16 février 2009
Les charmes de l'hiver.

Des quantités de neige inhabituelles au sommet du Barrioz.
L'hiver est encore loin d'avoir relâché son emprise. Après les chutes de neige de jeudi dernier, ce week-end nous a offert des conditions froides mais calmes, propices à caser des escapades qui commencent à prendre du caractère. Un jour de congé opportun posé le vendredi 13 février a été mis à profit pour réviser mes classiques sur les pourcentages parfois sévères du Balcon de Belledonne. 5h heures de paysages hivernaux sublimés par un ciel bleu et un soleil retrouvé, le tout ponctué par trois belles ascensions: le col du Barrioz par St Pierre d'Allevard, le col de la Croix d'Hurtières par les Adrets, et la Croix de Pinet par Revel. 2500m de dénivelée dans la musette, ce qui est pris est pris.

St pierre d'Allevard au premier plan, Allevard et sa retenue artificielle au fond.
Versant sud du Barrioz, en descendant sur Theys.

Le versant Nord du Barrioz est frisquet.

La chaîne de Belledonne platrée par la neige.
Le Balcon de Belledonne est un terrain de jeux formidable pour le cyclo en quête de dénivelée positive. A l'écart de l'urbanisation galopante de la plaine du Grésivaudan coincée entre les agglomérations grenobloise et chambérienne, le Balcon de Belledonne est constitué d'une épaisse couverture sédimentaire plissée par le massif cristallin qui le domine. L'ancien Glacier du Grésivaudan a creusé dans ses fondations une vallée en auge, créant ainsi une topographie en balcon. Les torrents qui descendent des sommets de Belledonne ont entaillé le balcon par de nombreuses vallées étroites en V, constituant autant de voies d'accès exploitées par un réseau routier dense. Les montées sur le Balcon de Belledonne sont nombreuses et difficiles, ce n'est pas les cyclistes qui s'en plaindront.

Au dessus des Adrets, en montant au col de la croix d'Hurtières.

Le versant au soleil de la Croix d'Hurtières.

Au premier plan le village des Adrets, au fond à gauche les pistes
de la station de Prapoutel.
Après une journée de récupération active le samedi 14, le froid sec du dimanche 15 février constituait une bonne occasion pour retrouver les routes du Trièves que j'apprécie tout particulièrement. 6h30 d'évasion totale loin de l'agitation du quotidien, vider ses muscles pour se vider les neurones. Des images et des sensations plein la tête, c'est gonflé à bloc que je peux envisager la suite du programme.

Le Trièves: il y a toujours un paysage montagnard derrière les champs.

Le massif du Dévoluy délimite le Trièves au sud-est.

Une invitation à rouler.

Pourquoi rester en plaine durant l'hiver?
Situé géographiquement au sud du département de l'Isère, le Trièves bénéficie d'un climat ensoleillé favorable à la pratique du vélo en période hivernale. Bien que les températures n'aient pas excédé 3° et que l'électronique embarqué m'indique un minimum à -2°, les température ressenties étaient rigoureuses mais supportables. Le secteur est abrité au sud-est par le magnifique massif du Dévoluy dominé par l'Obiou à 2793m, et à l'ouest par le Vercors sud où culmine le Grand Veymont à 2349m. Impossible de parcourir le Trièves sans être fasciné par la silhouette de celui qui fut longtemps connu sous le nom de "Mont Inaccessible", il s'agit bien entendu du Mont Aiguille que l'on retrouve souvent au fil des articles d'Unlimited Miles.

La luminosité est capricieuse pour ma traditionnelle photo du Mont Aiguille!

Un oeil sur la route, un autre sur le paysage.

Entre Mens et Lalley, le Dévoluy masque l'horizon au sud-est.
Le Trièves est délimité au sud par le col de la Croix Haute, à l'ouest par la limite orientale du Parc National du Vercors, à l'est par le cours du Drac et le massif du Dévoluy, au nord par la limite de la commune de Monestier de Clermont. Situé sur l'axe de la RN75 qui relie Grenoble à la France du sud, ce vaste plateau ondulé décrit par Jean Giono comme "un cloître de montagnes" est situé au carrefour des influences alpines et méridionales. Préservé des pollutions et des grands aménagements urbains, ce territoire montagnard possède des paysages et un patrimoine naturel d'une grande valeur.

Vue d'ensemble sur "le cloître de montagnes" décrit par Jean Giono: Le Dévoluy...

Les contreforts de l'Oisans...

Le Vercors. (Mont Aiguille et Grand Veymont)
Seule une imagination défaillante limitera les possibilités de parcours offertes par un réseau de petites routes particulièrement vallonnées. Le Monteynard, La Motte d'Aveillans, Le collet de la Festinière, La Mure, le pont de Ponsonnas, le col Accarias qui marque l'entrée dans le Trièves, Mens, le col du Banchet, Lalley, Clelles, Lavars, le Pont de Brion, le col du Faux, Monestier de Clermont, le Collet Sinnard… quelques noms de localités peu connue qui résument mes 184 km et 2600 m de dénivelée dominical, vecteurs de bien être. Pourvu que ça dure. Le premier 200 km de la saison 2009 pointe bientôt le bout de son nez.

Porte d'entrée du Trièves: le col Accarias.

Le pont de Ponsonnas: Haut lieu du saut à l'élastique, et jonction entre le
plateau matheysin et le Trièves.
Le pont de Ponsonnas marque également le début du col Accarias, froid et escarpé.

Les gorges du Drac marquent la limite est du Trièves.

Les paysages campagnards ondulés du Trièves avec toujours
de hauts sommets à l'horizon.

Il y a une vie résidentielle de plus en plus visible dans le Trièves .
Bientôt la grande banlieue sud de Grenoble?

Pour le bonheur des cyclistes, les petites routes secondaires sont encore désertes.
Ici, montée à Lavars sur fond de Vercors.
07 février 2009
Rataman chez les helvètes.

Le mauvais temps gagne les vallées alpines.
La septième semaine d’entraînement s'achève depuis la reprise sérieuse , le moins que l’on puisse dire c’est que la patience et la ténacité des cyclistes sont mises à rude épreuve avec un hiver qui se défoule: froid, pluie, neige, vent… Demandez le programme, c’est du copieux, chaque jour révèle son lot de surprises. La nature dicte sa loi, nous payons l’addition des hivers précédents anormalement doux. Nous ne parlons plus de réchauffements climatiques mais de dérèglements climatiques.

la Croix de Revollat, un lieu remarquable sur le Balcon de Belledonne.
Heureusement il existe un outil incontournable pour palier aux caprices météorologiques : le home trainer. C’est contre nature pour quelqu’un qui aime s’évader sur les itinéraires montagnards, mais terriblement efficace pour améliorer la qualité du coup de pédale. Une fois n’est pas coutume, compte tenu de conditons excécrables, je me suis rabattu sur une séance de home trainer ce samedi, machine de torture qui reste désespéramment statique entre quatre murs, mais qui peut se révéler très ludique avec un peu d’imagination. Pour les photos de paysage c’est plutôt moyen, notre papier peint n’étant pas d’une qualité exceptionnelle, les illustrations de cet article ont été prises lors d’une sortie effectuée jeudi après midi dernier 5 février sur les pentes du Balcon de Belledonne, merci à l’aménagement du temps de travail

Le Balcon de Belledonne fait face au massif de la Chartreuse.
Au fond: la dent de Crolles avec le col du Coq qui permet de franchir la
ligne de crêtes sur la gauche.
Quelques données pour résumer mon état de forme actuel à l’issue de ces sept semaines écoulées:
- 0 pots de Nutella consommé, un exploit.
- Une consommation de chocolat raisonnée ! Effort nécessitant une concentration et une volonté permanente J « À la vache Milka et au Poulain je ne succomberai pas ! »
- Seulement 3 bouteilles de vin bues : Vacqueyras, Chirouble et Morgon.
- 500 km en moins par rapport à l’an dernier, les causes sont simples: une météo rigoureuse et un entraînement mieux conduit.
- 2,5 kg en moins sur la balance : un chiffre que je n’ai plus atteint depuis quelques années, et probablement l’un des points positifs de ce début d’année.
- Une sortie maximum de 6h pour 166km et 2500 m de dénivelée, c'est raisonnable comparé à mon Grenoble-La Ragne (201 km et 2 934 m de dénivelée en 7h22) effectué le 26 janvier l’an dernier.

Toujours la Croix de Revollat avec en arrière plan le St Eynard, le plateau du
Vercors et les crêtes de la Molière.

Les crêtes du St Eynard et Chamechaude dominent la vallée du Grésivaudan, Meylan,
Montbonnot, St Ismier.

Chamechaude, une silhouette familière pour le amateurs de la Chartreuse.
Conclusion : la méforme de fin 2008 ne sera bientôt plus qu'un souvenir lointain, mon corps s’adapte pour le mieux aux nouvelles orientations d’entraînement prodiguées par Stéphane Palazetti. Réapprendre à maîtriser son organisme en lui imposant de nouvelles contraintes, rester à l’écoute de ses ressentis, conduire un entraînement de manière cohérente est un réel plaisir qui génère confiance et sérénité. Il me reste 13 semaines pour être au niveau et faire le Tour de la Slovénie les doigts dans le nez, sur la roue arrièreJ. Et ce n’est pas la liste des cadors présents au départ qui s’allonge qui doit me perturber. Parmi les 41 inscrits actuellement il faudra compter sur: Jure Robic, Christoph Strasser, Marko Baloh, qui seront probablement au dessus du lot. Il faudra également surveiller Rob Kish, mes deux compagnons du Glocknerman : Thomas Ratschob et Eduard Fush, et le français Jean Marc Velez.

Le Balcon de Belledonne réserve de belles surprises.
Ci-dessus, le sommet de la bosse des Roussets qui peut être douloureuse pour
un cycliste cramoisi. Au fond, le Grand Colomb est gagné par le mauvais temps.

le Grand Colomb, une randonnée plaisante pour les grenoblois.

Le Grand Colomb, la vue au sommet ressemble à peu près à cela:
http://storage.canalblog.com/92/20/79944/31564672.jpg
Du lourd pour terminer 2009.
Je ne résisterai pas plus longtemps au plaisir de présenter le dernier objectif fixé pour la saison 2009. L’ultra fait des émules en France et en Europe, c’est une très bonne chose. Des organisateurs se mobilisent pour offrir un terrain de jeux de toute première qualité aux prétendants. La Suisse est un pays où la culture de la longue distance et de l’ultra est particulièrement développée, preuve en est les exploits réalisé par Andrea Clavadetscher, Daniel Wyss, Samuel Nagel, ou encore Thomas Ratschob. En surfant à droite et à gauche nous avions repéré la naissance prochaine d’un Tour de Suisse Ultra : le Tortour.
La bonne nouvelle est tombée fin 2008, l’organisation du Tortour est officielle pour 2009. Alors banco, du 21 au 23 août prochain, je vais m’offrir une belle séance de torture sur les routes du Tortour. C’est encore du lourd avec un parcours résolument montagnard, 1052 km et plus de 15 000 m de dénivelée. Après une première lecture du parcours, quelques difficultés se distinguent : La Fluela pass 2383 m, le Julier pass 2284 m, l’Oberalp pass 2044 m, le Gotthard pass 2108 m, le Nufenen pass 2478 m… Et comme d’habitude chez les helvètes, il faudra se méfier des conditions météorologiques qui pourront être très difficiles dans le massif Alpin et dans le Haut Jura.
Pour en savoir plus : http://www.tortour.ch/index.php?lx=3
Les grandes lignes de la saison 2009 sont désormais posées:
- La Race Across Slovenia du 7 mai au 9 mai 2009. (1 180 km, 14 000 m)
- Le Raid Provence Extrême en Grand Randonneur les 30 et 31 mai 2009. (560 km, 8 000 m)
- L’assistance de Dominique Briand sur la Race Across America du 13 juin au 29 juin 2009. (5 000 km... en voiture!)
- Le Tortour (Tour de Suisse non stop) : du 21 au 23 août 2009. (1 052 km, 15 000 m)

entre moyenne et haute montagne, tout le charme du Balcon de Belledonne.

Il y a du boulot sur la planche, fini de rêver, il faut maintenant concrétiser ce programme de la plus belle manière possible.
Je renouvelle encore une fois mes remerciements à tous ceux qui consultent ce blog. L’ensemble des commentaires que je savoure à chaque fois sont très souvent flatteurs, il faut que je surveille mon ego afin qu’il n’enfle pas démesurément. Ces témoignages de sympathie constituent avant tout une source de réconfort et de motivation lorsque les doutes et les difficultés rencontrées au quotidien s’accumulent. Un grand merci.

La vallée du Grésivaudan, Domène, avec au fond la cuvette grenobloise dominée par
Le sommet du Moucherotte (Vercors).

Nuages menaçants sur le Vercors sud.

Une autre silhouette familière des grenoblois, la Dent de Crolles.











