Unlimited Miles

cyclosportives, ultra et randonnées

12 janvier 2006

Un Galibier version automnale

dscn0649_1_Le Galibier est un col aux multiples facettes. Trois accès différents, à cheval sur trois départements, soit trois occasions de passer un bon moment sur son vélo.
Le versant savoyard, le vrai, long et difficile, depuis Saint Michel de Maurienne, que certains considèrent comme le col le plus dur de France enchaîné avec le Télégraphe.
Le versant haut alpins depuis Briançon qui se caractérise par la longue montée du Lautaret. On peut reprocher un certain manque de charme à ce versant jusqu'au Lautaret avec de longues lignes droites exposées au vent et une circulation automobile importante.
Et enfin, le versant isérois depuis le Bourg d'Oisans qui permet de franchir l'autre versant du Lautaret avant d'attaquer les 7 derniers Kms qui sont en commun avec le versant briançonnais.

On peut choisir de s'attaquer au Galibier seul au milieu des marmottes, ou noyé dans la foule de la Marmottedscn0655_1_. Chaque saison possède ses propres charmes et particularités. Au printemps, celui qui osera l'ouverture du Galibier fin mai devra se frayer un chemin au milieu des murs de neiges, le paysage y est complètement surréaliste pour un cycliste à cette période. En plein été on y trouvera la plus belle lumière au petit matin
ou alors en fin de journée, rien de tel que cette vision des premiers rayons du soleil sur les hauts alpages après Plan Lachat. L'automne est probablement la saison qui permettra d'apprécier les plus belles couleurs, les alpages prennent une teinte qui varie du jaune au rouge, le contraste est alors saisissant avec le bleu du ciel et le blanc des sommets enneigés. Si l'on ajoute une faible fréquentation touristique, le Galibier automnal est un must pour celui qui aime conjuguer effort et plaisir.

La saison des plus de 2000 avait débuté avec l'ouverture du Galibier en compagnie de Laure.(http://unlimitedmiles.canalblog.com/archives/2004/05/18/956656.html
En ce début octobre l'été joue les prolongations dans les Alpes, l'appel des cimes est irrésistible pour les grenoblois. J'ai l'après-midi devant moi, alors je file direction Bourg d'Oisans pour m'en jeter un petit dernier avant la trêve hivernale. On a cette chance incroyable de pouvoir se retrouver en 1h de voiture au pied de la Croix de Fer, du Glandon et du Galibier.

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Bourg d'Oisans hors saison, c'est la tranquillité assurée, aucun problème pour se garer, le vélo est vite monté et c'est parti direction la Grâve et le Lautaret. 5 Kms pour se mettre en jambe dans la vallée de la Romanche, la température est idéale et incroyable pour un début octobre, 26° à l'ombre, comme en plein été. On débute par cette longue ligne droite que les participants de la Marmotte connaissent si bien avant d’attaquer l’Alpe d’Huez. Au lieu dit « les clapiers », au sommet d’un petit « taquet » en jargon cycliste, une bifurcation nous propose deux directions. A droite la vallée du Vénéon en direction de la Bérarde, lieu mythique pour les passionnés d'alpinisme. Aujourd'hui nous choisirons la gauche avec la rampe des Commères en direction du Lautaret. Les 3 premiers Kms sont assez rudes avec des pentes à 8/9% qui tranchent radicalement avec le fond de vallée qui était bien plat. La route est large, heureusement ça ne circule presque pas aujourd'hui, cela permettra de passer sans encombre les multiples tunnels jusqu'au col du Lautaret. Ces premières pentes passées, un panneau directionnel sur la droite nous indique qu'il est possible de rejoindre les Deux Alpes par une voie méconnue, la D220, une petite route en balcon, magnifique et sauvage, qui rejoint l'itinéraire classique à hauteur du Mont de Lans. dscn0640_1_Pour nous, la pente s'adoucit et redescend même jusqu'au Freney en Oisans. On peut à loisir admirer les Gorges de l'Infernet sur notre gauche dans lesquelles la Romanche creuse son chemin. A la sortie du Freney une nouvelle rampe de 3 km à 6% se négocie facilement. Nous arrivons au site remarquable du barrage du Chambon, la route classique des Deux Alpes part sur la droite, un peu plus loin sur notre gauche, la D25 qui mène à Mizoën propose également un itinéraire fabuleux pour rejoindre l'Alpe d'Huez par le col de Sarenne. Cette vallée de la Romanche recèle de véritables trésors pour le cyclo. Nous continuons notre route tout droit, 14 km de montée en pente douce pour découvrir la combe Malaval jusqu’à La Grâve. Cette vallée extrêmement encaissée est cernée au Nord par le remarquable plateau d’Emparis (2400 m), très prisé par les randonneurs, et au Sud par les glaciers et les hauts sommets du massif de la Meije à plus de 3800 m. La tradition veut que les brises thermiques nous poussent dans le sens de la montée dans cette vallée, des pentes n’excédant pas 6% permettent d’utiliser des braquets inhabituels, voir de s’amuser à se tirer la bourre avec un tracteur aujourd’hui !

La Grâve est atteint facilement, nous sommes à l’altitude 1425m, il s’agit encore d’undscn0643_1_ haut lieu pour les montagnards, les candidats à la face Nord de la Meije via le refuge de l’Aigle ou alors les amateurs de ski sauvage en savent quelque chose. Impossible de rester insensible à la vision qui s’offre à nous de ses glaciers qui dégringolent sur plus de 2000m de dénivelé. Encore 11 Km pour atteindre le col du Lautaret. A la sortie de la Grâve on  laisse sur notre droite la route de l’Oratoire du Chazelet, encore un site remarquable. Pour nous la  pente se fait plus sensible avec un bon 7%, le paysage devient plus pelé avec de vastes alpages. Les couleurs deviennent magnifiques avec des prairies rougeoyantes surmontées par des sommets enneigés. Après le Villar d’Arène, une petite série de lacets permet de relancer l’allure, on quitte la vallée de la Romanche, au loin on aperçoit les sommets du massif des Ecrins, le Pic de Neige Cordier (3613m) et le Pic des Agneaux (3663m) , des bons souvenirs de mes anciennes virées montagnardes.

Mon tracteur a perdu du terrain, je serais au Lautaret avant lui !! Petite satisfaction typiquement cycliste !! Le dernier Km est quasiment plat, altitude 2058m, j’ai rarement vu le site du Lautaret aussi calme, une petite pause pour apprécier le panorama et refaire le plein d’eau.

dscn0641_1_« Col du Galibier Ouvert », si c’est pas une invitation ça ? J’arrive!! Cette belle D902 que j'aime tant n’attend que moi pour dérouler ces 7,5 km de pur bonheur. Le décor est toujours féerique là haut. Je la connais par cœur cette route mais je la redécouvre à chaque fois.

Aujourd’hui, en cette fin d’après midi du mois d’octobre, la montagne brille de mille feux. On passe avec émerveillement d’une zone d’ombre à une zone de soleil, on ne veut pas en perdre une miette, ouvrons grand les yeux, l’instant est rare et privilégié. Au grès des lacets le vent est parfois gênant, mais on progresse tranquillement en direction du sommet que l’on cherche du regard. La pente n’est jamais extrême, avec un 9% de maxi jusqu’au tunnel, on peut profiter sans souffrir.  Voilà le refuge et la stèle Henri Desgranges, il ne reste plus que cet ultime kilomètre, redoutable. 11% à franchir dans un effort un peu plus violent, le souffle est plus court du fait de l’altitude, mais quel émerveillement devant ce décor minéral, cette route  creusée dans des pentes abruptes. Trois petits lacets permettent de récupérer avant la dernière ligne droite impitoyable qui conduit au sommet. Nous voilà à 2646 m, un  Galibier de plus au compteur, et c’est toujours un réel plaisir de se retrouver là haut avec la sensation d’avoir franchi un bel obstacle. Le vent souffle fort aujourd’hui, il fait encore 14°, ce qui est exceptionnel à cette altitude au mois d’octobre. Un coup d’œil au Sud, des cumulus bourgeonnent sur la Barre des Ecrins (4102m), un coup d’œil au Nord, on devine le Mont Blanc.

J’enfile un coup de vent, je profite une dernière fois du spectacle, une grande bouffée d’air et je reprends la direction de la vallée. Il ne reste que 50 Kms pour retrouver Bourg d’Oisans et la voiture, 50 Kms pour dérouler tranquillement et profiter encore un peu de cette belle journée d’automne.

   

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Il existe des journées comme celle-ci, faites de plaisirs simples, qui vous laissent de merveilleux souvenirs. Pas besoin de grand-chose, juste un vélo et un beau col à grimper, on en revient avec des images et des sensations que l’on conserve précieusement au fond de soit. C’est un peu ça la magie du vélo…

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Posté par rataman à 19:45 - Les couleurs du Galibier - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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18 mai 2004

18 mai 2004 : et si on s'faisait un p'tit Galibier ?

dscn0495_1_Il est des moments privilégiés que l’on vit et que l’on a envie de partager .C’est la première fois que je fais « l’ouverture du Galibier » et c’est magique, alors je vous raconte J. Vendredi 14 mai : annonce au journal de 20h de l’ouverture du tunnel du Galibier.

Mardi 18 mai, 12h30 : nous (c’est pas moi qui ai des idées pareil quand même !!!) avons décidé de profiter de cette journée estival (28°C à Grenoble) pour aller faire cette terrible mais magnifique ascension ! Embarquement à 12h30 direction St Jean de Maurienne.

A l'assault du géant des Alpes

dscn0484_1_A 14h, fin près, un peu alourdis par les équipements nécessaires pour se couvrir au sommet, nous voilà partis. La remontée de la vallée jusqu’à St Michel de Maurienne, bien que plutôt de pente positive, se fait rapidement, poussés par un bon vent favorable.

St Michel : on se souhaite « bonne route », on ne monte pas à la même allure !!! Je retrouverais ma mobylette préférée au sommet du Télégraphe. Dans ce type d’ascension, chacun doit se faire plaisir en montant à son allure de croisière !

La première moitié du Télégraphe est assez difficile avec 6 km à 8-10%, le soleil tape fort, on se croirait au mois de juillet ! La deuxième partie se fait plus facilement. Je vois un cycliste de belle allure qui descend avec un sac à dos géant du style « pour mettre un surf dedans » !!!  Déjà que j’ai du mal sans rien, mais avec un truc pareil dans le dos, ça doit être une force de la nature qui s’ignore ! Photos au sommet, même pas besoin de se couvrir pour descendre.


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Après Valloire, c'est du costaud.

A Valloire, traditionnel « remplissage de bidon » à la fontaine du village ; « rempli passortie_de_plan_lachat_1_ à ras bord tes 2 bidons » qu’il me dit !!! Oui mais moi je vais mettre beaucoup plus de temps que toi pour atteindre le sommet mon chéri  !! Aller, on s’y jette, de nouveau chacun pour soi. Je sais que j’en ai pour un bon moment à batailler, le plus dur c’est d’arriver à Plan Lachat, je ne l’ai jamais passé comme il faut ! On n’a pas l’impression que ça monte, et pourtant l’altimètre affiche des pourcentages de 5 à 10 (dans la terrible rampe des Verneys). Quelques cyclistes sont eux sur le chemin du retour. Replat avant Plan Lachat, un peu de moulinette tranquille pour reprendre mon souffle et mes jambes avant je_suis_toute_petite___1_d’attaquer la partie finale beaucoup plus dure. Les 4 km pour arriver à la laiterie sont vraiment corsés, 9, 10, 12 % !!! Et bien, il ne s’est pas adoucit pendant cet été, notre Galibier national ! Je rattrape un autre cycliste et au « bonjour » que je lui lance entre 2 inspirations, il maugrée et met pied à terre ! ça me redonne un peu de courage, en voilà un qui souffre encore plus que moi ! Sur la route, l’eau ruisselle des murs de neige qui la bordent, ils commencent d’ailleurs à prendre une belle hauteur. Le petit « replat » très relatif – 6% !- fait du bien aux gambettes et surtout au souffle : on n’a pas fait dans la dentelle en passant direct des 1500m du col de Porte aux 2800 du Galibier ! Ah, enfin mon cycliste préféré, reconvertit en reporter photographe pour l’occasion, arrive à ma rencontre : c’est bon signe, en principe il ne me reste plus que 1 à 2 km d’ascension !! Clic-clac, photos, euh, non, j’ai pas pensé à sourire, plutôt à demander combien il reste à grimper jusqu’au tunnel ! « Mais tu connais bien » ! Ben oui, mais dscn0487_1_ça fait 2 ans que je ne suis pas montée par là, et les murs de neige, ça fausse la distance et le paysage. Une autre photo entre 2 murs de 2 m de haut au moins. Ca y est, je le vois J . Ah, soulagement et grosse satisfaction d’avoir réussi à me hisser là-haut. Un grand merci à mon chéri qui m’avait promis il y a 6 mois qu’on referait des beaux cols ensemble  . On a du mal à croire qu’on est au mois de mai, le compteur affiche 19°C, pas un pet’ de vent, un ciel bleu magnifique, quelques surfeurs qui profitent des dernières pentes enneigées : que de bonheur, on se sent privilégiés de pouvoir profiter d’instants pareils ! Mais bon, il faut bien redescendre.

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Retour à la civilisation.

Manchettes (ah ben, j’ai les bras qui ont gonflés, je n’arrive pas à les enfiler !!!), K-way, genouillères, gants longs, et on se laissent glisser, l’eau de ruissellement n’est vraiment pas chaudes sur les mollets, et comme d’hab, j’ai les mains scotchées sur les freins ! « oula, ça va donner la remontée du Télégraphe ! » « Tu rigoles, c’est un pont d’autoroute après ce qu’on vient de faire » ! Euh, peut-être pour toi, mais moi, je ne suis pas vraiment montée jusqu’au Galibier en foncier !! Heureusement, seuls les 2 premiers kilomètres affichent 5 à 6%, les 3 autres sont relativement faciles, dommage que le vent ne soit pas dans l’autre sens ! Descente du Télégraphe, tranquille, la température est douce, je prends mon temps (peut-être un peu trop au goût de mon capitaine de route !). A St Michel, on retrouve la chaleur et un bon vent de face pour le retour. Heureusement que les 15 km pour rejoindre la voiture sont plutôt descendants, enfin je dis ça surtout pour la roue qui m’abrite ;-)

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Voilà, on a fini notre périple, c’était vraiment l’occasion à ne pas rater avec cette belle journée, on ne sait pas ce que les semaines prochaines nous réservent côté météo !! 100km, 2300m de dénivelée, ça fait une sortie assez « concentrée ». Dans la voiture, je sens les effets des endorphines et de l’altitude sur mon organisme !!!  Qu’est-ce qu’on est maso quand même ! Mais toujours prêt pour recommencer, c’est le propre du cycliste qui a été vacciné avec un rayon !

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Posté par wysamgirl à 18:54 - Les couleurs du Galibier - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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