deux mots résument tout: performance et confort.
Sublime week-end 100% au vélo, il nous en faut peu pour être heureux chez les Rico.
27 mars 2009
Instants privilégiés.
Passage du Col du Festre (massif du Dévoluy, Hautes Alpes), l'enneigement est encore bien présent.
Le vélo est une invitation permanente au voyage grâce à cette faculté qu'il nous offre de parcourir des distances considérables, tout en faisant littéralement sauter nos repères dans le temps et dans l'espace. Mon attirance pour les longues distances repose probablement sur ce constat: quoi de plus excitant que de tracer un itinéraire élégant sur une carte et de le réaliser à la force du mollet. Pour le citadin que je suis, les week-end constituent autant d'occasions pour s'offrir une grande bouffée d'oxygène en s'évadant sur les routes et oublier la réalité du quotidien.
Le Vercors est resplendissant, une belle journée s'annonce.
Dimanche 22 mars, dans la course à la préparation pour la RAS, il est temps de brusquer les choses. La météo est ventée et fraiche, peu importe, je ressens un désir profond de me tester sur du long, voir comment mon organisme va encaisser une contrainte importante. L'objectif de la séance est désigné par le terme barbare d'adaptation métabolique, il faudra traduire: interdiction de se faire péter les varices. Je vais me concentrer sur le ressenti, la gestion de l'instant présent, tout en testant une nouvelle stratégie alimentaire qui doit me permettre de maintenir une intensité modérée et régulière sur toute durée de la journée. La durée est fixée à 10h, il ne me reste plus qu'à tracer un itinéraire qui doit me permettre d'en prendre plein les yeux.

Entre Cordéac et Pellafol, vue sublime vers l'Oisans.
Une fois n'est pas coutume, nous avons programmé un départ matinal alors qu'en temps normal nous flemmardons pour partir paresseusement sur les coups de 10h30/11h.
8h40, chargés comme des mulets, nous mettons le cap plein sud. Notre dimanche en couple s'arrêtera à la sortie de Vif, après c'est chacun sa route, Laure ayant opté pour le circuit culte du Tour du Vercors via Menée, Die, Col du Rousset, les gorges de la Bourne, Villard de Lans. Nous avons chacun notre objectif en tête, la Slovénie d'un côté, la Provence de l'autre.

Le Pic de Bure dans le massif du Dévoluy.
Partir seul pour 10 heures en autonomie nécessite quelques précautions. Au niveau du ravitaillement, j'ai prévu du lourd sur les bons conseils de Stéphane Palazetti. Si je rajoute à cela les dosettes de poudre énergétique, un coupe vent et des gants d'hiver pour les conditions annoncées fraîches, un horrible chasuble jaune fluo, un éclairage succin sur le vélo en cas de retour tardif, un téléphone portable au cas où, un kit réparation pour boyaux, une mini pompe, un boyau de rechange, l'appareil photo, et cerise sur le gâteau: un Ipod pour être accompagné de mes musiques préférées si j'en ressens l'envie. Le moins que l'on puisse dire c'est que je ne fais pas dans le light. Je cultive malheureusement mon apparence coureur en évitant l'usage de la sacoche, la première difficulté du jour consiste à tout faire rentrer dans les poches.
Après un petit déjeuner très copieux, ayant une fâcheuse tendance à me faire péter le ventre lorsque je pars pour un grand tour de peur de manquer de carburant, le départ est légèrement poussif, une sensation renforcée par le chargement conséquent embarqué.
Le collet Sinard ouvre le bal avec ses pourcentages agréables. Une montée paisible qui débute sur la N75, agrémentée par un petit détour par St Martin de la Cluse, histoire de constater que la physionomie de ce secteur a beaucoup changé depuis la mise en route du tronçon d'autoroute A51 reliant Grenoble à Monestier de Clermont. La proximité de l'agglomération grenobloise et le développement des moyens de communication ont favorisé un accroissement démographique étonnant pour une zone au caractère rural autant marqué.
La courte descente sur Monestier de Clermont dominée par le spectaculaire viaduc du même nom (860m de longueur, 70 m de hauteur au maximum) permet une brève récupération avant d'attaquer le col du Faux, une formalité lorsqu'il est abordé par ce versant.
Ce point marque l'entrée de mon itinéraire dans le Trièves. Après avoir délaissé la N75, une descente agréable sur le pont de Brion permet de franchir l'Ebron, avant d'aborder l'ascension vers le col de Cornillon. Même si elle ne présente pas une grosse difficulté, 7km à 6 % de moyenne, il faudra se méfier de cette montée qui peut surprendre. Un regard attentif ne ratera pas les belles trouées vers le Lac du Monteynard sur la gauche alors que les sommets enneigés du Dévoluy et de l'Oisans en arrière plan commence à donner le ton. Le col de Cornillon est suivi par un plateau campagnard caractéristique du Trièves, parsemé de vastes domaines agricoles. La ferme du Thau marque le début d'une descente rapide sur Mens égaillée par quelques formations géologiques du plus bel effet. Mens est un village accueillant coincé dans un cirque montagneux, entre Dévoluy et Vercors. Son climat agréable, sa place centrale qui respire le farniente, sa fontaine, tout incite à la halte. Mens, classée commune touristique, s'est imposée au fil des siècles comme un lieu d'échanges et de séjour depuis la fondation du premier marché sous Néron en 60 après J.C. Les foires de Mens remontent au XIIIème siècle avec la Foire de la Croix de Mai et la Foire aux Agnelles en octobre, celle dite du 15 Août semble plus récente. Les dernières nées sont la Foire aux Potiers (Pentecôte) et la Foire Bio (Septembre), cette dernière se déroulant dans le quartier historique de Mens, associant ainsi patrimoine et écologie.
Il faudra revenir à Mens pour goûter aux spécialités locales avec pour tête d'affiche:
- Les boufettes connues depuis les années 1870 et créées par Hiacinthe Auguste Baup pâtissier confiseur à Mens. La légende raconte que c'est une mendiante qui aurait donné la recette. C'est Louis Bernard pâtissier à Mens qui déposa la marque en 1926.
- Les Ravioles du Trièves, spécialité à base de pommes de terre écrasées, lard et oignons, le tout enrobé de pate et en forme de gros raviolis. Elles se dégustent avec du gruyère râpé et de préférence l'hiver.
Le menu du jour est moins gastronomique, à base de barres énergétiques, portions de gâteau de riz et minis sandwichs, tout en m'hydratant régulièrement. Un régime qui doit me permettre de poursuivre mon itinéraire tout au long de la journée sans soucis.
La sortie de Mens s'effectue par l'Est et le col de St Sébastien (926m), une agréable grimpée de 4,5 km où alternent paysages agricoles et forestiers. Une courte descente précède une succession de vallonnements ponctués par les traversées de Cordéac et Pellafol.
Positionné sur un agréable plateau ensoleillé à 900m d'altitude, coincé entre la silhouette majestueuse de l'Obiou au Sud et les Gorges du Drac au Nord, Cordéac est un village authentique qui a su préserver une activité pastorale et traditionnelle. Une petite usine de tissage datant du 20e siècle, reposant sur l'exploitation de la laine de mouton d'élevage, a été transformée en atelier de création et de fabrication d'accessoires en feutre et en laine.
Pellafol marque une rupture dans mon itinéraire, sous le regard de l'Obiou je quitte le Trièves pour pénétrer dans le massif du Dévoluy par les Gorges de la Souloise. Le Dévoluy est un massif calcaire d'apparence aride et pourtant l'eau y est omniprésente. C’est au col de Rabou que la Souloise prend sa source, alors mince filet d’eau puis canyon creusé dans la roche calcaire du Dévoluy. Elle prend de la vigueur grâce à la résurgence des Gillardes, la deuxième de France, qui arrive par tout un réseau souterrain depuis le Grand Ferrand, avant d'alimenter le Lac du Sautet et son barrage hydroélectrique. Le canal de Pellafol, tentative pour canaliser l'eau du Dévoluy jusqu'aux terres cultivées de Pellafol à la sortie du massif, a été vite abandonné à cause des phénomènes d'érosion.

Le massif de l'Obiou et sa silhouette impressionante.

Direction Pellafol, le Dévoluy droit devant.
Le long de la Souloise, la grimpée s'effectue en plusieurs paliers interrompus par la traversée de St Disdier en Dévoluy, village accueillant blotti dans la fraicheur de la vallée principale du Dévoluy, sous la domination des "géants de pierre" qui l'entourent. L'ascension se poursuit agréablement en direction du col du Festre (1440m) à travers un large vallon où la neige a fait une apparition spectaculaire. La végétation encore endormie en ce premier jour de printemps a disparu au profit d'une couverture blanche lumineuse du plus bel effet. C'est un véritable privilège de pouvoir évoluer dans ce superbe cadre montagnard dans un calme absolu. Les yeux grand ouverts, je déguste le col du Festre les sens en alerte comme on déguste un bon repas.

L'entrée dans le massif du Dévoluy se fait sous le regard...

...de "Géants de Pierre".

Les Gorges de la Souloise taillée dans le calcaire.

La neige fait son apparition après St Disdier en Dévoluy.

L'occasion de découvrir d'autres pratiques sportives.

Instants privilégiés...

Grands espaces et calme infini...
Je quitte le Dévoluy par le Sud en direction de Veynes avec un bon vent favorable qui me rappelle que le retour sur Grenoble sera compliqué. Perdu dans mes pensées, je sens quelque chose qui vibre dans mon dos, zut c'est le portable, il est dans quelle poche? C'est un message de Laure pour me prévenir que la descente du Col de Menée sera délicate pour cause de plaques de neige récalcitrantes. J'ai le temps d'y penser, je gère l'instant présent.
Comme prévu le vent défavorable m'accueille à la sortie de Veynes que je quitte par le petit col des Eygaux, une petite côte anodine de 2 km qui permet de rajouter un col à sa collection.
Au rythme du vent contraire, je traverse sans m'attarder Aspres sur Buech qui semble endormie. Le cap est mis à l'Ouest en direction du Diois par le col du Cabre. Le vent est devenu l'élément préoccupant, imposant une vitesse de progression lente pour négocier les longues lignes droites qui conduisent au pied de l'ascension proprement dite. Comme c'est souvent le cas dans les massifs préalpins du Sud, le paysage se distingue maintenant par son aridité sauvage, tel un décor de Western. Le contraste est saisissant avec le début de l'itinéraire qui était boisé et vert dans le Trièves, enneigé dans le Dévoluy.

Changement de paysage radical, nous ne sommes pas très loin des Alpes
de Haute Provence.
"C'est bon tu es dans les temps!" J'ai toujours un peu de mal avec les petites phrases qui se veulent humoristiques, lancées par les gens confortablement installés aux terrasses des cafés le dimanche après midi. Peu importe les lacets du Col du Cabre sont escaladés à l'abri du vent, réchauffé par un soleil omniprésent depuis ce matin. Pour renforcer l'ambiance Western, je pédale au rythme des mariachis de Calexico.
Les lacets du Col du Cabre sont abrités du vent du Nord.
La descente vers le Diois coïncide également avec l'entrée dans le département de la Drome, elle s'effectue par de larges lacets sans difficulté qui permettent une agréable récupération. Seul un puissant vent contraire interrompu par le franchissement impressionnant du verrou rocheux des Claps, vient perturber ma progression dans la vallée conduisant à Luc en Diois.
Sur les longues distances, tout est une question de patience, alors je patiente jusqu'au changement de direction vers Chatillon en Diois en espérant que le vent soit moins virulent.
Le temps et le kilomètres défilent et voilà le col de Menée qui pointe le bout de son nez. Ce col est une véritable perfection esthétique avec un tracé élégant dessinant de larges lacets à travers la montagne sur une vingtaine de kilomètres. La pente n'est jamais excessive ce qui rend l'ascension tout à fait accessible et permet de jouir du panorama qui se développe au fur et à mesure des kilomètres. Le cycliste qui aborde le col de Menée par son versant Sud se trouve plongé dans une ambiance faite de solitude et de grandeur, tant il est difficile de ne pas être frappé par la puissance des forces géologiques qui ont façonné le paysage. Le col se franchit par un tunnel à 1400 m d'altitude qui met en relation le Diois avec l'Isère. C'est par un froid marqué, 3°, que je franchis le tunnel pour déboucher sur le versant Nord, la vue permet d'embrasser d'un seul regard le Massif du Vercors Sud, les Sommets de l'Oisans, en passant par le Trièves, que je retrouve avec plaisir, sous la domination imposante du Mont Aiguille.

Le Rocher du Combeau domine les lacets du Col de Menée.

Festival de couleurs dans le final du col de Menée.

N'importe où porte le regard...

... l'émerveillement est constant.
Difficile de s'attarder car le vent du Nord rend l'atmosphère glaciale, je bascule dans la descente en ayant bien en tête les recommandations de Laure. Tout est négocié sans encombre avec toujours ce vent du Nord qui prend un malin plaisir à rendre la progression pénible. Compte tenu de la luminosité décroissante, j'opte pour l'option N75 pour rejoindre Monestier de Clermont via le Col du Faux. C'est la route du retour de week-end pour les Grenoblois, ils me doublent, ou me frôlent parfois, avec un regard soit amusé, soit énervé. Je suis un obstacle gênant sur un axe dédié aux véhicules motorisés, attention à ne pas ralentir les individus pressés de rentrer chez eux.

Le froid surprend sur le versant Nord du col de Menée.

Le panorama est superbe dans cette lumière de fin de journée.
Plus aucun espoir sur le plan du vent, il sera défavorable jusqu'à l'arrivée, alors je m'applique pour garder un pédalage efficace et régulier. Par sécurité j'ai allumé les lumières, plus pour être visible que pour y voir. Vif, Varces, je réintègre l'agglomération grenobloise après un périple de 266 km et 4 150 m de dénivelée, des sensations et des émotions plein la tête, extrêmement satisfait du déroulement de cette journée privilégiée. Les 8 kms de l'interminable ligne droite du cours de libération qui relie Claix à Grenoble sont avalés dans l'obscurité. J'aime tout particulièrement cet instant éphémère où j'en termine avec mon parcours, je sais que je peux maintenant me laisser aller dans le confort douillé de notre appartement. Laure est sous la douche, elle a réussi avec succès son Tour du Vercors, premier 200 km de la saison, non sans avoir connu des déboires avec un câble de dérailleur arrière fatigué qui l'a contraint à passer le col du Rousset et traverser le Vercors sur le 12 dents! Madame fait de la musculation sur 100 km, la Provence est prévenue.
16 mars 2009
Le retour du vélo vert.

Le Road Burner: un vélo surprenant!
Le week end du 14 et 15 mars 2009 restera une date clé dans la course poursuite après le temps, que ce soit d'un point de vue météorologique ou planification des charges d'entraînement en vue du Tour de Slovénie le 7 mai.
Ces deux jours chargés, avec deux sorties de 7 heures, ont été également marqués par des retrouvailles.
Igor, compagnon inséparable avec qui nous avions fait les 400 coups sur les bancs de la fac et dans les pelotons des cyclosportives de la fin des années 90. Une sortie 100% FKC sur les routes du Sud Isère pour un peu plus de 7h de vélo à refaire le monde sous le regard omniprésent du Mont Aiguille et dans une ambiance printanière.
Retrouvailles également avec le Road Burner que j'enfourche pour la première fois cette année avec beaucoup de plaisir. Que dire sur ce vélo formidable… à part qu'il est formidable. Une bouille sympathique avec ses tubes surdimensionnés, son étrier de frein arrière inversé, sa selle au look pépère. Sur le terrain on retrouve un mélange subtil entre confort et rendement. On découvre une machine qui ne bronche pas, taillée pour avaler les kilomètres comme dans un fauteuil. L'efficacité n'est pas en reste: le Road Burner est comme Hulk, quand il s'énerve il craque sa chemise et devient tout vert ! Chaque vélo a une histoire, le Road Burner restera profondément attaché dans mon esprit à l'enchaînement Glocknerman / Rata de l'an passé. Je respecte ce vélo comme il me respecte. Un regard extérieur ne manquera pas d'être amusé par cette relation particulière qui s'instaure entre un cycliste et sa machine.

Vélo exceptionnel, route exceptionnelle: descente de Presles vers Choranche, une manière
originale d'aborder les Gorges de la Bourne, voie d'accès royale au plateau du Vercors.
15 mars 2009
Nous approchons de la fin de l'hiver car d'un point de vue météorologique le mois de mars signifie normalement l'arrivée du printemps. L'activité cycliste étant fortement conditionnée par les aléas climatiques, ce changement est attendu comme un cap symbolique dans la saison. Quoi de plus agréable que d'aller rouler en tombant quelques épaisseurs, de mettre pour la première fois les mollets à l'air libre, d'enlever les gants de ski, le sous casque et le buff sur les oreilles. Les sensations sont subitement plus légères, le coup pédale gagne en fluidité et en efficacité. Du statut de Mammouth emmitouflé, le cycliste se transforme en élégante gazelle légèrement vêtue!

Les pires conditions forgent les meilleurs souvenirs.
22 février 2009.

Jeux Concours: un Road Burner pour celui qui localisera cette route !

Vue imprenable sur le Trièves!
Cet hiver aura été riche en émotions et en expériences nouvelles. Il aura fallu un brin d'inconscience, une grosse motivation et beaucoup d'application pour maintenir les sorties du week-end dans des conditions parfois délirantes. Je garderais longtemps en mémoire cette sortie vers Corps, ne pas confondre avec le Vercors, entre Plateau Matheysin, Valbonnais et Trièves, conclue dans le Col du Faux derrière le chasse neige. 7h de pédalage avec une bise à vous donner l'envie de rester blotti sous la couette. Une sortie de guerriers diront fièrement certains, j'évoquerai simplement l'envie de se retrouver seul face aux éléments naturels. Une sortie marquante partagée à distance et en sens inverse avec Laure, comme un grand huit qui se recouperait à son extrémité, le temps de partager une crêpe waouh avec vue sur le lac du Sautet.
Descente de Corps en direction du Barrage du Sautet: une belle vue sur le lac du même nom.
22 février 2009.
Nous allons bientôt approcher la barre des 20°, alors pour jouer un brin de provocation et pour forcer la chance météorologique :"Vivement l'hiver prochain!" Nous laissons derrière nous avec nostalgie les séances humides et froides, la sensation unique du cuissard et des chaussures qui se remplissent d'eau glacée lorsque l'on a oublié le garde boue, la goutte au nez qui n'en finit plus de couler, les doigts qui n'arrivent plus à saisir les barres énergétiques, le retour douloureux de la circulation sanguine sous la douche…Enfin bref que du bonheur!
A moins que l'hiver n'ai pas encore dit son dernier mot, ce qui est tout à fait envisageable lorsque l'on roule au cœur des Alpes.

Ciel menaçant sur le Dévoluy. 22 février 2009.

La montagne est capricieuse. 22 février 2009.

Le col de l'Holme au dessus de Corps, une alternative recommandable à la N85.
22 février 2009.
A 6 semaines du grand départ en Slovénie que puis-je dire sur ma préparation ? Où en suis-je ?
Depuis le 22 décembre 2008, 2 cycles de 4 semaines de base ont été effectués, entrecoupés d'une semaine plus light pour laisser l'organisme se régénérer. La répartition des charges d'entraînement a été totalement revue, avec des sorties longues moins longues, un accent renforcé sur le qualitatif, et une succession d'enchainements chocs sur deux ou trois jours. La barre des 200 km n'a pas encore été franchie, ce qui peut paraître étonnant si près d'une épreuve qui compte 1 180 km et 15 000 mètres de dénivelée, mais j'ai une grande confiance dans le programme mis en place. Remettre en cause ses habitudes et ses certitudes n'est pas une chose aisée, mais indispensable pour garder une motivation intacte année après année.
En matière de longues sorties, j'ai pu accumuler 2 sorties de 6h, 1 sortie de 6h30, et 3 sorties de 7h. La barre des 3000 de dénivelée a été franchie une fois. Je m'estime heureux compte tenu des conditions météo et des 3 jours de congés seulement disponibles depuis la reprise de l'entraînement.

le Pas du frou pour rejoindre St Pierre d'Entremont, unique virée en Chartreuse de cet hiver.
21 février 2009.

Paysage typique de Chartreuse en montant au col du Cucheron (21 fev 2009).
Le mois de mars a débuté avec la mise en place d'un cycle plus chargé sur 3 semaines avant une semaine plus light à la fin du mois. Un deuxième cycle de 3 semaines boostés avec la participation à la Bisou dans le cadre des Patrouilles Cyclos le 5 avril, et la Cyclo des Monts du Vaucluse le 19 avril devrait conclure le gros de ma préparation. Il me restera deux semaines pour faire du jus sans tomber dans le pot de Nutella pour aborder la Race Across Slovenia dans les meilleures conditions possibles.

Hauteur de neige impressionnante au col de Porte (21 février 2009).
16 février 2009
Les charmes de l'hiver.

Des quantités de neige inhabituelles au sommet du Barrioz.
L'hiver est encore loin d'avoir relâché son emprise. Après les chutes de neige de jeudi dernier, ce week-end nous a offert des conditions froides mais calmes, propices à caser des escapades qui commencent à prendre du caractère. Un jour de congé opportun posé le vendredi 13 février a été mis à profit pour réviser mes classiques sur les pourcentages parfois sévères du Balcon de Belledonne. 5h heures de paysages hivernaux sublimés par un ciel bleu et un soleil retrouvé, le tout ponctué par trois belles ascensions: le col du Barrioz par St Pierre d'Allevard, le col de la Croix d'Hurtières par les Adrets, et la Croix de Pinet par Revel. 2500m de dénivelée dans la musette, ce qui est pris est pris.

St pierre d'Allevard au premier plan, Allevard et sa retenue artificielle au fond.
Versant sud du Barrioz, en descendant sur Theys.

Le versant Nord du Barrioz est frisquet.

La chaîne de Belledonne platrée par la neige.
Le Balcon de Belledonne est un terrain de jeux formidable pour le cyclo en quête de dénivelée positive. A l'écart de l'urbanisation galopante de la plaine du Grésivaudan coincée entre les agglomérations grenobloise et chambérienne, le Balcon de Belledonne est constitué d'une épaisse couverture sédimentaire plissée par le massif cristallin qui le domine. L'ancien Glacier du Grésivaudan a creusé dans ses fondations une vallée en auge, créant ainsi une topographie en balcon. Les torrents qui descendent des sommets de Belledonne ont entaillé le balcon par de nombreuses vallées étroites en V, constituant autant de voies d'accès exploitées par un réseau routier dense. Les montées sur le Balcon de Belledonne sont nombreuses et difficiles, ce n'est pas les cyclistes qui s'en plaindront.

Au dessus des Adrets, en montant au col de la croix d'Hurtières.

Le versant au soleil de la Croix d'Hurtières.

Au premier plan le village des Adrets, au fond à gauche les pistes
de la station de Prapoutel.
Après une journée de récupération active le samedi 14, le froid sec du dimanche 15 février constituait une bonne occasion pour retrouver les routes du Trièves que j'apprécie tout particulièrement. 6h30 d'évasion totale loin de l'agitation du quotidien, vider ses muscles pour se vider les neurones. Des images et des sensations plein la tête, c'est gonflé à bloc que je peux envisager la suite du programme.

Le Trièves: il y a toujours un paysage montagnard derrière les champs.

Le massif du Dévoluy délimite le Trièves au sud-est.

Une invitation à rouler.

Pourquoi rester en plaine durant l'hiver?
Situé géographiquement au sud du département de l'Isère, le Trièves bénéficie d'un climat ensoleillé favorable à la pratique du vélo en période hivernale. Bien que les températures n'aient pas excédé 3° et que l'électronique embarqué m'indique un minimum à -2°, les température ressenties étaient rigoureuses mais supportables. Le secteur est abrité au sud-est par le magnifique massif du Dévoluy dominé par l'Obiou à 2793m, et à l'ouest par le Vercors sud où culmine le Grand Veymont à 2349m. Impossible de parcourir le Trièves sans être fasciné par la silhouette de celui qui fut longtemps connu sous le nom de "Mont Inaccessible", il s'agit bien entendu du Mont Aiguille que l'on retrouve souvent au fil des articles d'Unlimited Miles.

La luminosité est capricieuse pour ma traditionnelle photo du Mont Aiguille!

Un oeil sur la route, un autre sur le paysage.

Entre Mens et Lalley, le Dévoluy masque l'horizon au sud-est.
Le Trièves est délimité au sud par le col de la Croix Haute, à l'ouest par la limite orientale du Parc National du Vercors, à l'est par le cours du Drac et le massif du Dévoluy, au nord par la limite de la commune de Monestier de Clermont. Situé sur l'axe de la RN75 qui relie Grenoble à la France du sud, ce vaste plateau ondulé décrit par Jean Giono comme "un cloître de montagnes" est situé au carrefour des influences alpines et méridionales. Préservé des pollutions et des grands aménagements urbains, ce territoire montagnard possède des paysages et un patrimoine naturel d'une grande valeur.

Vue d'ensemble sur "le cloître de montagnes" décrit par Jean Giono: Le Dévoluy...

Les contreforts de l'Oisans...

Le Vercors. (Mont Aiguille et Grand Veymont)
Seule une imagination défaillante limitera les possibilités de parcours offertes par un réseau de petites routes particulièrement vallonnées. Le Monteynard, La Motte d'Aveillans, Le collet de la Festinière, La Mure, le pont de Ponsonnas, le col Accarias qui marque l'entrée dans le Trièves, Mens, le col du Banchet, Lalley, Clelles, Lavars, le Pont de Brion, le col du Faux, Monestier de Clermont, le Collet Sinnard… quelques noms de localités peu connue qui résument mes 184 km et 2600 m de dénivelée dominical, vecteurs de bien être. Pourvu que ça dure. Le premier 200 km de la saison 2009 pointe bientôt le bout de son nez.

Porte d'entrée du Trièves: le col Accarias.

Le pont de Ponsonnas: Haut lieu du saut à l'élastique, et jonction entre le
plateau matheysin et le Trièves.
Le pont de Ponsonnas marque également le début du col Accarias, froid et escarpé.

Les gorges du Drac marquent la limite est du Trièves.

Les paysages campagnards ondulés du Trièves avec toujours
de hauts sommets à l'horizon.

Il y a une vie résidentielle de plus en plus visible dans le Trièves .
Bientôt la grande banlieue sud de Grenoble?

Pour le bonheur des cyclistes, les petites routes secondaires sont encore désertes.
Ici, montée à Lavars sur fond de Vercors.
07 février 2009
Rataman chez les helvètes.

Le mauvais temps gagne les vallées alpines.
La septième semaine d’entraînement s'achève depuis la reprise sérieuse , le moins que l’on puisse dire c’est que la patience et la ténacité des cyclistes sont mises à rude épreuve avec un hiver qui se défoule: froid, pluie, neige, vent… Demandez le programme, c’est du copieux, chaque jour révèle son lot de surprises. La nature dicte sa loi, nous payons l’addition des hivers précédents anormalement doux. Nous ne parlons plus de réchauffements climatiques mais de dérèglements climatiques.

la Croix de Revollat, un lieu remarquable sur le Balcon de Belledonne.
Heureusement il existe un outil incontournable pour palier aux caprices météorologiques : le home trainer. C’est contre nature pour quelqu’un qui aime s’évader sur les itinéraires montagnards, mais terriblement efficace pour améliorer la qualité du coup de pédale. Une fois n’est pas coutume, compte tenu de conditons excécrables, je me suis rabattu sur une séance de home trainer ce samedi, machine de torture qui reste désespéramment statique entre quatre murs, mais qui peut se révéler très ludique avec un peu d’imagination. Pour les photos de paysage c’est plutôt moyen, notre papier peint n’étant pas d’une qualité exceptionnelle, les illustrations de cet article ont été prises lors d’une sortie effectuée jeudi après midi dernier 5 février sur les pentes du Balcon de Belledonne, merci à l’aménagement du temps de travail

Le Balcon de Belledonne fait face au massif de la Chartreuse.
Au fond: la dent de Crolles avec le col du Coq qui permet de franchir la
ligne de crêtes sur la gauche.
Quelques données pour résumer mon état de forme actuel à l’issue de ces sept semaines écoulées:
- 0 pots de Nutella consommé, un exploit.
- Une consommation de chocolat raisonnée ! Effort nécessitant une concentration et une volonté permanente J « À la vache Milka et au Poulain je ne succomberai pas ! »
- Seulement 3 bouteilles de vin bues : Vacqueyras, Chirouble et Morgon.
- 500 km en moins par rapport à l’an dernier, les causes sont simples: une météo rigoureuse et un entraînement mieux conduit.
- 2,5 kg en moins sur la balance : un chiffre que je n’ai plus atteint depuis quelques années, et probablement l’un des points positifs de ce début d’année.
- Une sortie maximum de 6h pour 166km et 2500 m de dénivelée, c'est raisonnable comparé à mon Grenoble-La Ragne (201 km et 2 934 m de dénivelée en 7h22) effectué le 26 janvier l’an dernier.

Toujours la Croix de Revollat avec en arrière plan le St Eynard, le plateau du
Vercors et les crêtes de la Molière.

Les crêtes du St Eynard et Chamechaude dominent la vallée du Grésivaudan, Meylan,
Montbonnot, St Ismier.

Chamechaude, une silhouette familière pour le amateurs de la Chartreuse.
Conclusion : la méforme de fin 2008 ne sera bientôt plus qu'un souvenir lointain, mon corps s’adapte pour le mieux aux nouvelles orientations d’entraînement prodiguées par Stéphane Palazetti. Réapprendre à maîtriser son organisme en lui imposant de nouvelles contraintes, rester à l’écoute de ses ressentis, conduire un entraînement de manière cohérente est un réel plaisir qui génère confiance et sérénité. Il me reste 13 semaines pour être au niveau et faire le Tour de la Slovénie les doigts dans le nez, sur la roue arrièreJ. Et ce n’est pas la liste des cadors présents au départ qui s’allonge qui doit me perturber. Parmi les 41 inscrits actuellement il faudra compter sur: Jure Robic, Christoph Strasser, Marko Baloh, qui seront probablement au dessus du lot. Il faudra également surveiller Rob Kish, mes deux compagnons du Glocknerman : Thomas Ratschob et Eduard Fush, et le français Jean Marc Velez.

Le Balcon de Belledonne réserve de belles surprises.
Ci-dessus, le sommet de la bosse des Roussets qui peut être douloureuse pour
un cycliste cramoisi. Au fond, le Grand Colomb est gagné par le mauvais temps.

le Grand Colomb, une randonnée plaisante pour les grenoblois.

Le Grand Colomb, la vue au sommet ressemble à peu près à cela:
http://storage.canalblog.com/92/20/79944/31564672.jpg
Du lourd pour terminer 2009.
Je ne résisterai pas plus longtemps au plaisir de présenter le dernier objectif fixé pour la saison 2009. L’ultra fait des émules en France et en Europe, c’est une très bonne chose. Des organisateurs se mobilisent pour offrir un terrain de jeux de toute première qualité aux prétendants. La Suisse est un pays où la culture de la longue distance et de l’ultra est particulièrement développée, preuve en est les exploits réalisé par Andrea Clavadetscher, Daniel Wyss, Samuel Nagel, ou encore Thomas Ratschob. En surfant à droite et à gauche nous avions repéré la naissance prochaine d’un Tour de Suisse Ultra : le Tortour.
La bonne nouvelle est tombée fin 2008, l’organisation du Tortour est officielle pour 2009. Alors banco, du 21 au 23 août prochain, je vais m’offrir une belle séance de torture sur les routes du Tortour. C’est encore du lourd avec un parcours résolument montagnard, 1052 km et plus de 15 000 m de dénivelée. Après une première lecture du parcours, quelques difficultés se distinguent : La Fluela pass 2383 m, le Julier pass 2284 m, l’Oberalp pass 2044 m, le Gotthard pass 2108 m, le Nufenen pass 2478 m… Et comme d’habitude chez les helvètes, il faudra se méfier des conditions météorologiques qui pourront être très difficiles dans le massif Alpin et dans le Haut Jura.
Pour en savoir plus : http://www.tortour.ch/index.php?lx=3
Les grandes lignes de la saison 2009 sont désormais posées:
- La Race Across Slovenia du 7 mai au 9 mai 2009. (1 180 km, 14 000 m)
- Le Raid Provence Extrême en Grand Randonneur les 30 et 31 mai 2009. (560 km, 8 000 m)
- L’assistance de Dominique Briand sur la Race Across America du 13 juin au 29 juin 2009. (5 000 km... en voiture!)
- Le Tortour (Tour de Suisse non stop) : du 21 au 23 août 2009. (1 052 km, 15 000 m)

entre moyenne et haute montagne, tout le charme du Balcon de Belledonne.

Il y a du boulot sur la planche, fini de rêver, il faut maintenant concrétiser ce programme de la plus belle manière possible.
Je renouvelle encore une fois mes remerciements à tous ceux qui consultent ce blog. L’ensemble des commentaires que je savoure à chaque fois sont très souvent flatteurs, il faut que je surveille mon ego afin qu’il n’enfle pas démesurément. Ces témoignages de sympathie constituent avant tout une source de réconfort et de motivation lorsque les doutes et les difficultés rencontrées au quotidien s’accumulent. Un grand merci.

La vallée du Grésivaudan, Domène, avec au fond la cuvette grenobloise dominée par
Le sommet du Moucherotte (Vercors).

Nuages menaçants sur le Vercors sud.

Une autre silhouette familière des grenoblois, la Dent de Crolles.
25 janvier 2009
Patience et persévérance.

Les grenoblois n'aiment pas la ville mais aiment la prendre en photo!
Pour être performant, le cycliste endurant doit avant tout apprendre à être patient. Cette qualité se travaille au fil des ans au grès des expériences heureuses ou malheureuses. Tranquillement le cycliste endurant trace sa route de défis en défis, repoussant un peu plus la limite de ce qu’il pensait pouvoir faire. Les capacités de la machine humaine en matière d’endurance n’ont pour limites que ce que le cerveau dicte. Se remettre en cause sans cesse, persévérer, ne pas baisser les bras, y croire jusqu’au bout… Ces mots mis bout à bout sont d’une banalité consternante, mais constitue pourtant l’essence même de la pratique de la longue distance. Se lancer dans une épreuve dite « ultra » entraîne inévitablement nombre d’interrogations et d’inconnues parfois inquiétantes: en suis-je capable ? Est-ce que je vais me perdre ? Est-ce que le parcours est dur ? Quoi manger? Comment m’entraîner ? Quelles affaires prendre ? Quel braquet ? L’assistance ? La logistique ? Se lancer dans l’inconnu est source d’inquiétudes mais terriblement excitant.

St Nizier du Moucherotte, lieux hautement symbolique
pour l'entrainement des cyclistes grenoblois (17janv2009).
L’un des objectifs de l’entraînement sera d’apporter quelques réponses à ces inconnues : tester son organisme dans des situations inhabituelles, tester les stratégies alimentaires que l’on reproduira le jour J, apprendre à gérer ces émotions face à la fatigue… Le corps et le mental doivent être prêt à s’adapter au stress lié aux situations imprévues. Les meilleurs souvenirs se forgent parfois dans la difficulté.
Cet hiver 2009 est décidément capricieux, après les grands froids voici maintenant la pluie. Il est plus que jamais important de rester appliqué pour ne pas se démobiliser, patiemment faire ses gammes, les émotions du printemps et de l’été n’en seront que plus intenses. Dans ce contexte la mise à jour d’Unlimited Miles est relativement décousue, elle se fait à coup de billets d’humeurs écrits un peu n’importe comment. Alors parce que je ne me lasserai jamais de l’esthétisme d’un paysage de montagne, parce que je manque d’inspiration pour faire un suivi linéaire de mes entraînements, voici quelques clichés pris lors de mes dernières sorties entre plateau Matheysin, Trièves et Vercors.

A l'extrémité nord du Plateau Matheysin, St Jean de Vaulx (17janv2009).

Une agglomération si proche des hautes montagnes est fascinante.

Le plateau de Lans en Vercors dominé par le massif du Moucherotte (17janv2009).

La route du Monteynard en direction de La Motte d'Aveillans.
Les précipitations de la veille ont mis beaucoup de neige en altitude.
(25janv2009).

Les contreforts de l'Oisans sont étincellants au dessus du plateau matheysin.
(25janv2009)

Rouler en hiver n'est pas dénué de charmes!

Pierre Châtel bloti sous la neige, sous l'imposante masse du Tabor (2390m).
25janv2009

Les lacs de Laffrey.
De la Provence aux USA: des nouvelles expériences.
Comme promis, voici la suite des temps forts de la saison 2009.
J’ai débuté l’ultra en 2005 sur le Raid Provence Extrême, j’avais tout à apprendre, Laure était toute seule à l’assistance, nous avons découvert l’ultra sur le terrain à la dure ! Cette discipline était encore loin de susciter l’intérêt et la convoitise que l’on peut lire sur les différentes plates formes de communication du web. J’ai longuement décrit sous toutes ces coutures la suite de mon parcours dit « ultra » sur les pages de ce blog.
Les années passent et, rien à faire, je reste profondément attaché au Raid Provence Extrême, difficile de me résoudre à ne pas arpenter les routes de Provence durant la nuit du week-end de Pentecôte.
Après avoir roulé sa bosse sur deux Wysam et deux DFU, Laure éprouve maintenant le désir de passer au format supérieur, ce qui est légitime après m’avoir suivi à coup de parts de flanc et de cake durant 4 ans sur le RPE! Alors, après de longues discutions, nous avons pris la décision de nous lancer dans une participation commune au RPE : tout les deux sur le vélo en autonomie. Ensemble ou chacun à son allure, la question n’est pas encore clairement tranchée. La formule Grand Randonneur existe pour permettre une approche différente de l’ultra, la problématique sera différente, et les enseignements probablement passionnants. 3 semaines après la Race Across Slovenia, rendez-vous le samedi 30 mai à 10 h à Bédoin pour un périple de 607 km, 9 000 m de dénivelée et beaucoup d’émotions à la clé.
http://www.velo-concept.com/?pg=articles&rub=5&cat=14&id=1514&lang=

Le Verdon, l'un des moments forts du RPE.
Cette attirance pour les défis au long cours est quelque chose qui a germé progressivement dans mon esprit. Dominique Briand est sans aucun doute la personnalité qui m’a le plus influencé pour passer à l’acte. Si j’ai participé en 2005 à la Rata, c’est en partie grâce à lui et à sa présence dans mon assistance. 2009 sera une très grande année pour Dominique. En effet, il s’attaque au graal des ultras : la Race Across America en solo, c'est-à-dire la traversée des Etats-Unis d’Ouest en Est, soit 5000 km non stop à effectuer en 10 jours. Alors quand Dominique nous a proposé de faire partie de son équipe d’assistance, nous n’avons pas hésité. Nous serons 10 personnes au total pour aider Dominique dans son défi démentiel : Anne-Marie Chaize-Briand, Fanny Bassetti, Thierry Saint Léger, Hervé Talabardon, Sébastien Talabardon, David Pauthier, Eric Roussillon, Gisèle Russias, Laure et moi-même. Une grande aventure humaine et sportive nous attend. Une expérience vers l’inconnu qui devrait m’apporter certaines réponses quand à ma volonté de tenter un jour une épreuve d’une telle ampleur. Du 17 juin au 27 juin 2009, le Crazy Gone part à la conquête de l’Est !
Après ce break personnel sur le plan sportif, Je n’en aurai pas fini pour l’ultra en 2009.
A suivre
10 janvier 2009
Les affaires reprennent!
Une nouvelle saison débute avec son lot de projets plus ou moins fous!
2008 a été une année très dense et riche en enseignements. Des instants forts ont côtoyé des petites déceptions. J'aurai aimé être plus fort, mais le sport nous apprend à rester à notre place et à nous remettre sans cesse en cause. J'aime cette incertitude de la machine humaine et du sport, j'aime m'entraîner en vue d'un objectif difficile à atteindre, je suis accroc au vélo. J'ai bien peur de ne pas être guéri de si tôt! Années après années, quelque soit la saison, le vélo c'est du plaisir sans cesse renouvelé... Comme une tartine de nutela qui n'aurait jamais de fin!
Voilà déjà trois semaines que l'entraînement a repris sérieusement. 2009 s'annonce comme une année de rupture, de changement, alors pour nous surprendre la nature a décidé de nous offrir un véritable hiver. Nous l'avions oublié, l'hiver il fait froid et il neige, surtout quand on habite à proximité des montagnes. Monter des cols en petite tenue au mois de janvier comme les années précédentes était exceptionnel, voir inquiétant. Alors gardons le bien en tête: la normalité c'est de se peler en hiver!
Si le cycliste endurant doit être avant tout patient, il doit également apprendre à s'adapter. Alors je m'adapte, j'empile les couches pour me métamorphoser en espèce de monstre qui serait issu du croisement entre Casimir et Bibendum Michelin, et roule ma poule. La chance de pouvoir pédaler, même dans une atmosphère gelée, est immense. Comment expliquer ce plaisir ressenti lorsque je m'évade sur les routes, je me sens libre, je me sens vivre.
2009, une année de changement ? Quel sera la programme ?
Le premier grand rendez-vous sera européen: cap à l'Est vers la Slovénie, un petit pays peu connu des français, issu de l'ex puzzle yougoslave. Située sur le versant Sud-est des Alpes, entre Méditerranée et Europe Occidentale, la Slovénie est un pays haut en couleur marqué par ses richesses naturelles. La diversité des paysages y est, parait-il, surprenante. En peu de temps, on passe des sommets enneigés des Alpes Juliennes au petit littoral adriatique aux accents vénitiens.
Le 7 mai 2009 partira la 3e édition de la Race Across Slovenia, l'épreuve Ultra européenne qui monte. Le programme est plutôt copieux avec une distance de 1 185 km en non drafting pour une dénivelée de 14 000 mètres. Une cinquantaine de concurrents sont attendus au départ, avec de nombreuses têtes d'affiche et quelques figures emblématiques de l'ultra international. Pour la première fois je vais voir à l'oeuvre Jure Robic, l'homme fusée qui traverse les États Unis en vélo d'Ouest en Est en 9 jours (http://www.jurerobic.netwww.jurerobic.net/index.php?id=83).
Tout est prévu pour faire de la RAS un évènement ultra de tout premier ordre: organisation professionnelle, suivi médiatique, suivi gps en temp réel des concurrents... Le départ s'effectuera à partir de 21h façon Tour de France, chaque concurrent s'élançant sur la rampe de lancement toutes les deux minutes pour un immense contre la montre. L'épreuve a été remportée en 2008 par Jure Robic en 40h29 soit 29,2 km/h de moyenne. Mon objectif sera...plus modeste.
Pour en savoir plus sur la RAS: http://www.dos-extreme.siwww.dos-extreme.si/ang_web/index_ang.html
Le décor est planté, il ne me reste plus qu'à me donner les chances pour arriver au bout de mes ambitions. Le temps est maintenant compté pour arriver en forme dans 17 semaines. Je pourrai encore compter sur la précieuse aide technique de François Kérautret . Disposer d'un matériel de grande qualité et surtout pensé pour la longue distance est un atout considérable, le Road Burner va pouvoir s'exprimer. Puis grande nouveauté en 2009, j'ai décidé de bouleverser mon approche de l'entraînement en collaborant avec Stéphane Palazzetti, spécialiste de l'effort longue distance, Docteur ès Sciences de l’Université de la Méditerranée (Aix-Marseille II) en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS), mention « Sciences du Mouvement Humain », spécialisé en physiologie de l’exercice musculaire et en nutrition sportive.
Ce changement d'orientation peut paraître surprenant, mais après 4 ans de tâtonnements en matière d'entraînement ultra et un temps disponible qu'il faut gérer consciencieusement, j'ai besoin d'être conseillé. Pour rassurer les fidèles d'Unlimited Miles, l'esprit de ce blog restera fondamentalement le même: grands espaces, images et émotions à gogo. Alors la suite de l'histoire s'écrira sur la route.
A suivre...
Bonus du dimanche soir!
Récompense suprême aujourd'hui pour les cyclistes qui aiment prendre de l'altitude. Brouillard givrant et températures négatives toute la journée sur la cuvette Grenobloise. Il suffisait de faire quelques kilomètres et de s'élever de deux cent mètres pour découvrir un spectacle superbe. De quoi recharger les accus et faire le plein de lumière avant d'attaquer une nouvelle semaine.

Au dessus de St Barthélémy: sortir de la crasse est toujours un instant d'émerveillement.

La montée vers l'Arzelier innondée de soleil.

Tempête de ciel bleu sur la muraille est du Vercors.
Massif des Deux Soeurs et de la Grande Moucherolle.

Ambiance hivernale au dessus de Prelenfrey.

La descente sur St Guillaume est pour l'instant bien praticable.

Ce secteur peu fréquenté du Vercors est parfois comparé aux Dolomites.
01 janvier 2009
Bonne Année 2009
24 novembre 2008
Souvenirs d'été...
C'est maintenant une évidence, l'hiver est arrivé! Il faut se résoudre à braver les caprices de la météo si l'on désire conserver une condition physique acceptable. Avec une bonne dose de motivation et des objectifs dans la tête, tout est possible. Alors pour se donner un peu de coeur à l'ouvrage, rien de tel que de se remémorer quelques bons souvenirs d'été. Voici quelques lignes et quelques images en guise de souvenirs d'un beau dimanche 3 août 2008.

Au coeur des Alpes de Haute Provence, en montant au col de Fontbelle.
Pour un cycliste acharné, un week-end bien rempli est en général synonyme de lundi difficile au boulot. Rien de tel que cette sensation semi comateuse, les jambes explosées, quand le simple fait de se déplacer de son bureau vers la cafetière devient une épreuve redoutable. On prie pour ne pas avoir de réunion ce jour là! En pleine saison estivale, lorsqu'il fait bon rouler jusqu'à plus de jus, les lundi matin au boulot sont souvent douloureux!
Restant fidèles à nos choix de vie légèrement décalée, nos sorties couples peuvent prendre parfois l'allure de raid au long cours, s'éloignant sensiblement de la petite sortie dominicale avant le repas de midi. Je garderai longtemps en mémoire cette formidable escapade en pleine chaleur estivale à travers les Hautes Alpes et les Alpes de Haute Provence.
Tout a commencé par un itinéraire sommairement tracé sur la carte la veille d'un beau week-end que nous avions prévu de passer à Ancelle, au dessus de Gap: "Il y a un chouette tour à faire en allant vers Digne en passant par Selonnet, le col du Fanget, la clue de Barles, puis en revenant par le col de Fontbelle, Sisteron et La Motte du Caire. Puis ça pourrait être sympas en partant d'Ancelle…"
Partir d'Ancelle, cela veut dire commencer par une belle descente sur Gap, mais surtout terminer la journée par le col de Manse, une grimpée de 10 kms et 600 m de dénivelée qui peut s'avérer redoutable quand il n'y a plus d'essence dans le moteur. Si je réalise quand même que la boucle fera plus de 200 kms, je n'ai aucune idée de la dénivelée. Laure semble tout de suite complice, et de toute façon la météo annoncée ne peut que pousser à commettre ce genre de délit.
Dimanche 3 Août, La Motte du Caire, en cette belle fin d'après midi surchauffée nous n'avons pas pu résister à l'appel d'une terrasse ombragée. Moi qui d'habitude limite au maximum les temps d'arrêt sur les longues sorties, j'ai craqué. Il faut dire que depuis Sisteron nous sommes littéralement scotchés au bitume, assommés par une chaleur sournoise. La boisson dans les bidons s'apparente à un breuvage tiédasse infâme, les pieds sont en état de cuisson avancée, le cuissard est maculé de traces de transpiration signe de la déshydratation qui guète. A l'affût de la moindre portion ombragée sur la route, nous rêvons d'un bon coca frais. Notre état oscille entre bien cuit et cramoisi, alors sur la route du col de Sarraut, La Motte du Caire et ses terrasses de café se présentent à nous comme on trouve un oasis en plein désert. Arriver dans un bar en fin d’après midi, complètement dépouillé par la fringale, avec une démarche élégante procurée par les chaussures cyclistes qui font clac clac pour supplier un pauvre sandwich: quel cycliste n’a pas connu ce superbe moment de solitude ?

superbe panorama entre Authon et St Geniez
Nous voila attablé Laure et moi sous l’ombre appréciable d’un platane, le coca a été bu cul sec, la patronne nous a trouvé un bout de baguette et une tranche de jambon pour confectionner un sandwich que nous dévorons sous l’œil amusé des locaux et des quelques touristes qui flânent dans les rues de La Motte du Caire. J’aime particulièrement ces instants où je me sens en décalage complet avec la vie normale. Nous pédalons depuis ce matin 9h avec une seule chose en tête : profiter au maximum de cette magnifique journée. Le compteur approche la barre des 200 kms et il doit nous rester encore un peu plus de 50 kms pour remonter à Ancelle avec deux cols. Il est environ 17 heures, j’ai perdu la notion exacte du temps qui s’est écoulé, et il faudra rentrer à Grenoble ce soir une fois la randonnée terminée. Une seule chose est sûre: nous ne serons pas à l’heure à la maison pour regarder stade 2 à la télé! Nous dégustons ces instants, laissant le temps s’écouler agréablement dans la torpeur d’une journée estivale.
« Ça te dit une glace ? » Me demande Laure.
« Oh oui ! » Et la voilà qui revient avec deux superbes magnums chocolat avec nappage chocolat. Et si c’était ça le bonheur, profiter de l’instant présent sans envisager la suite. Nous savons pertinemment que la remise en route dans le col de Sarraut risque d’être compliquée sur le plan digestif, et ne parlons pas de la remontée sur Ancelle !

départ à la fraiche dans le Champsaur
Cette journée a débuté dans la fraîcheur matinale du Champsaur. Le plateau d’Ancelle et ces champs d’or sont toujours un émerveillement pour le cycliste qui ouvre les yeux. Le spectacle est somptueux dans un ciel d’une limpidité incomparable: le massif du vieux Chaillol au nord, le Dévoluy droit devant à l’ouest et le gapençais au sud. Après un réveil musculaire dans le Col de Manse, une méchante petite bosse d’à peine un kilomètre quand on vient d’Ancelle qui possède le don de faire systématiquement mal aux jambes, nous nous laissons glisser dans la descente sur la Bâtie Neuve. Cette route est chargée d’histoire. Si elle voit les concurrents de l’Alpigap s’expliquer chaque année, elle fut également lors de la 9e étape du Tour de France 2003 la rampe de lancement pour Alexandre Vinokourov, avant de basculer victorieusement dans la descente sur Gap. Celle-ci fût marquée par le célèbre épisode de la chute de Beloki suivi de l’exercice de cyclo-cross de Lance Armstrong.

Paysage de bocage montagnard entre Selonnet et Seyne.
Nous roulons sur un train de sénateur le long de la route des fruits et des vins : la vallée de l’Avance, le val de Durance, Valserres, Remollon, Espinasse. Autant de lieux agréables à parcourir où l’esprit vagabonde au grès des variations de pente. Une petite pensée au carrefour indiquant la direction du Mont Colombis, cet épouvantail est un monstre que tout cycliste devrait posséder à son tableau de chasse. La traversée de la Durance s’effectue après Espinasse, nous délaissons la route du col Lebraut puis la D900b menant à Barcelonnette trop fréquentée, pour aborder la longue montée des Gorges de la Blanche sur Selonnet. Cet itinéraire déroule une longue pente à faible pourcentage à travers un étroit défilé étonnant qui évoque tout sauf la couleur blanche. C’est à travers ces gorges que la Blanche, appelée aussi à cet endroit "Le Rabouis" qui veut dire l'enragé, va rejoindre la Durance.

Les gorges de la Blanche sont tout sauf blanche!
A Seyne les Alpes, nous quittons la route principale de Digne pour emprunter le col du Fanget (1459 m), confidentiel et sportif. Seulement 4 kms et 300 m de dénivelée, mais quelques surprises à 10% procurent un peu de piment à l’ascension. La suite de l’itinéraire est un véritable régal. La longue descente de la vallée du Bês nous offre une véritable leçon de géologie à travers la Clue de Verdaches et la Clue de Barles. Le travail de l’eau au cours des millénaires a ouvert les entrailles de la terre, proposant ainsi un itinéraire à couper le souffle aux voyageurs qui traversent les lieux sans se douter des forces géologiques phénoménales mises en œuvre pour aboutir à un tel paysage.
le passage spectaculaire de la clue de Barles
Seuls les bises montantes et la température en pleine inflation viennent perturber notre progression jusqu’à Digne. J’ai également la certitude d'avoir les jambes explosées aujourd’hui, le cardio plafonne à des intensités ridicules alors que les quadriceps me renvoient des sensations douloureuses, comme si je voulais gravir le Galibier sur la plaque. Au titre des explications possibles :
- Un brin de fatigue suite à l’enchaînement RPE/Glocknerman/RATA/REV ? Non, impossible !
- Carbonisé par les coups de soleils après les quatre heures de bronzing au lac la veille. Oui, ça me va mieux comme explication !
Laure ne se plaint pas, continuons à rouler comme si tout allait bien.
A la sortie de Digne, nous abordons la modeste ascension du Pas de Bonnet (886 m). La température est devenue carrément suffocante. Dans la traversée de Champtercier, nous prenons d’assaut la fontaine du village qui offre un abri ombragé. Tout y passe, la tête, les pieds, les chaussettes, de toute façon d’ici 5mn nous serons à nouveau lyophilisés sous le soleil.

Thoard, un village qui semble sorti de nulle part
Village hors du temps, Thoard annonce le début de l’ascension du col de Fontbelle (1304 m). Véritable déclaration d’amour au vélo, ce col est un condensé de bonheur pour cycliste. Une petite route déserte dans un paysage grandiose où la géologie a encore fait des prouesses pour offrir spectacle visuel de toute première classe. Emprunter cet itinéraire, c’est comme ouvrir un livre et se laisser envoûter par l’histoire qu’il nous conte. Le col de Fontbelle a été parfaitement mis en valeur lors de la « Super Rando Giono » réalisée par Sophie Matter cet automne. Il devrait sortir de l’anonymat en 2009 en accueillant la toute nouvelle cyclosportive « la Sisterone ». Les collectionneurs de cols auront la surprise de franchir le col d’Hysope avant d’atteindre le sommet de Fontbelle proprement dit, lieu bucolique dévoué à la tranquillité.
Si le versant sud apparaît chaleureux et boisé, la longue descente du versant nord est austère, taillée dans le roc, propulsant celui qui s’y aventure dans un monde minéral forgé par le temps. Authon, St Géniez, ces villages semblent surgir d’une autre époque. Encore uns fois Sophie Matter a su trouver les mots juste pour nous imprégner de la magie de ces lieux : « Cette route, baptisée «Route du Temps», traverse une réserve géologique où l'on peut observer diverses curiosités, signalées par des panneaux pédagogiques. Ce sont tantôt des schistes qui rident les falaises, tantôt d’énormes rochers échoués sur l’herbe comme des baleines, tantôt des monts ravagés par l’érosion, on dirait des amoncellements de lave pétrifiée, des corons géants qui se fissurent, où s’accrochent par miracle quelques pins tortueux. »

Versant sud du col de Fontbelle

les crêtes de Géruen, vues du sommet col de Fontbelle

Un festival de formes géologiques dans la descente de Fontbelle sur Sisteron.
Patiemment nous avons négocié l’obstacle, ne négligeant aucune fontaine pour nous asperger copieusement. En arrivant sur Sisteron la Route du Temps pourrait être rebaptisée la route du feu. La désagréable impression de mettre la tête dans un four nous assaille en perdant de l’altitude. Un coup d’œil sur la citadelle de Sisteron et nous repartons vers le Nord par la D951, Nibles, la Motte du Caire… L’asphalte colle aux boyaux, la bouche est pâteuse, le ravitaillement dans les poches s’est transformé en infâme gloubiboulga ramolli par la chaleur, la transpiration et les aspersions successives. Voilà comment on se retrouve attablé à un bar PMU un dimanche après midi à La Motte du Caire, village tristement connu pour la sordide affaire du meurtre de la petite Céline Jourdan en 1988 !

un accent provençal très marqué dans les vallées
En temps normal, le col de Sarraut (980m) est une simple formalité. Aujourd’hui, après notre pause bistrot, j’ai l’impression de tirer un tracteur. Il faut que j’use de psychologie pour ne pas faire comprendre à Laure que je suis planté, cela pourrait la faire douter pour la remontée sur Ancelle, et de toute façon nous n’avons pas le choix il faudra être au boulot demain matin ! La descente sur Gigors et Bréziers nous apporte un brin de fraîcheur appréciable, d’autant plus que le soleil commence à décliner à l’horizon. Le retour sur Gap s’effectue par les axes principaux du Val de Durance puis des gorges de la Luye. L’art de rentrer chez soit quand on est cuit repose sur la science du train, nous avons choisi l’itinéraire le plus plat possible et heureusement Laure est là pour me rappeler à l’ordre lorsque je m’emballe trop. Nous voilà enfin à Gap, il ne reste plus que 16 kms, une bricole sauf qu’il faut remonter le col de Manse par Romette. Vu notre état de fraîcheur les 10 kms d’ascension et les 600 m de dénivelées ressemblent un peu à la portion de gâteau de trop après un repas déjà copieux. Lors de nos sorties couples, en montée c’est chacun pour soi ! Aujourd’hui ça sera chacun sa galère. Dès les premières pentes je réalise que je vais devoir me contenter de vitesses très modestes, je me console avec les paysages du gapençais dans cette lumière superbe de fin de journée. Plongé dans mes pensées qui vagabondent, je me rends compte que je suis en train de rattraper un couple de cyclistes qui s’applique à mouliner dans la pente. En me rapprochant je réalise que celui que je suppose être le mari tracte une carriole bien chargée. L’instinct cycliste a dû le pousser à se retourner, il m’aperçoit et dit à sa compagne : « Attention on va se faire enrhumer ! » Une fois à leur niveau, un peu gêné car je suis loin de monter comme un avion, je leur adresse quelques encouragements. Puis par manque de lucidité, ou trop cuit pour entamer une discussion, je poursuis mon ascension. Ce qui devait arriver arriva, l’homme tractant la carriole accélère pour prendre ma roue durant quelques hectomètres. Surpris, je ne sais pas trop comment réagir, alors je m’efforce de donner l’impression que je suis facile alors que je suis à bloc (que c’est bête un cycliste !). Ce qui est sûr c’est que j’ai pris un sacré coup au moral et une belle leçon d’humilité dans cette affaire.

Au sommet du col de Manse, la vue est superbe sur le bassin gapençais
Le sommet du col de Manse m’accueille dans une explosion de couleurs, les charmes du Champsaur sont sublimés par la luminosité de cette belle fin de journée estivale. Demi-tour pour aller chercher Laure, nous terminons cette journée ensemble. Les 6 derniers kilomètres sur le plateau menant à Ancelle s’effectuent dans la fraîcheur, portés par un sentiment de bien être et de bonheur procuré par cette journée bien remplie. Certes les jambes sont douloureuses, mais la tête est dans les étoiles. Nous avons partagé ensemble près de 250 kms et 4 000 m de dénivelée, c’est grave docteur ?

le Champsaur sous le regard du massif du Vieux Chaillol
Il est presque 20 heures lorsque nous réintégrons l’appartement. Le plus dur reste à faire : ranger les affaires et rentrer à Grenoble. Nous aurons encore une fois une bonne excuse pour être crevés lundi matin au boulot !

















































