Unlimited Miles

cyclosportives, ultra et randonnées

29 juillet 2009

Rasrperaam!

A
Once upon a time in the West...

   

Drôle de titre pour relancer Unlimited Miles, à l'image d'une drôle de saison que j'aimerai bien relancer également. Si le vélo est un sport accessible et populaire, il est avant tout l'apprentissage de l'humilité. Pour celui qui se fixe des challenges ambitieux à atteindre, qu'ils soient compétitifs ou non, la difficulté de l'effort renvoie immédiatement l'individu à la réalité de ses capacités.

Le vélo est un vaste univers où les formes de pratiques, les philosophies, les idéologies, se croisent, s’enrichissent, se rejètent où s’ignorent. Chaque individu trouve une part de bonheur dans son approche du vélo, qu’il soit randonneur, compétiteur, touriste, flâneur… Quoi de plus idiot que cette phrase entendue fréquemment  dans le microcosme cycliste :

« Moi je roule pour le plaisir ! »

Faudrait-il opposer ceux qui roulent pour le plaisir et ceux qui roulent pour se faire ch… ?
L’une des richesses du cyclisme réside dans la diversité des personnalités que l’on croise au grès de ses pérégrinations. Alors pour rigoler un peu, et pour alimenter cet article fourre tout, voici une classification caricaturale et humoristique des différents profils que l’on peut croiser sur les routes :

- Les surdoués qui n'ont jamais mal, et/ou qui roulent peu pour être bon. Catégorie très énervante !
- Les surdoués qui roulent beaucoup, mais qui ne le disent pas. Catégorie énervante également mais surtout amusante.
- Les surdoués qui roulent beaucoup et qui le disent. Catégorie qui suscite l’admiration.
- Les flemmards qui ne roulent jamais et qui en bavent, ceux-là savent pourquoi ils sont scotchés au bitume. Catégorie qui rassure les autres.
- Les besogneux qui doivent beaucoup rouler pour avoir le droit de se croire bon et en baver. Un jour ou l'autre ils sont scotchés au bitume et ne savent pas pourquoi.
J'ai encore eu la preuve cette année que j'appartenais à ce groupe.

De cette classification sommaire se dégagent plusieurs types de personnalités :
- Le vrai bon, qui sait qu'il est bon, et qui reste modeste.
- Le vrai bon, qui sait qu'il est bon, et qui se la pète.
- Le vrai bon, qui ne sait pas qu'il est bon, et qui en général demeure modeste.
- Le faux bon, qui pense être bon, et qui se la joue modeste.
- Le faux bon, qui pense être bon, et qui se la pète.
- Le vrai mauvais, qui ne sait pas qu'il est mauvais, et qui en général se la pète. Cette catégorie est assez similaire à la précédente, à la nuance près que le vrai mauvais est toujours mauvais et que le faux bon et parfois bon.
- Le vrai mauvais, qui sait qu'il est mauvais, et qui en général se la joue profil bas.

Bien entendu, ce délire est à prendre au deuxième degré, toutes ressemblance avec des personnages existants ou ayant existés n'est que pure coïncidence.

Même si 2009 n'est pas encore terminée, cette fin de décennie ne restera pas dans ma mémoire sur le plan sportif. Avec pour l'instant une gamelle à la Bisou et un DNF en Slovénie, j'ai connu des années plus glorieuses. Peu importe, si je dois ne conserver que le positif, 2009 restera une année enrichissante marquée par des expériences nouvelles.
 

rasrperaam2
Du Karst Slovène au petit matin...
 
B
... en passant par le Mont Ventoux...
 
C
...et Monument Valley!

Ta RAS en Slovénie.

Après l'enchaînement délirant  RPE, Glocknerman, RATA et REV effectué en 2008, j'étais persuadé que plus grand-chose ne pouvait me pousser à l'abandon. Et pourtant début mai sur la Race Across Slovenia, c'est vers le 700e kilomètre que je jetais l'éponge après une succession infernale de bosses dans les vignes du côté de Maribor.

Cette scène étrange restera longtemps gravé dans ma mémoire. Pour la troisième fois en peu de temps je m'arrête sur le siège avant du C8 pour fermer les yeux, encore un prétexte pour ne plus avoir mal pendant une vingtaine de minutes. Je me bats depuis près de 24 heures avec des douleurs tendineuses au mollet droit et au genou gauche, à cela s'ajoute une main gauche qui ne répond plus. Perte de mobilité des doigts, tendinites, c'est la totale, l'expérience de la longue distance avec un seul membre valide n'est pas ce qu'il y a de plus agréable. J'ai réussi à maintenir un rythme honorable pendant 450 km, mais depuis la fin de journée c'est sauve qui peut. Où le corps et le mental trouvent-il les ressources pour continuer? A quoi tout ce cirque rime t'il ? Pourquoi s'imposer de telles douleurs?

Je n'aime pas parler de souffrance sur une ultra. La souffrance est quelque chose que l'on subit, une maladie, un accident, une peine profonde… Le terme "douleur" correspond mieux à ce que l'on endure sur une ultra: mal aux jambes, aux pieds, aux fesses… Il suffit de dire stop, et les douleurs cessent. Nous maîtrisons ce que nous nous infligeons, inutile de se plaindre car nous sommes complices de nos douleurs. La douleur fait partie du plaisir, on l'apprivoise, on s'y habitue, on apprend à la contrôler. Mais lorsque la douleur devient souffrance, il est temps de se poser les bonnes questions.

Laure et Gisèle attendent patiemment à l'arrière du C8 tandis que Bertrand se caille dehors allongé sous un abri bus. Je ferme les yeux mais impossible de trouver le moindre réconfort, les doutes m'assaillent. Le silence profond n'est interrompu que par le bruit des  quelques concurrents qui nous dépassent. Cela fait déjà bien longtemps que je me contre fiche du classement. Il est temps de faire le point:

"Bon, il nous reste combien? 500 kilomètres environ?"
"Oui c'est ça!"
"A mon rythme j'en ai pour pas loin de 24 heures! Vous vous sentez capables de tenir encore une journée?"
"Oui, pas de problème, ne t'inquiète pas!"
" Bon alors je repars."

Le mental a encore une fois repris le dessus. Je m'extirpe du C8, Bertrand ouvre un œil, je tente quelques pas pour satisfaire un besoin naturel et je manque de m'étaler sous la douleur du genou. Check-up mental rapide de la situation, jusqu'à présent je n'avais pas admis que l'abandon était la plus sage des décisions, et en une fraction de seconde cette solution me paraît subitement inévitable. J'ai tenté ma chance sur le RAS et je me suis planté, il faut l'admettre. Dégrafer le casque et éteindre les lumières, deux gestes simples qui veulent dire stop.

Abattu je me tourne vers Laure:
"Voilà, ça sera Did Not Finished!"
A mon grand étonnement elle ne proteste pas.

Abandonner n'est pas une solution de facilité. Si sur l'instant on met fin à nos douleurs immédiates, on sait pertinemment qu'il va falloir gérer "l'après". Et même si tout cela n'est que du sport, il n'est jamais facile de digérer un échec sur un événement que l'on a préparé à 150% durant quatre mois. Je pourrai me trouver X raisons qui m'ont conduit à cet abandon, je préfère me contenter de :" Cela n'a pas fonctionné comme je le voulais, c'est tout!"

 

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Traversée des Alpes Julienne en Slovénie, col de Vrisc.

Le juste prix.

En pleine crise du pouvoir d’achat, dans un contexte où le prix des épreuves sportives est souvent montré du doigt, à quoi avons-nous droit pour 200 euros d’inscription. Revue de détails :

- En cadeaux de bienvenue :  un T-shirt, un maillot cycliste aux couleurs de la RAS, des bidons géants, et quelques bricoles très utiles genre poster, baume pour les lèvres, porte clés…
 
- Avant la course : Un Road Book très détaillé et compréhensible, un briefing technique, un diner en grandes pompes avec musique (bruyante), tirage au sort des horaires de départ en présence des coureurs lors du repas, contrôle technique des véhicules d’assistance et des vélos.
 
- Pendant la course : Un départ grandiose en début de soirée en plein centre de Postojna, les concurrents s’élancent toutes les deux minutes sur une rampe digne du Tour de France avec musique tonitruante et projecteurs hollywoodiens, 12 contrôles officiels, un suivi GPS des concurrents en temps réel, et des commissaires officiels et banalisés qui veillent au respect du règlement. Un décryptage de ce dernier révèle l'importance accordée à l'éthique et à la sécurité : non drafting obligatoire, respect du code de la route (interdiction absolue de bruler les feux), et assistance rapprochée obligatoire, même pour aller faire pipi.
 
- Après la course : je n’en sais rien, je n’ai pas eu la possibilité d’aller jusque là. Des récompenses en argent sont accordées aux différents vainqueurs masculin et féminin, sujet sensible, on aime ou on n’aime pas. Pour ma part cela ne me choque pas. L’Ultra se pratique en Europe de l’Est dans un contexte radicalement différent de ce que nous connaissons en France. Les épreuves mettent en place une communication conséquente auprès des médias, les athlètes qui y participent sont reconnus sur le plan international et vivent parfois de leur pratique sportive. L’esprit de compétition y est clairement affirmé, et de ce fait la RAS s'adresse à des ultras possédant un minimum d’expérience. On peut déplorer que la RAS soit une épreuve axée sur la performance avec les travers que cela entraîne (récompenses, classements, compétition, athlètes semi professionnels, sponsors avec enjeux financiers, grand show, communication à l'échelle nationale...), laissant peu de place à une convivialité bon enfant, et pourtant on ne peut pas nier que le Fair-play et le respect restent des valeurs fondamentales mises en avant par les organisateurs.

Entre les 50 euros du REV, convivial à souhait, avec saucisson et cancoillotte, road book à tracer soit même, les 150 euros du RPE avec course d'orientation et paella géante, les 200 euros de la RAS avec la totale, les 400 euros du Glocknerman et de la RATA avec des contrôles à effectuer soit même via SMS et 10 000 euros de primes remises aux 10 premiers, le spectre du rapport qualité prix sur les épreuves dites Ultra en Europe est large. A nous de bien déterminer ce que nous recherchons en nous engageant sur une épreuve Ultra, l'organisateur propose, les concurrents disposent. Les moyens logistiques et humains mis en œuvre, les contextes culturel et financier, sont tellement disparates  d'une épreuve à l'autre que le débat du juste prix ne peut qu'engendrer des débats passionnés. Participer à une Ultra implique un coût financier conséquent entre l'inscription, le voyage, l'hébergement, la logistique, la préparation... Cette démarche doit rester un choix et non un sacrifice sur le plan financier même si il implique de faire des concessions. Jusqu'à présent je n'ai encore jamais regretté ce choix.

On peut également décider de se lancer sur de tels parcours en autonomie totale, sans tambours ni trompettes, l'expérience sera tout aussi enrichissante et remarquable et le coût fianncier nettement plus modeste. Les débats sur la pratique de la longue distance sont infinis, signe que cette forme d'effort est séduisante et engendre désir, envie, mépris ou indifférence. A nous de définir ce que nous recherchons en nous engageant sur une épreuve dite Ultra.

 

E
Glass Elevator: entrée dans le désert de Californie.

Le RPE et la RAAM en thérapie.

Après une grosse désillusion, l'envie de tout arrêter est une réaction prévisible. Entre les pépins physiques, les doutes, la période post RAS restera marquée par une profonde incertitude. Comment remonter la pente? Tout arrêter n'est pas une solution si c'est pour nourrir des regrets à l'infini.

Les expériences du RPE avec Laure, et l’assistance de Dominique sur la RAAM ont constitué des occasions rêvées pour prendre du recul, tout en marquant un temps d’arrêt dans une pratique frénétique et addictive. A la sortie je constate que ma dépendance aux sports d’endurance est loin d’être en voie de guérison.

Le Raid Provence Extrême c’est 580 km de paysages grandioses: le Ventoux, le plateau de Valensole, le Verdon, le Vaucluse, le Luberon, les Alpilles… une ballade hors du temps avec des sensations uniques procurées par la lumière et les senteurs provençales.
Nous nous sommes engagés au RPE cet hiver, Laure et moi, en formule Grand Randonneur. Laure a préparé cet objectif patiemment pour s’offrir et vivre une première expérience sur une épreuve au format ultra. Alors malgré un physique chancelant, un mental au fond du trou, des avis qui me disent « non », comment aurais-je pu refuser cette invitation à l’évasion en partageant le RPE avec Laure ?

 

F
Au dessu d'Aiguines, le RPE aborde les Gorges du Verdon et pénètre
dans une nouvelle dimension.

Nous avions initialement prévu de faire le RPE chacun à notre allure. La décision de le faire ensemble a été prise le matin même en rejoignant le départ en voiture :
« Laure, est-ce que ça t’embêtes si je roule avec toi ? »
« Non,  tu fais ce qu’il te semblera le mieux pour toi. »
Voilà comment on se retrouve à passer une nuit blanche sur un vélo avec sa femme. Nous n’avons pas beaucoup parlé durant ces 580 kms, mais que d’émotions.

 

G
Les Gorges du Verdon, suspendu entre ciel et terre.

En dehors de l’aspect exceptionnel et mythique que représente la RAAM pour un apprenti Ultra, le défi majeur pour moi était d’effectuer une coupure totale de vélo durant 17 jours en plein mois de juin. Le truc impensable pour un roule-toujours comme moi. A ma grande surprise je n’ai pas eu à traverser de phase dépressive profonde accompagnée de compulsions nerveuses, exception faite des excentricités alimentaires. L’intensité de la tâche à accomplir sur les routes de la RAAM est telle qu’on en oublie tout. Il est quasi impossible de décrire le quotidien vécu durant cette traversée. Comment retranscrire par des mots simples la force d’un tel périple dont il nous reste des souvenirs incroyables, des sensations mélangeant émotions, inquiétudes, fatigue intense, petites contrariétés et grands bonheurs ? La RAAM, il faut la vivre pour comprendre.

 

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Paysage à proximité de Mexican Hat (Utah).

La suite.

Que la reprise est dure ! Je cherche désespérément une paire de jambes perdue quelque part entre la Slovénie et les Etats-Unis ! Mais je ne lâche pas le morceau et conserve l’espoir. En matière d’effort d’endurance, les seules limites sont celles que nous dicte notre Cerveau. Pour l’instant nous avons mis le cap vers la Suisse avec en point de mire l’Alpen Brevet à Meiringen le 8 Août. Une ballade de 270 km et 7000 mètres de dénivelées qui risque de piquer les jambes. L’objectif est élevé : battre les performances réalisées lors de mes précédentes participations :

- 2005 : 20 km parcourus et demi-tour pour cause de déluge non prévu.
- 2006 : parcours raccourci pour cause de neige en haut des cols, et abandon au bout de 60 km faute à un cadre carbone brisé.

Si je boucle l'Alpen Brevet, il sera temps alors de songer au Tortour du 21 au 23 août.
A noter que l'Ultra en Europe se porte bien car à la même période se déroulera la première Race Around Austria, le tour d'Autriche non stop, alternative intéressante à la RAAM.
 


Du vieux et du bon. Dire Straits sort son 2e Album "Communique" en 1979, glurbs déjà 30 ans! En extrait : "Once Upon In the West" : morceau introductif de l'Album avec le son de guitare carctéristique de Mark Knopfler qui fera la réputation du groupe. Il me restera toujours une petite place pour un bon vieux Dire Straits.
 

02 juillet 2009

Le calme après la tempête.

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C'est qui le gugus devant Robic?


Comment réussir un atterrissage en douceur après une dizaine de jours survoltés passés dans une quatrième dimension où tous nos repères ont volé en éclat ? Comment réintégrer un quotidien terriblement banal articulé autour des horaires de bureau alors que l'on vient de traverser les Etats-Unis  en franchissant en permanence les limites du raisonnable. Nous avons vécu un long Road Movie déstructuré à 17,8 km/h de moyenne rythmé par l'avancée du Crazy Gone, alternant coups de bourre et coups de barre. La relation assistant/assisté est complexe, parfois conflictuelle, mais l'objectif de ce binôme inséparable est clairement identifié: avancer quoi qu'il arrive.

Faire une assistance sur une épreuve de l'ampleur de la RAAM est une expérience difficile mais d'une richesse incroyable. Dix personnes ont appris à se connaître confrontées à des situations souvent complexes, conjuguant fatigue, stress, bonheurs simples, franches rigolades, coups de gueule, incertitudes, inconnues, manque de confort… Une seule solution pour rester entier sur les routes de la RAAM: s'avoir s'adapter en permanence et appliquer le système D. Sur le plan humain, ces dix jours auront été d'une telle densité qu'il est difficile d'en revenir indemne. Pas de doublage possible sur la RAAM, pas la peine de lire les sous-titres, tout le monde se révèle sous son vrai visage. Deux jours après le retour, mes pensées sont encore là bas, perdues quelques part entre les déserts de Californie et de l'Arizona, les paysages surnaturels de Monument Valley et du Colorado, l'immensité des Rocheuses, les plaines infinies du Kansas, la moiteur du Mississipi, la verdure de l'Indiana… et ce retour anticipé sur Washington.

Malgré les problèmes divers qu'il a fallu résoudre, les difficultés rencontrées, les efforts consentis, la fatigue accumulée, pour rien au monde je n'aurai raté cette aventure. La RAAM, c'est une tranche de vie condensée qui se projette sur écran géant en son dolby stéréo THX. Ça secoue, ça prend aux trippes, on aime ou on déteste, impossible de rester insensible.

L'une des nombreuses inconnues pour moi était de savoir comment j'allais vivre cette coupure totale de 17 jours. Je constate maintenant que le vélo ne m'a absolument pas manqué durant cette période tant mon esprit était absorbé par les tâches à accomplir. Pas une seule fois je me suis projeté dans la peau de Dominique à me dire "qu'est ce que je l'envie! J'aimerai bien être à sa place!". Mon rôle était bien clair dans ma tête, j'étais là pour aider Dominique à atteindre son objectif et rien d'autre. Pour un pratiquant de l'Ultra, la possibilité de vivre une RAAM de l'intérieur est unique. Les enseignements à en tirer sont d'une richesse insoupçonnable. L'expérience d'une assistance ne constitue absolument pas un sacrifice. Pour un cycliste il s'agit d'une simple parenthèse dans une saison permettant de prendre du recul, de s'interroger sur sa propre pratique, de se questionner sur le sens d'une discipline complexe. En dix jours j'en ai probablement autant appris qu'en cinq ans d'activité dite "ultra".

J'ai retrouvé mon Road Burner avec beaucoup de plaisir en début de semaine. Le régime alimentaire et le manque de sommeil enduré durant le séjour aux Etats-Unis ont fait beaucoup de dégâts. La fréquence cardiaque a pris 10 pulses au repos et la balance 3kg, en temps normal je serais démoralisé, et pourtant c'est un sentiment de sérénité qui m'envahit depuis quelques jours. 11 jours 9 heures et 24 minutes, c'est la récompense des efforts de toute une équipe.

Beaucoup de questions me trottent dans la tête maintenant, aurais-je un jour les co… de m'aligner sur la RAAM ? Cette épreuve est fascinante par sa démesure. Inutile de cacher que l'on franchit allègrement les limites du raisonnable, du prévisible, que l'on flirte avec l'extrême limite. Le défi est gigantesque sur le plan logistique, humain, physique et surtout mental. Après 1500 km de vélo non-stop, seul le mental permet à l'organisme de trouver les ressources nécessaires pour parcourir encore 3 300 km dans des conditions extrêmes. Il faut une volonté incroyable pour rester sur son vélo alors que la température atteint facilement les 45°, que l'humidité de l'air est de 100%, qu'il faut lutter contre le sommeil, lutter contre les douleurs inévitables aux pieds, aux mains, aux fesses…
J'ai d'abord rejeté l'idée de faire la RAAM, une petite voix me dit maintenant: "Peut être un jour…". Le chemin à parcourir est immense et les conditions à réunir innombrables. Avant d'en arriver là il y a des marches intermédiaires passionnantes à gravir.

Posté par rataman à 11:59 - La RAAM du Crazy Gone - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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27 juin 2009

Live from Red Roof INN.

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L'équipe au grand complet avant le départ d'Oceanside.

 
En direct live du Red Roof Inn de Manassas (Washington DC),nous avons perdu le contact visuel avec Dominique, les moyens d'information reposent maintenant sur les SMS et le site de la RAAM. Comme il avait été décidé, nous avons du laisser le Crazy Gone à la TS 40 avec son assistance allégée pour terminer son périple. Déjà 24 heures que le Crazy Gone avance dans cette configuration et cela semble tenir selon les brèves nouvelles qui transitent pas les ondes des SMS.
L'opération rendu du camping car a été rondement menée grâce à une projection de l'avancée du Gone déterminant l'heure et le lieu où l'équipe devait se diviser en deux pour laisser suffisamment de temps pour être à Manassas avant 11 heure samedi matin, sachant que la distance séparant les deux points (un fixe et l'autre avançant à 20km/h en moyenne) devait pouvoir se parcourir en moins de 24h. Pas évident compte tenu du fait que dans les bagages du Crazy Gone's team il n'y avait ni carte, ni gps. Trois conducteurs habilités et surtout assez habiles pour le Motor Home (9 mètres de long tout de même cette bête) se sont relayés toute la nuit, avec une pause pour un bon bifteck, une pause sommeil de 3h, un détour par l'aéroport de Washington-Dulles pour louer un autre véhicule assez spacieux pour 6 personnes avec leurs bagages,  pour enfin arriver à 10h45 à l'agence de location, soit 15 mn avant le Cut Off de 11 heure. Passons le fait que le camping car était une vraie porcherie et qu'il restait du caca collé dans la cuvette des chiottes, et pas de coca cola dans le frigo, il nous en coûtera 250$ de nettoyage et de facturation pour les heures d'utilisation du générateur non prévues dans le forfait. Nous avons enfin pu souffler après avoir trouvé refuge dans un Hôtel perdu dans une immense zone commerciale de Manassas.
 
C'est un immense vide que je ressens cet après-midi si loin de la bataille finale qu'est en train de livrer Dominique pour atteindre Annapolis. Je n'ai pas le coeur à faire grand chose, alors j'alimente les blogs tandis que d'autres sont partis se prendre en photo devant la baraque d'Obama. Il fallait également que je réponde à un besoin vital: acheter un caleçon et des fringues propres, celles qui me restent étant un défi à toutes les expériences olfactives imaginables.
 
Aux dernières nouvelles Dominique à pointé à la TS 44 à 13h25, les dernières projections du site de la RAAM estiment une arrivée dimanche soir vers 23h30, ce qui exclue toute possibilité d'être présent à son arrivée à Annapolis avant d'embarquer dans l'avion à 18h. Nous allons réfléchir ce soir à une possibilité d'aller voir le Gone sur l'une des dernières Time Station de dimanche, histoire de ressentir un petit peu de ce frisson indescriptible que ressentent tous les finisher d'une épreuve ultra. Rien que pour ces instants éphémères où l'émotion l'emporte, où les gros durs révèlent leur sensibilité, où les mots manquent pour retranscrire les pensées qui s'entrechoquent dans un cerveau gavé de douleurs et d'endorphines.
 
Il restera des tonnes d'images de la RAAM. En voici deux que je découvre sur le PC qui traduisent des instants forts, mais il y en a tellement d'autres...

 
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Méthode radicale pour ne plus avoir mal aux pieds en plein désert!
 
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Parmi les rituels mis en place, voici le point du soir pendant le repas de Dominique.
(le classement de la course, l'avancée de Dom,
les prochaines Time Station, les encouragements sur le blog, etc...)
 
pluie
La fraicheur des Rocheuses ponctuée par un petit épisode orageux, avant
la fournaise du Kansas et du Missouri...

26 juin 2009

Dernière nuit blanche.

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Dernière nuit blanche dans l'assistance du Crazy Gone. Il est 0h51 heure locale, je pianote sur le PC de Laure pour alimenter les blogs, assis sur un banc devant une grande surface de la banlieue de Bloomington (TS 38, Indiana). Le ciel zébré d'éclairs annonce un orage de chaleur à 1'américaine assez corsé. Il me reste 2h30 à tuer avant la fin des 3 heures quotidiennes de sommeil du Crazy Gone, l'intensité nerveuse et émotionnelle des dernières heures a été telle qu'il m'est impossible de trouver le sommeil, d'autant plus que la chasse à la banquette libre dans le camping car est violente, alors je préfère passer mon tour.
 
Pendant que Dominique prenait son repas nous lui avons lu les nombreux messages de soutien posté sur le blog du Crazy Gone, puis nous avons fini par le mettre au courant de la stratégie mise en place pour la journée de demain. Voici comment se présentent les choses. Normalement une équipe de 3 personnes (Hervé, Laure et moi) démarre à 4h du matin avec le véhicule suiveur pour assister Dominique de la TS 38 à la TS 40 d'Oxford. Une seconde équipe avec les reste de la bande partira avec le camping car en direction de Greenwood dans la banlieue d'Indianapolis pour louer un second véhicule. Les deux équipes doivent se rejoindre à partir d'Oxford, et nous nous séparerons définitivement à partir de là. Les deux véhicules "léger" assisteront Dominique jusqu'à Annapolis avec 4 personnes qui peuvent décaler leur retour en France. Ceux qui doivent prendre impérativement l'avion dimanche à 18 heure partiront avec le camping car pour le restituer du côté de Washington avant samedi 11 heure, il faudra trouver un hébergement pour attendre le décollage.
 
Les projections sur le site de la RAAM annoncent une arrivée de Dominique dimanche vers 13h30. Si cela se confirme nous pourrions envisager d'être présent à Annapolis pour son arrivée, ce qui serait une belle récompense après tous ces efforts mis en commun. Les jambes et le mental du Crazy Gone décideront du scénario final. Il a tellement donné pour arriver jusque là, comment lui en demander encore? Je l'ai senti abattu ce soir, se plaignant de douleurs insupportables aux pieds. "Vous n'avez pas idée de ce que j'endure!" M'a t'il dit! Je n'en ai qu'une vague idée malheureusement, mon expérience de l'ultra distance s'arrêtant à 40 heures, je ne sais pas ce qu'il se passe au delà. Je ne sais pas quoi répondre à cela si ce n'est un atrocement banal : "accroche toi Dominique, tu vas le faire!"
Qu'est ce que l'on se sent con face à la souffrance des autres.
 
Ce repas en compagnie de Dominique a été conclu par deux gâteaux gentiment achetés par Anne-Marie et deux bougies "36 ans", geste touchant étant donné le contexte actuel. Anne-Marie a accompagné et poussé son mari dans cette aventure démentielle. Ce soir les yeux d'Anne-Marie étaient rougis par l'émotion.
 
Il va nous falloir beaucoup de temps et de recul pour digérer et intégrer tout ce qui s'est passé durant la RAAM du Crazy Gone. Il y aura eu un "avant", un "pendant", et il y aura un "après"  Race Across America à gérer également. Merci à toi Dominique d'être allé aussi loin, et tu iras jusqu'au bout. Il reste à parcourir 1 200 km avec les Appalaches à franchir, comment t'aider alors que je quitte l'assistance demain en mi-journée?
Ce que tu es en train de réaliser, je ne sais pas si j'en aurai la force et l'envie un jour.
 
C'était le dernier message en live sur la route de la RAAM 2009.
 

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24 juin 2009

Déjà une semaine.

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Mercredi 24 juin 2009, je fête mes 36 ans plongé en plein cœur de cette RAAM délirante. 7 jours non stop à la sauce club méditerranée version Koh-Lanta sont déjà derrière nous. Le nombre d’anecdotes et de péripéties diverses  est impossible énumérer chronologiquement. Cette expérience est dure mais d’une richesse extraordinaire sur le plan des relations humaines. Je m‘attendais à quelque chose de fort, mais pas à ce point.
 

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Premier souci : le sommeil. Pour la première fois, j’ai pu enchaîner 3 heures de sommeil la nuit dernière, je me suis réveillé frais comme un gardon, pile poil pour partir à la recherche d’un café et de quelques muffins avant de repartir dans la course. La nuit précédente avait été désastreuse. J’avais repéré une belle pelouse verte et grasse ce qui est très rare dans le Kansas, c’était sans compter l’arrosage automatique qui s’est mis en route au bout d’une heure. Le réveil a été humide et contrariant, bilan : impossible de fermer l’œil sur les deux heures restantes de la pauses de Dominique.

Deuxième souci : la constipation. La moindre petite crotte est fêtée comme une victoire J La bouffe américaine rentre facilement d’un côté et ressort plus difficilement de l’autre

Troisième souci : les douches. Une seule depuis 7 jours, je pue mais on s’habitue finalement à baigner dans son jus. D’autant plus qu’avec les chaleurs que nous traversons depuis deux jours, nous transpirons à grosses gouttes, et la moindre tentative de toilette est à renouveler dans le quart d’heure.

Sur la RAAM les préoccupations personnelles de l’assistant sont assez terre à terre.
 

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Notre quotidien est maintenant bien organisé entre les rotations camping car/voiture suiveuse, la vie dans le camping car pendant les transitions, les ravitaillements dans les supermarchés et stations services américaines, la recherche de lavabos ou de chiottes, les engueulades, les coups de stress, les franches rigolades, la recherche de wifi pour mettre à jour le blog de Dom et le mien si j’en trouve le temps… Et pendant ce temps là Dominique pédale vers la côte Est des Etats-Unis. La barre fatidique des 3000 kms de course a été franchie, on y croit tous. Malheureusement, en fonction de l’heure d’arrivée du Crazy Gone nous ne serrons pas tous là pour franchir la ligne d’arrivée ensemble.
 

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Je savais que Dominique était quelqu’un de hors norme. Avec ce qu’il nous démontre depuis 7 jours, je suis carrément sidéré, je ne trouve plus les mots pour décrire le spectacle qu’il nous offre, et avec quelle volonté il poursuit sa route. Ça prend aux trippes, surtout pour un apprenti ultra comme moi.

Au départ d’Oceanside, Jean-Marc Velez m’avait dit : « Ouvre bien grand tes yeux et apprend. »
Malgré la fatigue, mes yeux sont grand ouverts, la leçon est magistrale.

1105 miles to Go…
   

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22 juin 2009

A bloc le 5e jour.

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Annapolis, c'est par là ...

Rien n’est prévisible sur la RAAM.L’enchaînement de bourdes qui a caractérisé la journée de dimanche ont rendu l’ambiance particulièrement tendue. Aujourd’hui, un puissant vent favorable permet à Dominique de réaliser une traversée du Kansas époustouflante sous une chaleur écrasante. Dans ce contexte nous essayons de nous détendre, mais les rares temps de battements ne sont pas suffisants pour souffler réellement. L’urgence actuelle est de trouver un pneu de rechange pour la voiture suiveuse.
Les rotations des équipes dans la voiture suiveuse sont d’une complexité absolue pour parvenir à ménager les temps de repos et les sautes d’humeurs de chacun des membres.
La gestion des repas est également digne d’une équation à 10 inconnues source d’épisodes conflictuels en tous genres.

J’attaque une 6e journée basée sur une alimentation fractionnée entre pates réchauffées, sucreries achetées dans les stations services, litres de café… et des fruits. Notre cuisinier se démène, mais la tâche est démesurée.

Moralité : la RAAM qu’est ce que ça fait péter !

Nous approchons la moitiée de la RAAM, les heures de sommeil doivent se compter sur les doigts d'une main.

Une 4e journée tendue.

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Une 4e journée extrêmement tendue pour l'assistance. Elle a commencé avec une fin de traversée des Rocheuses marquée par un col à plus de 3000m avec un GPM symbolisé avec du PQ (photo). Les bourdes se sont accumulées dans l'après midi avec une erreur de ma part sur le Road Book alors que j'étais plongé dans les calculs/projections pour négocier le prochain cut off. Cette erreur a rajouté 16 miles sur le compteur de Dom, j'ai failli craquer nerveusement. Nous avons enchaîné avec une crevaison de la roue arrière de la voiture suiveuse qu'il a fallu gérer sur le nerfs. Pendant ce temps le Crazy Gone pédale, pédale... et tient bon la route.
Le relationnel dans l'équipe est tendu, il faut faire en fonction de la fatigue, de l'humeur, les conditions de confort étant en dessous de tout ce que la majorité pouvait imaginer.

Se posent beaucoup de problèmes, bien que le Crazy Gone ait pris le vent dans le dos dans les plaines du Kansas, nous allons devoir calculer juste pour rendre le camping car samedi, et il semble évident que nous n'aurons pas atteint assez tôt Annapolis pour prendre l'avion. Nous envisageons de terminer avec une assistance réduite, tandis qu'une autre équipe s'occuperait du camping car pour prendre l'avion à l'heure.
 
Le point actuellement, il reste environ 1200km à parcourir avant le cut off de Mississpi River (jeudi à 15h), et nous disposons d'un crédit de pauses/sommeil de 21h si Dominique parvient à rouler à environ 22km/h de moyenne.

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21 juin 2009

Après 3 jours.

C

   
Nous rencontrons énormément de difficultés à trouver du wifi (et le temps et l'énergie) pour relayer des infos. La liste des tâches à gérer et à accomplir est immense, tout le monde tient son rôle avec beaucoup de courage. Le Crazy Gone est extraordinaire de courage, de tenacité, il ne lâche rien. Je suis admiratif des ressources qu'il a trouvé pour surmonter les difficultés des premiers jours.
Les heures de sommeil se comptent sur les doigts de la main depuis le départ. La RAAM c'est un truc de dingue que l'on ne peut comprendre que vécu de l'intérieur. Difficile de garder un pied connecté avec la réalité à l'heure actuelle.
La traversée des Etats Unis est un spectacle unique à vivre, dans le contexte de la RAAM, cela devient une expérience humaine qui fait exploser toutes nous références en la matière.
Impossible également de tout remettre en odre dans la tête, nous avançons à petit pas en gérant l'instant présent, au rythme de Domnique. La devise: "gérer ici et maintenant", le reste n'existe plus.

A
 
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19 juin 2009

Après 24 heures d'assistance

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24 heures d'assistance dans le désert ça dépotte...
Ambiance garantie,  je suis en panne de batterie pour en raconter plus.
 

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17 juin 2009

Support Vehicle Inspection.

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Après quelques jours de préparatifs, je me demande si le tour de force logistique et humain à réaliser pour être au départ de la RAAM n'est pas plus redoutable que la course elle-même. Ceci-dit, je ne sais pas encore ce qui nous attend dans les jours qui arrivent. Ce qui est sûr, c'est que le spectacle offert au bord de la plage d'Oceanside lors des formalités techniques et administratives est assez impressionnante. L'inspection des véhicules et des vélos est minutieuse, aucun détail de sécurité n'est négligé. Inutile de dire que mes neurones d'apprenti Ultra sont en ébullition, comme un gamin sur les routes du Tour de France. La RAAM c'est du grand spectacle, encadré par un règlement implacable.
 

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Nous profitons de cette dernière nuit au calme relatif avant le grand départ pour 10 jours de folie.
Début de l'histoire du Crazy Gone à la RAAM 2009 demain mercredi 17 juin à 12h31 (21h31 heure française).
Je serais dans le premier relais d'assistance jusque à la time station 2 (Brawley) pour 143 miles et environ 8h de prise de contact avec le terrain de la RAAM.
 

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M... Dominique.

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Une gosse pensée pour les quatres concurrentes féminines qui se sont élancées mardi avec 24 heures d'avance sur les hommes.




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