Unlimited Miles

cyclosportives, ultra et randonnées

29 juillet 2009

Rasrperaam!

A
Once upon a time in the West...

   

Drôle de titre pour relancer Unlimited Miles, à l'image d'une drôle de saison que j'aimerai bien relancer également. Si le vélo est un sport accessible et populaire, il est avant tout l'apprentissage de l'humilité. Pour celui qui se fixe des challenges ambitieux à atteindre, qu'ils soient compétitifs ou non, la difficulté de l'effort renvoie immédiatement l'individu à la réalité de ses capacités.

Le vélo est un vaste univers où les formes de pratiques, les philosophies, les idéologies, se croisent, s’enrichissent, se rejètent où s’ignorent. Chaque individu trouve une part de bonheur dans son approche du vélo, qu’il soit randonneur, compétiteur, touriste, flâneur… Quoi de plus idiot que cette phrase entendue fréquemment  dans le microcosme cycliste :

« Moi je roule pour le plaisir ! »

Faudrait-il opposer ceux qui roulent pour le plaisir et ceux qui roulent pour se faire ch… ?
L’une des richesses du cyclisme réside dans la diversité des personnalités que l’on croise au grès de ses pérégrinations. Alors pour rigoler un peu, et pour alimenter cet article fourre tout, voici une classification caricaturale et humoristique des différents profils que l’on peut croiser sur les routes :

- Les surdoués qui n'ont jamais mal, et/ou qui roulent peu pour être bon. Catégorie très énervante !
- Les surdoués qui roulent beaucoup, mais qui ne le disent pas. Catégorie énervante également mais surtout amusante.
- Les surdoués qui roulent beaucoup et qui le disent. Catégorie qui suscite l’admiration.
- Les flemmards qui ne roulent jamais et qui en bavent, ceux-là savent pourquoi ils sont scotchés au bitume. Catégorie qui rassure les autres.
- Les besogneux qui doivent beaucoup rouler pour avoir le droit de se croire bon et en baver. Un jour ou l'autre ils sont scotchés au bitume et ne savent pas pourquoi.
J'ai encore eu la preuve cette année que j'appartenais à ce groupe.

De cette classification sommaire se dégagent plusieurs types de personnalités :
- Le vrai bon, qui sait qu'il est bon, et qui reste modeste.
- Le vrai bon, qui sait qu'il est bon, et qui se la pète.
- Le vrai bon, qui ne sait pas qu'il est bon, et qui en général demeure modeste.
- Le faux bon, qui pense être bon, et qui se la joue modeste.
- Le faux bon, qui pense être bon, et qui se la pète.
- Le vrai mauvais, qui ne sait pas qu'il est mauvais, et qui en général se la pète. Cette catégorie est assez similaire à la précédente, à la nuance près que le vrai mauvais est toujours mauvais et que le faux bon et parfois bon.
- Le vrai mauvais, qui sait qu'il est mauvais, et qui en général se la joue profil bas.

Bien entendu, ce délire est à prendre au deuxième degré, toutes ressemblance avec des personnages existants ou ayant existés n'est que pure coïncidence.

Même si 2009 n'est pas encore terminée, cette fin de décennie ne restera pas dans ma mémoire sur le plan sportif. Avec pour l'instant une gamelle à la Bisou et un DNF en Slovénie, j'ai connu des années plus glorieuses. Peu importe, si je dois ne conserver que le positif, 2009 restera une année enrichissante marquée par des expériences nouvelles.
 

rasrperaam2
Du Karst Slovène au petit matin...
 
B
... en passant par le Mont Ventoux...
 
C
...et Monument Valley!

Ta RAS en Slovénie.

Après l'enchaînement délirant  RPE, Glocknerman, RATA et REV effectué en 2008, j'étais persuadé que plus grand-chose ne pouvait me pousser à l'abandon. Et pourtant début mai sur la Race Across Slovenia, c'est vers le 700e kilomètre que je jetais l'éponge après une succession infernale de bosses dans les vignes du côté de Maribor.

Cette scène étrange restera longtemps gravé dans ma mémoire. Pour la troisième fois en peu de temps je m'arrête sur le siège avant du C8 pour fermer les yeux, encore un prétexte pour ne plus avoir mal pendant une vingtaine de minutes. Je me bats depuis près de 24 heures avec des douleurs tendineuses au mollet droit et au genou gauche, à cela s'ajoute une main gauche qui ne répond plus. Perte de mobilité des doigts, tendinites, c'est la totale, l'expérience de la longue distance avec un seul membre valide n'est pas ce qu'il y a de plus agréable. J'ai réussi à maintenir un rythme honorable pendant 450 km, mais depuis la fin de journée c'est sauve qui peut. Où le corps et le mental trouvent-il les ressources pour continuer? A quoi tout ce cirque rime t'il ? Pourquoi s'imposer de telles douleurs?

Je n'aime pas parler de souffrance sur une ultra. La souffrance est quelque chose que l'on subit, une maladie, un accident, une peine profonde… Le terme "douleur" correspond mieux à ce que l'on endure sur une ultra: mal aux jambes, aux pieds, aux fesses… Il suffit de dire stop, et les douleurs cessent. Nous maîtrisons ce que nous nous infligeons, inutile de se plaindre car nous sommes complices de nos douleurs. La douleur fait partie du plaisir, on l'apprivoise, on s'y habitue, on apprend à la contrôler. Mais lorsque la douleur devient souffrance, il est temps de se poser les bonnes questions.

Laure et Gisèle attendent patiemment à l'arrière du C8 tandis que Bertrand se caille dehors allongé sous un abri bus. Je ferme les yeux mais impossible de trouver le moindre réconfort, les doutes m'assaillent. Le silence profond n'est interrompu que par le bruit des  quelques concurrents qui nous dépassent. Cela fait déjà bien longtemps que je me contre fiche du classement. Il est temps de faire le point:

"Bon, il nous reste combien? 500 kilomètres environ?"
"Oui c'est ça!"
"A mon rythme j'en ai pour pas loin de 24 heures! Vous vous sentez capables de tenir encore une journée?"
"Oui, pas de problème, ne t'inquiète pas!"
" Bon alors je repars."

Le mental a encore une fois repris le dessus. Je m'extirpe du C8, Bertrand ouvre un œil, je tente quelques pas pour satisfaire un besoin naturel et je manque de m'étaler sous la douleur du genou. Check-up mental rapide de la situation, jusqu'à présent je n'avais pas admis que l'abandon était la plus sage des décisions, et en une fraction de seconde cette solution me paraît subitement inévitable. J'ai tenté ma chance sur le RAS et je me suis planté, il faut l'admettre. Dégrafer le casque et éteindre les lumières, deux gestes simples qui veulent dire stop.

Abattu je me tourne vers Laure:
"Voilà, ça sera Did Not Finished!"
A mon grand étonnement elle ne proteste pas.

Abandonner n'est pas une solution de facilité. Si sur l'instant on met fin à nos douleurs immédiates, on sait pertinemment qu'il va falloir gérer "l'après". Et même si tout cela n'est que du sport, il n'est jamais facile de digérer un échec sur un événement que l'on a préparé à 150% durant quatre mois. Je pourrai me trouver X raisons qui m'ont conduit à cet abandon, je préfère me contenter de :" Cela n'a pas fonctionné comme je le voulais, c'est tout!"

 

D
Traversée des Alpes Julienne en Slovénie, col de Vrisc.

Le juste prix.

En pleine crise du pouvoir d’achat, dans un contexte où le prix des épreuves sportives est souvent montré du doigt, à quoi avons-nous droit pour 200 euros d’inscription. Revue de détails :

- En cadeaux de bienvenue :  un T-shirt, un maillot cycliste aux couleurs de la RAS, des bidons géants, et quelques bricoles très utiles genre poster, baume pour les lèvres, porte clés…
 
- Avant la course : Un Road Book très détaillé et compréhensible, un briefing technique, un diner en grandes pompes avec musique (bruyante), tirage au sort des horaires de départ en présence des coureurs lors du repas, contrôle technique des véhicules d’assistance et des vélos.
 
- Pendant la course : Un départ grandiose en début de soirée en plein centre de Postojna, les concurrents s’élancent toutes les deux minutes sur une rampe digne du Tour de France avec musique tonitruante et projecteurs hollywoodiens, 12 contrôles officiels, un suivi GPS des concurrents en temps réel, et des commissaires officiels et banalisés qui veillent au respect du règlement. Un décryptage de ce dernier révèle l'importance accordée à l'éthique et à la sécurité : non drafting obligatoire, respect du code de la route (interdiction absolue de bruler les feux), et assistance rapprochée obligatoire, même pour aller faire pipi.
 
- Après la course : je n’en sais rien, je n’ai pas eu la possibilité d’aller jusque là. Des récompenses en argent sont accordées aux différents vainqueurs masculin et féminin, sujet sensible, on aime ou on n’aime pas. Pour ma part cela ne me choque pas. L’Ultra se pratique en Europe de l’Est dans un contexte radicalement différent de ce que nous connaissons en France. Les épreuves mettent en place une communication conséquente auprès des médias, les athlètes qui y participent sont reconnus sur le plan international et vivent parfois de leur pratique sportive. L’esprit de compétition y est clairement affirmé, et de ce fait la RAS s'adresse à des ultras possédant un minimum d’expérience. On peut déplorer que la RAS soit une épreuve axée sur la performance avec les travers que cela entraîne (récompenses, classements, compétition, athlètes semi professionnels, sponsors avec enjeux financiers, grand show, communication à l'échelle nationale...), laissant peu de place à une convivialité bon enfant, et pourtant on ne peut pas nier que le Fair-play et le respect restent des valeurs fondamentales mises en avant par les organisateurs.

Entre les 50 euros du REV, convivial à souhait, avec saucisson et cancoillotte, road book à tracer soit même, les 150 euros du RPE avec course d'orientation et paella géante, les 200 euros de la RAS avec la totale, les 400 euros du Glocknerman et de la RATA avec des contrôles à effectuer soit même via SMS et 10 000 euros de primes remises aux 10 premiers, le spectre du rapport qualité prix sur les épreuves dites Ultra en Europe est large. A nous de bien déterminer ce que nous recherchons en nous engageant sur une épreuve Ultra, l'organisateur propose, les concurrents disposent. Les moyens logistiques et humains mis en œuvre, les contextes culturel et financier, sont tellement disparates  d'une épreuve à l'autre que le débat du juste prix ne peut qu'engendrer des débats passionnés. Participer à une Ultra implique un coût financier conséquent entre l'inscription, le voyage, l'hébergement, la logistique, la préparation... Cette démarche doit rester un choix et non un sacrifice sur le plan financier même si il implique de faire des concessions. Jusqu'à présent je n'ai encore jamais regretté ce choix.

On peut également décider de se lancer sur de tels parcours en autonomie totale, sans tambours ni trompettes, l'expérience sera tout aussi enrichissante et remarquable et le coût fianncier nettement plus modeste. Les débats sur la pratique de la longue distance sont infinis, signe que cette forme d'effort est séduisante et engendre désir, envie, mépris ou indifférence. A nous de définir ce que nous recherchons en nous engageant sur une épreuve dite Ultra.

 

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Glass Elevator: entrée dans le désert de Californie.

Le RPE et la RAAM en thérapie.

Après une grosse désillusion, l'envie de tout arrêter est une réaction prévisible. Entre les pépins physiques, les doutes, la période post RAS restera marquée par une profonde incertitude. Comment remonter la pente? Tout arrêter n'est pas une solution si c'est pour nourrir des regrets à l'infini.

Les expériences du RPE avec Laure, et l’assistance de Dominique sur la RAAM ont constitué des occasions rêvées pour prendre du recul, tout en marquant un temps d’arrêt dans une pratique frénétique et addictive. A la sortie je constate que ma dépendance aux sports d’endurance est loin d’être en voie de guérison.

Le Raid Provence Extrême c’est 580 km de paysages grandioses: le Ventoux, le plateau de Valensole, le Verdon, le Vaucluse, le Luberon, les Alpilles… une ballade hors du temps avec des sensations uniques procurées par la lumière et les senteurs provençales.
Nous nous sommes engagés au RPE cet hiver, Laure et moi, en formule Grand Randonneur. Laure a préparé cet objectif patiemment pour s’offrir et vivre une première expérience sur une épreuve au format ultra. Alors malgré un physique chancelant, un mental au fond du trou, des avis qui me disent « non », comment aurais-je pu refuser cette invitation à l’évasion en partageant le RPE avec Laure ?

 

F
Au dessu d'Aiguines, le RPE aborde les Gorges du Verdon et pénètre
dans une nouvelle dimension.

Nous avions initialement prévu de faire le RPE chacun à notre allure. La décision de le faire ensemble a été prise le matin même en rejoignant le départ en voiture :
« Laure, est-ce que ça t’embêtes si je roule avec toi ? »
« Non,  tu fais ce qu’il te semblera le mieux pour toi. »
Voilà comment on se retrouve à passer une nuit blanche sur un vélo avec sa femme. Nous n’avons pas beaucoup parlé durant ces 580 kms, mais que d’émotions.

 

G
Les Gorges du Verdon, suspendu entre ciel et terre.

En dehors de l’aspect exceptionnel et mythique que représente la RAAM pour un apprenti Ultra, le défi majeur pour moi était d’effectuer une coupure totale de vélo durant 17 jours en plein mois de juin. Le truc impensable pour un roule-toujours comme moi. A ma grande surprise je n’ai pas eu à traverser de phase dépressive profonde accompagnée de compulsions nerveuses, exception faite des excentricités alimentaires. L’intensité de la tâche à accomplir sur les routes de la RAAM est telle qu’on en oublie tout. Il est quasi impossible de décrire le quotidien vécu durant cette traversée. Comment retranscrire par des mots simples la force d’un tel périple dont il nous reste des souvenirs incroyables, des sensations mélangeant émotions, inquiétudes, fatigue intense, petites contrariétés et grands bonheurs ? La RAAM, il faut la vivre pour comprendre.

 

H
Paysage à proximité de Mexican Hat (Utah).

La suite.

Que la reprise est dure ! Je cherche désespérément une paire de jambes perdue quelque part entre la Slovénie et les Etats-Unis ! Mais je ne lâche pas le morceau et conserve l’espoir. En matière d’effort d’endurance, les seules limites sont celles que nous dicte notre Cerveau. Pour l’instant nous avons mis le cap vers la Suisse avec en point de mire l’Alpen Brevet à Meiringen le 8 Août. Une ballade de 270 km et 7000 mètres de dénivelées qui risque de piquer les jambes. L’objectif est élevé : battre les performances réalisées lors de mes précédentes participations :

- 2005 : 20 km parcourus et demi-tour pour cause de déluge non prévu.
- 2006 : parcours raccourci pour cause de neige en haut des cols, et abandon au bout de 60 km faute à un cadre carbone brisé.

Si je boucle l'Alpen Brevet, il sera temps alors de songer au Tortour du 21 au 23 août.
A noter que l'Ultra en Europe se porte bien car à la même période se déroulera la première Race Around Austria, le tour d'Autriche non stop, alternative intéressante à la RAAM.
 


Du vieux et du bon. Dire Straits sort son 2e Album "Communique" en 1979, glurbs déjà 30 ans! En extrait : "Once Upon In the West" : morceau introductif de l'Album avec le son de guitare carctéristique de Mark Knopfler qui fera la réputation du groupe. Il me restera toujours une petite place pour un bon vieux Dire Straits.
 

02 juillet 2009

Le calme après la tempête.

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C'est qui le gugus devant Robic?


Comment réussir un atterrissage en douceur après une dizaine de jours survoltés passés dans une quatrième dimension où tous nos repères ont volé en éclat ? Comment réintégrer un quotidien terriblement banal articulé autour des horaires de bureau alors que l'on vient de traverser les Etats-Unis  en franchissant en permanence les limites du raisonnable. Nous avons vécu un long Road Movie déstructuré à 17,8 km/h de moyenne rythmé par l'avancée du Crazy Gone, alternant coups de bourre et coups de barre. La relation assistant/assisté est complexe, parfois conflictuelle, mais l'objectif de ce binôme inséparable est clairement identifié: avancer quoi qu'il arrive.

Faire une assistance sur une épreuve de l'ampleur de la RAAM est une expérience difficile mais d'une richesse incroyable. Dix personnes ont appris à se connaître confrontées à des situations souvent complexes, conjuguant fatigue, stress, bonheurs simples, franches rigolades, coups de gueule, incertitudes, inconnues, manque de confort… Une seule solution pour rester entier sur les routes de la RAAM: s'avoir s'adapter en permanence et appliquer le système D. Sur le plan humain, ces dix jours auront été d'une telle densité qu'il est difficile d'en revenir indemne. Pas de doublage possible sur la RAAM, pas la peine de lire les sous-titres, tout le monde se révèle sous son vrai visage. Deux jours après le retour, mes pensées sont encore là bas, perdues quelques part entre les déserts de Californie et de l'Arizona, les paysages surnaturels de Monument Valley et du Colorado, l'immensité des Rocheuses, les plaines infinies du Kansas, la moiteur du Mississipi, la verdure de l'Indiana… et ce retour anticipé sur Washington.

Malgré les problèmes divers qu'il a fallu résoudre, les difficultés rencontrées, les efforts consentis, la fatigue accumulée, pour rien au monde je n'aurai raté cette aventure. La RAAM, c'est une tranche de vie condensée qui se projette sur écran géant en son dolby stéréo THX. Ça secoue, ça prend aux trippes, on aime ou on déteste, impossible de rester insensible.

L'une des nombreuses inconnues pour moi était de savoir comment j'allais vivre cette coupure totale de 17 jours. Je constate maintenant que le vélo ne m'a absolument pas manqué durant cette période tant mon esprit était absorbé par les tâches à accomplir. Pas une seule fois je me suis projeté dans la peau de Dominique à me dire "qu'est ce que je l'envie! J'aimerai bien être à sa place!". Mon rôle était bien clair dans ma tête, j'étais là pour aider Dominique à atteindre son objectif et rien d'autre. Pour un pratiquant de l'Ultra, la possibilité de vivre une RAAM de l'intérieur est unique. Les enseignements à en tirer sont d'une richesse insoupçonnable. L'expérience d'une assistance ne constitue absolument pas un sacrifice. Pour un cycliste il s'agit d'une simple parenthèse dans une saison permettant de prendre du recul, de s'interroger sur sa propre pratique, de se questionner sur le sens d'une discipline complexe. En dix jours j'en ai probablement autant appris qu'en cinq ans d'activité dite "ultra".

J'ai retrouvé mon Road Burner avec beaucoup de plaisir en début de semaine. Le régime alimentaire et le manque de sommeil enduré durant le séjour aux Etats-Unis ont fait beaucoup de dégâts. La fréquence cardiaque a pris 10 pulses au repos et la balance 3kg, en temps normal je serais démoralisé, et pourtant c'est un sentiment de sérénité qui m'envahit depuis quelques jours. 11 jours 9 heures et 24 minutes, c'est la récompense des efforts de toute une équipe.

Beaucoup de questions me trottent dans la tête maintenant, aurais-je un jour les co… de m'aligner sur la RAAM ? Cette épreuve est fascinante par sa démesure. Inutile de cacher que l'on franchit allègrement les limites du raisonnable, du prévisible, que l'on flirte avec l'extrême limite. Le défi est gigantesque sur le plan logistique, humain, physique et surtout mental. Après 1500 km de vélo non-stop, seul le mental permet à l'organisme de trouver les ressources nécessaires pour parcourir encore 3 300 km dans des conditions extrêmes. Il faut une volonté incroyable pour rester sur son vélo alors que la température atteint facilement les 45°, que l'humidité de l'air est de 100%, qu'il faut lutter contre le sommeil, lutter contre les douleurs inévitables aux pieds, aux mains, aux fesses…
J'ai d'abord rejeté l'idée de faire la RAAM, une petite voix me dit maintenant: "Peut être un jour…". Le chemin à parcourir est immense et les conditions à réunir innombrables. Avant d'en arriver là il y a des marches intermédiaires passionnantes à gravir.

Posté par rataman à 11:59 - La RAAM du Crazy Gone - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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